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Di-Meh : la crème du rap Suisse

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DI-MEH

skate

Posté par Mélodie Raymond - 4 septembre 2018

Di-Meh : la crème du rap Suisse

Avec ses collègues Makala et Slimka, Di-Meh incarne le rap Suisse avec un brio que bien du monde s’accorde à souligner. Après son projet Focus sorti le 10 mai 2017, il remet le couvert en 2018 avec la seconde partie Focus 2. À cette occasion, on a discuté avec le Genevois de ses crush mode incompris, des galères avec ses grillz ou encore de la culture skate.

TEXTE, STYLE, PHOTOS SHOES UP Team     Mua & hairstylist : Santa Mari Juanna

 

DI-MEH
Storm jacket Stone Island

 

Comme le veut le rituel, Focus 2 sort le 10 mai. Parle nous du projet.
Je suis satisfait. Il y a de la progression par rapport au premier. La musicalité est plus travaillée, les flows le sont aussi. Au niveau des prods, c’est plus diversifié. J’ai travaillé avec Eazy Dew, Freaky! un beatmaker canadien, le beatmaker Suisse Klench Poko qui est super chaud, Sercab qui vient de Rennes, il y a mon gars Varnish La Piscine qui a fait la prod d’un son et il est aussi en featuring. Il y a aussi Jamvvis, un autre canadien.

Tu as beaucoup de connexions avec les Canadiens ?
Carrément, j’ai aussi invité Rowjay, un rappeur canadien. Il y a également Krisy sur ce morceau. Sinon côté feat il y a celui avec Laylow qui s’appelle Western Union. C’est un son sur l’Afrique, il est chaud.

En quelques années, avec les Xtrem Boys vous êtes devenus les principales têtes d’affiche du rap Suisse. Il suffit de googliser le terme pour comprendre. Comment se porte le rap en Suisse en dehors du crew Super Wak ?
Il se porte bien. Les gens commencent à se motiver et à sortir de leurs tanières. Ils se rendent bien compte qu’il y a de plus en plus de possibilités.

On a pas mal entendu parler de KT Gorique et Danitsa. Doit-on en déduire que le hip hop féminin prend une grande place où elles font partie des rares à avoir percé ?
Ce serait cool que le rap féminin soit plus présent mais je n’ai pas l’impression qu’il y en est énormément. Danitsa et KT Gorique, ça fait super longtemps qu’elles sont dedans. On est arrivés à peu près en même temps. Danitsa c’est vraiment ma sœur, j’ai fait mes premières scènes avec elle et on a un son qui s’appelle Good Coffee, notre premier gros morceau ensemble. Je ne connais pas personnellement KT Gorique. Sinon il y a Ella Soto, une meuf de Lausanne. Côté rappeurs, il y en a énormément.

 

DI-MEH
Sunglasses Louis Vuitton   Shirt Nikben   Tee Nozbone   Pants Walk in Paris   Shoes Dr Martens 1461 Smooth

 

Il paraît que SuperWak, ça veut dire « super nul » et que c’est un nom qui a été lancé en 2012 par ton acolyte Makala. Pourquoi ce nom ?
C’est plus un état d’esprit être Super Wak, ça veut dire ne plus se soucier du regard des gens, ne plus se mettre de barrières et s’aimer comme on est. Quand tu te rends compte que le ridicule ne tue pas, quand tu sais qui tu es, il n’y a plus de problèmes. Ne pas mentir, ne pas se donner un genre aussi, c’est super important. On ne vient pas de la cité, on vient de Genève t’as vu. C’est le fait d’oser et d’assumer qui nous a permis d’arriver là où nous en sommes. On a tous du vécu et ça suffit, il y a de la place pour tout le monde dans le rap.

Que vous apportez-vous côté musique ?
Déjà sur scène on progresse follement. À chaque scène, on fait les choses un peu mieux. On progresse aussi en studios et dans le chant. On essaye d’harmoniser tout ça et on se motive entre frères. C’est ça la réelle concurrence, on se motive. Genre « oh il a lâché ce couplet-là, il est trop chaud, il faut que je sois encore plus chaud ! »

Vous avez la réputation d’être des bêtes de scène et vous avez bien tourné avec le Xtrm Tour. Tu te verrais faire une tournée tout seul aussi ?
Pourquoi pas, un jour avec plaisir ouais. Pour l’instant le Xtrem Tour ça le fait mais j’aimerais bien défendre mon projet sur scène tu vois. Ça fait plaisir quoi ! J’ai hâte surtout.

