Difficile de présenter Niska puisque tout semble avoir été dit sur celui que ses Boug an Mwen du 91 appellent Stani. Une dizaine de jours avant la sortie de son troisième album et quatrième projet en 5 ans, Zifukoro se présente à nous. Sourire aussi éclatant que ses chaînes diamantées, Nike x Sacai aux pieds, le charo s’habille ici en Vuitton. Rencontre avec celui que l’on peut désormais appeler Monsieur Sal.
C’est ton troisième album en 5 ans, c’est considérable. Avec le recul comment vois-tu ton évolution ?
Le premier album Zifukoro, j’arrive en rookie, je sors de la street. Donc ça se ressent dans les sons. Je ne connais rien à ce milieu alors j’apprends en me faisant kiffer. Deuxième album, je cherche à comprendre le succès de certains morceaux. Je m’intéresse plus à la musique et je cherche à apprendre. Je prends plus de plaisir car je lâche la bride. Je mets de l’autotune car j’aime ça, je change les gimmicks et les flows. Ça c’est Commando. Aujourd’hui, ce troisième album, c’est la confirmation. C’est avant tout un kiff total. Car ça y est, j’ai trouvé la recette.

Jacket: MCM
Sweat: Louis Vuitton
Pants: Faith Connexion
Socks: Biffin
Sneakers: Maison Margiela
Il y a deux ans, nous parlions déjà du changement dans ta musique. Tu disais faire de la musique toujours « aussi street » malgré des sons dansants et pensés pour les clubs. Selon toi, qu’est-ce qui permet à tes titres de rester ancrés dans la rue ?
Ce qui a le plus changé, ce sont surtout les prods. C’est ce qui m’offre cette ouverture musicale. Sinon, j’essaie toujours d’être dans un mood que je connais. Je ne suis plus dans la rue mais mon environnement et mon entourage n’ont pas changé. Les histoires de quartier, je les connais comme si j’y étais. Et c’est aussi un terrain qui m’a formé pendant 20 ans, j’ai rien oublié et j’ai encore plein d’histoires à raconter (rires).
Peux-tu nous expliquer comment tu écris tes morceaux ?
Pour créer un titre, j’ai besoin de me visualiser dans ma cité, dans une voiture ou avec une meuf. J’essaie vraiment d’être dans le truc. Il faut aussi que le morceau résonne en moi, que je suive facilement le rythme, que je bouge. Si ça marche sur moi, ça marche sur les gens qui aiment ma musique. Du moins c’est comme ça que j’en suis là aujourd’hui.

Jacket: Stone Island
Pants: Stone Island
Boots: Stella McCartney
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Tu as pris du temps pour préparer Mr Sal. Raconte-nous ce qu’il s’est passé ces deux dernières années.
J’ai beaucoup tourné. J’ai pas mal voyagé entre les studios, j’ai enregistré des morceaux dans d’autres pays. J’étais en quête de voir ce qui se faisait à l’étranger : en Hollande, en Angleterre ou encore au Maroc. C’est nouveau pour moi et j’aime la couleur que ça apporte au projet.
Pourquoi avoir nommé ton album Mr Sal ?
Le Monsieur c’est pour le côté sérieux, classe et haut standing car justement les morceaux sont plus travaillés qu’à mes débuts. Et Sal car le fond des morceaux, il reste sale.
« Méchant ! Méchant ! », « Jeune renoi sauvage », « Charlie Delta Commando », autant de gimmicks qui te suivent et plaisent aux fans. D’où te viennent-ils ?
C’est simplement des délires. Des phrases bêtes que j’entends dans la vie avec mes amis. Et quand je suis en studio, j’enregistre, je visualise beaucoup et là tac ! Il y a une phrase bête qui me vient, je la sors, ça rend bien et ça ne bouge plus. Et c’est l’impact de la gimmick que les fans adorent, car ils n’ont pas le sens premier mais ils s’approprient ces expressions. Ça donne des tweets très drôles (rires).