Ton premier souvenir musical puissant, c’était quoi ?
Ce qui m’a quécho quand j’étais petit ? Je crois que c’était au bled, au Maroc. Tu sais quand t’es sur la route avec tes parents, t’écoutes beaucoup de musique. C’était un son de Raï que je kiffais de ouf. Je me rappelle du flow mais je ne me rappelle pas du nom !

 

DI-MEH
Sweat Andrea Crews   Pants Sergio Tacchini x Andrea Crews   Socks Jordan   Shoes Converse One star

 

Tu es issu de la culture skate. En quoi a t-elle contribué à ton amour pour le rap ?
En tout. Je pense que si je n’avais pas fait de skate, je ne ferais pas du rap. Ou alors je ferais du rap mais ce serait peut-être un autre genre. Le skate c’est en moi depuis que j’ai genre dix ans. J’ai commencé le rap à 12 ou 13 ans, c’est vraiment grâce au skate que je fais du rap et non à cause. Les mecs du skatepark me faisaient écouter du vrai son. Après t’as capté, le skate c’est pas forcément un style, c’est un état d’esprit. Tout le monde peut faire du skate, il y a des skateurs de toute catégorie, il y a des mecs qui kiffent le reggae, d’autres le rap, d’autres le classique, certains sont banquiers, d’autres sont au chômage ! Il y des skateurs de tous les horizons, c’est ça qui est cool avec cette communauté.

 

Côté style, tu portes encore des marques qui ont une connotation skate ?
Oui complètement. Et honnêtement, j’ai des photos de moi petit, tu verrais que mon style n’a pas changé. Ça fait 7, 8 ans que j’ai le même style. Je portais des habits larges, j’avais des Nike Dunk : mes chaussures de prédilection ! J’avais que ça pour faire du skate. Je n’étais même pas Nike SB. Il y avait aussi la marque Lakai. En textile, je m’étais du Eckō, je portais beaucoup de LRG, Skatefire… DGK aussi, c’était trop ma marque, Dirty Ghetto Kids !

Apparemment tu as déjà eu des galères avec tes grillz. C’était quoi ces galères ?
Ah ouais ! J’en ai eu plusieurs. Genre une fois je suis sur scène, tac je rappe avec mes grillz, et là mes grillz partent en l’air et je vois la foule en face. Je sais pas comment je fais mais je les rattrape au vol avec ma bouche, laisse tomber. (rires) Une autre fois, j’étais au milieu d’un pogo, j’écarte le cercle trop chaud, et là mes grillz tombent par terre. Je crie « non, arrêtez vous » !  Genre j’ai annulé le pogo pour les récupérer. (rires)

On t’a vu dans un clip avec du True Vision. J’ai aussi aperçu Slimka avec du Walk In Paris. Tu supportes les jeunes marques parisiennes ?
Carrément, avant tout j’adore supporter les marques locales. Quand je vois des petites marques qui sont déter, ça me fait plaisir de les porter. True Vision, Walk in Paris, Benibla, Mélange, Champagne, ça se voit qu’ils se bougent, c’est cool !

Et les marques Suisses ?
Carrément, je supporte même plus les marques locales. J’ai mon cousin qui a fait une marque avec un de ses potes qui s’appelle Archive. Ils sont chauds, ils ont une bonne vision. Ils sont motivés. Je vais sortir une collab’ avec eux. Ensuite il y a 242 Shop, j’y ai travaillé pendant six ans, je les soutiens de ouf. Je vais aussi faire une collab’ de board avec eux.

 

DI-MEH
Socks Jordan   Shoes adidas Originals x Alexander Wang Reissue Run

 

Si on part en Suisse, tu nous conseilles d’aller dans quel shop ?
242 évidemment. Sinon à Lausanne, il y a un shop qui s’appelle Cromwell, il est incroyable.

Où est-ce que tu puises tes inspirations vestimentaires ?
Dans la rue, quand je me promène je fais attention aux styles des gens. Après c’est la vie qui m’inspire tout simplement. Je suis un caméléon, je peux mettre des trucs super flashs, super originaux et le lendemain être très sobre. J’ai le style du non style, t’as capté.

Une pièce que tu as dans ton armoire et que personne ne comprend ?
Oui j’en ai plusieurs. J’ai des converse qui brillent. Genre les J.W Anderson mais pas les Chuck Taylor montantes, les autres ! Ça les gens ne comprennent pas.

Effectivement, ce ne sont pas celles qui ont eu le plus de succès dans la collaboration !
De ouf ! (rires) Moi je les met, pas de souci, sur scène c’est stylé ! Y’a de la lumière, ça shine ! J’ai des trucs vraiment bizarres. J’ai des ensembles un peu farfelu genre en Wax. C’est cool mais tout le monde ne comprend pas forcément !

Une chose que tu ne porterais jamais ?
Philipp Plein. Jamais.

Tes pièces fétiches ?
J’ai une petite veste noire Fubu que je kiffe. C’est une marque assez rare. Ensuite j’ai ma veste Helly Hansen jaune que je portais dans mes premiers clips et je l’ai toujours, elle m’a donné un peu de shine tu vois !

Tes sneakers les plus indispensables ?
En vrai Nike et Converse me mettent bien. En modèle je dirais les Flip x Converse de Lomepal, je les skate, c’est cool. Je kiffe bien Dr. Martens aussi.

Pour finir sur la musique, comment tu envisages l’avenir ?
Franchement au feeling. Si le projet prend, je suis heureux. Si ça ne prend pas, je larguerais d’autres bombes, tu connais ! Je ne me fais pas trop de soucis. Pour présenter le projet, il y aura une date à la boule noire le 27 mai, ça va être chanmé. Ensuite festival Paléo en Suisse, Couleur Café en Belgique. On va se régaler.

 

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IG : @dimehtodo
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S.Pri Noir maîtrise l’audace

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S.PRI NOIR

music

Posté par Mélodie Raymond - 29 août 2018

S.Pri Noir maîtrise l’audace

Il n’était ni destiné au rap, ni à devenir égérie adidas. Pourtant son charisme, sa carrure et son ADN musical en imposent. Un esprit créatif qui se retranscrit dans l’univers de ses clips comme dans son style. À la veille de la sortie de son premier album Masque Blanc, nous l’avons rencontré.

TEXTE, STYLE, PHOTOS SHOES UP Team     Mua & hairstylist : Santa Mari Juanna

 

S.PRI NOIR
Sweat Magic Custom   Pants TRillnation Jogging   Watch Tissot   Sneakers adidas – Twin Strike

 

Tu as la réputation d’être un personnage assez mystérieux. Est-ce que tu peux nous dire une chose que les gens ne savent pas sur toi ?
Je ne sais pas si les gens le savent mais je suis diplômé. J’ai un Bac+3. J’ai fait des études en BTS technico-commercial et j’ai enchaîné sur une licence en Marketing. J’ai d’abord taffé dans l’immobilier, je vendais des locaux commerciaux et puis j’ai voulu bosser dans le marketing entre 2011 et 2012. C’était au début de ma carrière musicale, un peu par défaut.

Finalement d’où vient cette réputation ? Tes textes sont très introspectifs, tu parles de sujets sensibles et souvent personnels.
Ça vient peut-être des réseaux sociaux. Quand je parle sur les réseaux je filtre ma voix, je me mets rarement en avant et je ne fais pas beaucoup d’interview. Peut-être que l’univers de mes clips y contribue aussi. Souvent quand je rencontre des gens dans la rue ils me disent « ça va en fait, tu es abordable ». Je pense que les gens se font une certaine image de moi… ça fait partie de moi mais je suis un humain comme tout le monde. Je préfère renvoyer les gens vers mes textes pour comprendre à peu près qui je suis même si les textes ne disent pas tout. C’est très aléatoire, quand tu les écris c’est selon ton humeur du moment.