Ces gimmicks et ad-libs, on a pu les retrouver avec surprise dans Les étoiles vagabondes de Nekfeu, dans le titre Voyage Léger. Peux-tu nous en dire plus sur cette collaboration ?
C’était une collaboration assez virtuelle, Nek m’a parlé sur twitter en m’expliquant son projet. Puis il m’a simplement demandé de faire des ad-libs sur Voyage Léger, c’est une demande qui fait très cainri, ça m’a plu. Il m’a envoyé le morceau avec les espaces nécessaires et je me suis fait plaisir. Aujourd’hui quand je l’écoute, je me dis qu’il n’y a pas besoin que je pose un couplet et c’est ce qui rend le titre encore plus beau.
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Jacket: Louis Vuitton
Shirt: Blue Marble Paris
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Socks: ASICS
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Autre collaboration, cette fois-ci sur ton dernier projet, le titre Moula en feat avec Heuss L’enfoiré. Pourquoi as-tu décidé de le faire participer à Mr Sal ?
Il a un côté très sale et très caillera que j’aime car il est super original. Il n’y a pas deux Heuss, tu vois. Sa façon décalée de poser, son personnage, c’est trop spécial et je me retrouve là-dedans. Concernant les autres invités sur le projet, j’avais déjà fait un feat avec eux que ce soit Booba, Koba ou Ninho. Il me fallait un son qui sort du lot et je voulais me faire kiffer donc j’ai direct pensé à Heuss.
Ta musique a évolué et ton style vestimentaire s’est étoffé de pièces plus pointues et de labels peu connus. Comment expliques-tu ce changement ?
L’originalité. Je m’efforce d’être original à travers ma musique donc il faut que mon style le soit aussi. Comme beaucoup, j’aime porter ce que je ne vois pas partout. Donc je cherche des pièces, je contacte des stylistes et ça porte ses fruits.
Le luxe a pris une place importante dans ta garde robe, pourquoi ?
Je m’habille avec mes moyens, mais je ne suis pas spécialement dans les griffes. Je me concentre sur la pièce, pas sur la marque. Quand c’est frais, c’est frais, ça ne ment pas. Je marche au feeling. Quand je me regarde dans le miroir, si je n’aime pas, je ne porte pas. Le gilet de sauvetage dans le clip Du lundi au lundi, je ne sais pas si quelqu’un va l’acheter en magasin mais quand je l’ai mis ça rendait bien à la caméra… Donc je l’ai gardé (rires).
Qu’est-ce que devient ta marque Charo ?
De base, c’était un étendard et pas réellement une marque. On mettait ça histoire d’avoir une identité, c’était beaucoup de débrouille. Aujourd’hui, on produit plus de collections, toujours dans un esprit streetwear et on est amené à évoluer. Ce serait lourd que demain, je n’ai plus besoin d’aller voir telle maison ou telle marque et que je porte simplement des pièces de ma propre marque. Mais je n’ai pas encore le temps ni l’énergie nécessaire à donner pour ça.
Tu ne négliges pas les sneakers non plus. Quelles sont les paires que tu portais lors de tes premiers freestyles et celles que tu portes aujourd’hui ?
Les sneakers ? C’est mon truc. J’en ai trop. En 2015, j’étais encore sous TN ou en Huarache, c’était grave la street. Aujourd’hui, je porte toujours des Nike : 270, Air Force One, Nike x Off-White…
Sur la cover de Mr Sal, tu poses fièrement avec un gilet pare-balles et une paire de Reebook X Cottweiler Trail Shadow. Que penses-tu du modèle ?
J’aime beaucoup. Je ne connais pas bien les modèles de Reebok mais je me suis senti très à l’aise dans celles-ci. J’ai surtout apprécié les multiples bandes comme l’allure agressive et technique de la paire. Je sais que ce genre de modèle est en plein dans la tendance.