Quand on t’écoute, on a le sentiment que tu te places en porte-parole d’une jeunesse révoltée mais que tu le fais avec sagesse. Est-ce que tu trouves que c’est une bonne définition ?
Merci ! Oui, c’est une bonne définition. Après je n’ai pas la prétention de dire que je suis un porte-parole. C’est juste que je suis la politique depuis tout petit, je ne dirais pas que je suis un politicien ou que j’ai des connaissances poussées dans le domaine mais j’ai suivi. L’époque Jospin, Pasqua… ce sont des époques que j’ai grave suivi depuis Mitterrand car mes parents s’y intéressaient et j’ai mon avis sur la question. Aujourd’hui je suis assez révolté contre les politiciens, ils font des campagnes pour que l’on vote pour eux alors qu’au final il n’y en a pas un pour rattraper l’autre. Et comme je le dis dans plusieurs de mes textes je ne me sens représenté par personne, je ne sens pas quelqu’un qui pense aux gens comme moi et à ceux qui vivent dans le même milieu que moi. J’ai un peu de mal avec la politique, je n’encourage pas les gens à ne pas voter, chacun fait ce qu’il veut, mais moi en tout cas je ne vote pas, je n’ai pas envie de voter par défaut ou par dépit. Après s’il y a un candidat fasciste qui a de grandes chances de remporter les élections par exemple, je pourrais voter contre lui.

Comment te sens-tu dans ta carrière musicale ?
Je me sens bien, j’étais un peu anxieux par rapport à l’album dans le sens où j’ai fait beaucoup de sons. Je n’étais pas anxieux par rapport aux retours des gens mais plus par rapport à moi-même : choisir les bons sons, savoir où je vais selon mes multiples inspirations. Maintenant que c’est rendu ça va mieux.

 

S.PRI NOIR

 

Parle-nous de Masque Blanc, dans quelle condition as-tu bossé dessus ? Tu offres un généreux 22 titres.
J’ai commencé à taffer mon album il y a à peu près un an et demi. Comme j’ai pu le dire dans mes textes, il y a eu le décès de ma mère et c’était compliqué car j’avais plein de choses à gérer. Pas seulement émotionnellement, je me suis retrouvé seul avec mon petit frère, il a fallu faire toute une réorganisation de la vie etc… c’est pour ça que l’album a pris un peu de temps. Comme le temps passait, je me suis dit que c’était dommage de ne rien sortir. J’avais besoin d’avoir des retours sur mes clips et mes sons donc j’ai balancé des titres de l’album mais je ne voulais pas non plus sortir un album où il y a 50% des sons qui sont déjà sortis. D’où ma décision d’avoir un 22 titres.

Quels sont les titres qui te tiennent le plus à cœur sur ce projet et pourquoi ?
Finesse, car ça correspond à ce à quoi j’aspire. J’ai plutôt bien réussi à faire le type de musique que j’affectionne particulièrement, il y a un mélange de rap et de mélodie. C’est l’un de mes préférés si ce n’est mon préféré. Ensuite il y a Seck qui est le titre sur ma mère qui me tient à cœur. Il y a aussi Viviane N’Dour qui chante dessus, c’est la belle sœur de Youssou Ndour, elle est très connue au Sénégal. Je sais que ma famille commence à découvrir que je rap et ce titre là sera l’un des premiers qu’ils vont apprécier. Pour ma famille qui a des réticences sur la musique et l’exposition, je trouve que c’est un beau cadeau. C’est un son qui parle d’une personne qui leur est chère donc pour moi la boucle est bouclée.

Qu’en est-il des autres feats ?
Il y a le titre avec Nekfeu que j’aime beaucoup et la manière dont ça s’est fait, c’est super marrant. J’étais en tournée, lui de son côté était très occupé aussi, donc nos emplois du temps étaient assez compliqués. Ça fait environ 2 ans qu’on parle de faire un titre ensemble pour mon premier album. On s’est vu au Japon, là-bas on a chillé mais on a commencé à écouter quelques instrus. Bref, fin de ma tournée, je dois rendre mon album donc je trouve un jour off pour qu’on se capte sur Paris. Son ingé son nous a fait une espèce de cabine avec des matelas, c’est à dire que pour rentrer dans la cabine il fallait passer sous un matelas en rampant à plat ventre. Évidemment j’étais KO de mon rythme de tournée et durant l’enregistrement, entre deux réglages, je me suis endormi et impossible de me réveiller pendant dix minutes. Tu penses bien que ça a fait marrer tout le monde. Je kiffe ce morceaux, il est cool et il me rappelle de bons souvenirs.

Quand on écoute S.Pri Noir, on comprend rapidement qu’on a affaire à un cinéphile. Ça te plairait de faire du cinéma ?
Oui de ouf ! Nawell Madani m’a proposé de participer à son premier film C’est tout pour moi. Ça va être un projet cool, on a déjà commencé à bosser et je pense que le tournage ne va pas tarder à arriver. Je suis super impliqué dans le projet, je participe même un peu au scénario.

Si tu avais eu à jouer un rôle dans un film marquant, tu aurais aimé être qui ?
J’aurais joué Creasy dans Man On Fire incarné par Denzel Washington. Il a du charisme, il ne parle pas trop. Même si il rigole, il dégage quelque-chose d’assuré. J’aime bien aussi Pierce Brosnan dans James Bond, j’aurais kiffé avoir ce rôle.

 

S.PRI NOIR
Jacket Icosae

 

Difficile de s’entretenir avec toi sans parler mode. Tu es devenu égérie adidas l’an dernier. Ca représentait quoi pour toi ?
C’est dingue. Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai pas encore réalisé ce que ça représente vraiment avec du recul. Il n’y a pas très longtemps j’ai fait une campagne avec Courir, j’avais ma tête sur les magasins, c’est juste ouf. Quand j’étais petit ma mère m’emmenait avec ses chèques cadeaux Sport pour acheter des crampons adidas, aujourd’hui j’incarne des paires et je participe même à l’élaboration de certaines paires.

Dans une interview, Oxmo Puccino a dit « On ne porte pas des vêtements, on porte un état d’esprit », quelles sont les marques dont tu aimes l’état d’esprit, les valeurs ?
C’est vrai, il a raison. Il y en a d’autres qui disent « Peu importe ce que tu portes mais c’est la manière dont tu le portes qui est importante » et je suis complètement d’accord. Dans mon quartier les gens s’habillaient d’une manière et moi d’une autre et ça m’arrivait d’être incompris. Côté marque, j’aime beaucoup Dior, Dolce & Gabbana. J’aime les marques qui ont de l’audace. Pour te citer un exemple, si je m’interroge sur le look de quelqu’un et que je me dis « Je ne sais pas si j’aurais été capable de porter cette pièce mais ça lui va très bien. » C’est qu’il m’a interpellé, c’est ça avoir du style.

Comment as-tu évolué dans ton style ?
Mon état d’esprit n’a pas évolué parce qu’il a toujours été le même dès mon plus jeune âge. J’ai toujours essayé de marier des couleurs, de tester des ensembles. Aujourd’hui j’ai la chance de pouvoir m’acheter les choses que je veux, j’ai plus les moyens pour laisser parler ma créativité mode. De plus, en collaborant avec les stylistes qui m’entourent, j’ai la possibilité d’imaginer avec eux des looks selon les styles qui m’inspirent.

Dans le milieu du rap, les américains ont une longueur d’avance dans la mode. Ils donnent presque autant d’importance à leurs codes vestimentaires qu’à leur musique. Est-ce que c’est vers cela que tu te diriges ?
Pour moi l’image est très importante et quand je te parle d’image je ne te parle pas que de style vestimentaire, c’est un automatisme. Je ne sais pas si c’est propre aux renois ou non mais je sais que dans notre culture au Sénégal, les daronnes font super attention aux tissus wax etc. Ensuite au niveau de l’image, de la vidéo, c’est super important et certains sons ne peuvent être compris que grâce aux clips. Skywalker par exemple n’aurait pas eu la même portée sans le clip. Quand j’écris je suis déjà dans un clip, dans une atmosphère. J’essaye de clipper au maximum et je participe toujours à la réalisation et au scénario.

Porter du blanc, c’est devenu ta marque de fabrique ?
Non du tout ! C’est marrant mais c’est un paradoxe involontaire. Au final quand tu me dis ça je me dis que si j’y avais pensé, j’aurais pu décider de ne porter que du blanc. Et des stylistes m’ont déjà fait remarquer que c’était un peu relou que l’on me voit tout le temps en blanc même si j’aime bien.

 

S.PRI NOIR
Jacket Icosae   Pants Icosae   Shoes Dr Martens – 1460

 

Tu as l’air d’aimer aussi bien les vêtements très techniques que les pièces beaucoup plus luxes. Quelles sont tes dernières belles acquisitions ?
Je n’achète pas énormément de marques de luxe car je trouve que l’on peut faire des trucs stylés avec des trucs pas chers. Les dernières pièces que j’ai achetées étaient une veste Moncler, une veste Gucci et un costume Dior. Je fais aussi beaucoup de pièces moi-même. Par exemple, j’ai créé le manteau dans Skywalker. Je fais ça avec une pote styliste qui s’appelle Léa avec qui on travaille depuis environ 5 ans. On essaye en fait de prendre des chutes de tissus de grandes marques et de créer des pièces.

Fonder ta marque, tu y penses ?
Ça pourrait me plaire, j’y pense. Le fait de créer les pièces dont je te parle, ça permet de connaître un peu les tissus, les coûts. Si je monte une marque, je souhaiterais faire de belles choses avant tout mais aussi de faire entrer des bénéfices. Pour le moment je dirais que je suis en formation sur les matières et sur le temps que ça nécessite.

Une pièce ou un accessoire que tu ne pensais pas porter un jour et que tu as finalement validé ?
Une casquette. Quand j’étais gamin, j’en portais tout le temps. Après le collège, je m’étais juré de ne plus porter de casquettes car je trouvais que ça ne m’allait plus. Je portais des chapkas, des bonnets… Il n’y a pas très longtemps j’ai fait un shooting pour la marque ‘47. J’ai failli refuser et j’ai finalement tenté. Ça m’a réconcilié avec les casquettes.

Côté chaussures, tu portes quoi ?
adidas évidemment. Sinon j’aime les Doc Martens, Fear of God, Filling Pieces.

Une collaboration entre deux griffes qui t’a marqué ?
La dernière collaboration Alexander Wang x adidas, j’ai vraiment kiffé.

 

IG : @sprinoir
FB : @ SPRINOIROFFICIEL

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Hamza à la sauce Gosha

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Hamza

music

Posté par Mélodie Raymond - 22 août 2018

Hamza à la sauce Gosha

Instigateur de la déferlante belge qui touche le hip-hop francophone, Hamza s’apprête à sortir à la rentrée un projet que beaucoup attendent depuis 1994. De passage à Paris après une excursion cubaine, il s’est arrêté discuté avec nous de sa musique comme de son dressing auquel il porte bien plus d’importance qu’avant.

TEXTE, PHOTOS SHOES UP Team    Style : Nicolas Bellagio    Mua & hairstylist : Santa Mari Juanna

 

Hamza
Sunglasses Playboy   Sweat Chinatown Market   Pants Vetements   Shoes Nike Air Vapormax Plus

 

Tu reviens tout juste de Cuba. Que faisais-tu là bas ?
Je faisais un clip avec Caballero et JeanJass pour Double Hélice 3 !

Cool. C’est la première fois que vous bossez ensemble ?
J’avais déjà fait un morceau avec Isha et Caballero mais pour le coup c’était la première fois que je bossais avec JeanJass et Caballero ensemble.

On t’avait déjà rencontré en 2016 et pour toi c’était l’année de 3 beaux projets. Zombie Life, ensuite l’EP New Casanova, la mixtape Santa Sauce pour Noël puis on passe en 2017 avec 1994. Qu’est-ce que tu te dis quand tu fais le bilan sur tous tes projets ?
Franchement des chouettes années ! J’ai acquis beaucoup d’expérience, j’ai fait beaucoup de concerts. Je ressens une vraie évolution musicalement parlant tout comme en matière d’exposition. Quand 1994 est sorti, ça m’a vraiment ouvert les portes pour d’autres projets, que des bonnes choses !

Est-ce que tu penses que ton approche de l’écriture a changé ?
Bien sûr, je pense avoir grandi, pris en maturité. J’ai plus pris le temps de me poser et d’apporter une vraie réflexion à travers ma musique. C’est toujours spontané mais les messages que je véhicule sont plus forts, j’essaye de raconter quelque chose.

Tu continues à faire vivre 1994, tu as sorti le clip de Life il n’y a pas si longtemps. Tu comptes clipper encore des morceaux ?
Normalement il y a un dernier clip qui va sortir pour Jodeci Mob. Je suis en train de terminer le tournage.

 

Hamza
Jacket Gosha Rubchinskiy

 

Il paraît que 2018, tu es enfin prêt pour sortir ton premier album. Tu en es où ?
Oui je suis dessus, ça sera pour la rentrée ! Je ne peux pas encore trop en parler mais ça va être lourd, il y aura des feats, des surprises. Ca va aller vite, les premiers singles vont arriver cet été !

On a repéré une petite photo de toi et Sfera Ebbasta qui décroche aussi une cover pour ce numéro de SHOES UP. Avez-vous bossé ensemble ?
Oui il m’avait invité à Milan, on avait bossé ensemble et on travaille toujours ensemble. C’est un bon gars. Ce qu’il fait, ça ressemble un peu à ce que je fais, on se comprend lorsqu’on est en studio. Il mérite clairement sa place de numéro un en Italie et il a une dégaine qui envoie. Son style est dingue.

Tu fais partie des artistes avec Damso qui ont ouvert les portes à l’effervescence qu’il y a autour du rap belge aujourd’hui. Est-ce que tu le ressens comme tel ?
Bien sûr. Je fais partie de ceux qui ont ouverts les portes et c’est une fierté. Je me souviens, quand j’ai sorti H24, il n’y avait encore personne. Même Damso, je pense qu’il venait tout juste de signer chez 92i. Les autres comme JJ et Caba sont là depuis très longtemps aussi mais c’est vrai qu’on a doucement tracé le chemin, comme Stromae a pu le faire pour moi et nous tous.

Est-ce que tu connais autant de succès en Belgique qu’en France aujourd’hui ?
J’ai un gros succès en Belgique mais Paname, quand je regarde les statistiques sur les plateformes, ça reste la ville où les gens m’écoutent le plus. C’est très spécial en Belgique, les gens écoutent beaucoup de musique mais ils ne sont pas autant impliqués dans le soutien qu’autre part. Comme on dit, nul n’est prophète dans son pays. Je pense que les belges sont difficiles. J’avais lu une étude, il me semble que ça concernait Nivea et quand ils testaient des nouveaux produits, ils les sortaient d’abord en Belgique. Si ça fonctionnait en Belgique, c’est que ça pouvait marcher partout. C’est marrant.

Ce qui est assez frappant dans ton parcours, c’est aussi l’évolution de ton look. On a le sentiment que tu oses un peu plus. Par exemple, dans le clip de Sans toi avec Myth Syzer, tu portes une jacket argentée, chose qu’on avait du mal à imaginer en 2015.
Oui c’est complètement vrai, je n’aurais certainement pas osé avant. Ensuite ça va avec mon évolution et les tendances mode qui peuvent revenir aujourd’hui. Je fais plus attention à ce que je porte et je m’y intéresse de plus près. Il y a des pièces que je mettais avant que je ne remettrais plus jamais et inversement.

 

Hamza

 

Comme quoi ?
Disons qu’avant je mettais un peu tout avec n’importe quoi. Je pouvais te mettre une paire de COMME des GARÇONS avec un gilet Bape et une casquette New Era NYC. C’était trop ! Maintenant, j’essaye de faire plus attention aux associations d’imprimés et j’ai un meilleur sens du détail et du subtil.

Quelle est la dernière belle pièce mode que tu as acheté ?
Un pantalon rose Palm Angels. J’en avais déjà un vert, mais j’aime aussi beaucoup celui-ci !

Pour SS18, la chemise manche courte imprimée est un peu partout. J’imagine que ça te parle ?
Grave ! J’en ai reçu une bleue de chez Levi’s que j’ai porté sur un des clips qui va sortir. Je la kiffe trop. J’en ai trouvé des cools à Cuba aussi, tu sens que l’inspiration vient clairement de là-bas. Balenciaga en a sorti une hawaïenne dans les tons orange qui est cool aussi.

Ca fait plusieurs saisons que les 90’s sont partout. On a observé le retour des Sergio Tacchini, FILA, Kappa, Champion, Tommy Hilfiger et j’en passe. C’est une tendance que tu n’adoptes pas du tout, pourquoi ?
Je ne suis pas très fan de ce côté très training. J’ai déjà porté du Tacchini etc mais j’avoue que ça ne me parle plus du tout.

Alors que musicalement, le rap et le R’n’B de ces années-là font clairement partie de tes sources d’inspirations non ?
C’est vrai 90 et 2000 je dirais même. J’ai beaucoup écouté Aaliyah, Ashanti, R.Kelly, Montell Jordan, il y en avait tellement que j’adorais !

 

Hamza

 

Dans tes interviews, tu cites inlassablement 50Cent comme la personne qui t’a donné envie de faire ce métier. Parmi les artistes que l’on voit partout aujourd’hui, qui citerais-tu à part Travis Scott ?
(rires) À part Travis Scott ? Drake alors ! Pas seulement musicalement, il m’impressionne avec la manière dont il gère sa carrière etc. En plus à chaque fois qu’il sort un projet, il influence tout le game alors qu’il n’a pas un style de ouf. Il est souvent habillé en October’s Very Own, presque tout le temps en noir et il parle vraiment avec sa musique. Drake est un grand monsieur, arriver à son stade est un goal !

Sur la pochette de Godzilla, tu portes une jacket rouge en velours côtelé. C’est une tendance qui revient en force pour FW19, tu vas continuer à en porter ?
Oui carrément et j’aime beaucoup cette veste. C’est une collaboration Gosha Rubchinskiy x Levi‘s. Le velours côtelé, c’est super beau que ce soit sur une veste, une chemise ou un pantalon.

À part les Jordan, Air Force 1 et Converse, que portes-tu aux pieds ?
Franchement elle est dure ta question ! À part Gucci, j’ai beaucoup de paires de Nike ! J’ai quelques paires de New Balance, de Vans aussi. J’avais acheté la paire de Vans x Alyx noire et blanche. Mais dans l’ensemble, je suis vraiment Nike.

La dernière paire Nike qui t’a rendu fou ?
La Air Jordan 1 Nike x Off-White blanche.

Qu’est-ce que tu aimes mettre pour la scène ?
J’aime bien porter des couleurs, des belles choses visuellement. Justement la veste argentée, je l’avais portée en concert, ça a de la gueule.

Quelles sont les marques que tu affectionnes particulièrement ?
J’aime beaucoup A-COLD-WALL, Heron Preston, J.W Anderson, Balenciaga, Gucci. Je suis impatient de voir ce que Virgil Abloh va faire pour Louis Vuitton.

 

Hamza

 

Une pièce que tu ne pourrais jamais porter ?
En fait il y a plein de trucs qui sortent qui sont super oversize. Ça me fait trop chier car je suis petit et il y a des trucs que je trouve très beaux que je ne pourrais pas porter. Les Triple S de Balenciaga par exemple, c’est horrible pour moi ! Il faut être super grand pour porter ça !

À part ton album, quels sont tes projets pour l’année ?
C’est déjà pas mal ! (rires) Je fais beaucoup de festivals. J’ai fait le Printemps de Bourges. Sinon je fais Dour, Inc’Rock en Belgique, Cabaret Vert, les Eurockéennes et plein d’autres. Un programme chargé ! Sinon il y a l’Olympia aussi à la rentrée, l’album sera sorti, ça va être chaud.

Qu’est-ce que tu penses du fait que SCH ait signé dans le même label que toi REC 118 ?
Je suis très content. J’aime beaucoup SCH et on bosse encore pas mal ensemble, on a travaillé en studio à Paname il n’y a pas très longtemps, pour nos deux projets. Il y aura certainement un morceau chez moi et un morceau chez lui !

Concernant SCH, j’ai une dernière question. Il y a deux numéros de ça, on a fait une cover avec Paigey Cakey, la rappeuse qui a accusé SCH de plagiat sur le beat de Ça va. Il s’avère que nos confrères de Noisey ont aussi découvert que c’était le même beat que ton morceau Aah Yeah qui sort à peu près en même temps, voire avant celui de Paigey. Peut-on avoir le fin mot de l’histoire ?
(rires) J’avoue que j’ai essayé de suivre aussi mais c’est compliqué ! Moi je trouve qu’il y a un peu d’exagération dans toute cette histoire.

Ce n’est pas allé bien loin non plus…
Non c’est vrai mais personnellement, je ne trouve pas que mon beat ressemble fortement à celui de Paigey. C’est une prod que j’ai fait il y a très longtemps, certainement six mois avant que Santa Sauce sorte. J’ai justement découvert Paigey Cakey avec l’histoire qu’il y a eu par rapport à SCH mais finalement je crois que c’est cool entre eux ?

Oui, on lui a posé la question et elle nous a répondu que c’est aussi grâce à lui qu’elle s’est faite connaître en France.
Ça va alors. Tout est bien qui finit bien !

 

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