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Sfera Ebbasta : la Trap en Balenciaga

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SFERA EBBASTA

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Posté par Mélodie Raymond - 15 août 2018

Sfera Ebbasta : la Trap en Balenciaga

Véritable OVNI mode, l’artiste Sfera Ebbasta est venu hisser très haut le drapeau de l’Italie sur la map du hip-hop européen. Considéré comme le précurseur de la Trap ritale et découvert en France grâce à SCH, il s’assure désormais une vie de rockstar où les marques de luxes lui ouvrent les grandes portes.

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SFERA EBBASTA
Sunglasses Louis Vuitton   Puffa Coat Balenciaga   Tee Vlone   Pants Supreme x Louis Vuitton   Socks GCDS   Shoes Alexander McQueen

 

Tu es l’un des premiers rappeurs Italien devenu célèbre en Europe. Comment la musique a commencé pour toi ?
J’ai d’abord commencé par écouter énormément de rap puis à écrire, à rapper un freestyle comme ça pour rigoler de manière très spontanée, j’avais 13 ou 14 ans. Ensuite petit à petit j’ai été amené à enregistrer et j’en suis arrivé là.

La première fois que tu as enregistré c’était dans quel contexte ?
C’est un pote qui m’a emmené dans un studio amateur et j’ai commencé à enregistrer.

Ton vrai prénom est Gionata Boschetti. Pourquoi Sfera Ebbasta ?
Quand j’étais plus jeune je faisais beaucoup de graff, et mon blaze était Sfera. Quand je me suis inscrit sur Facebook j’ai dû mettre un nom de famille mais je n’avais pas envie de l’indiquer, du coup j’ai mis Ebbasta qui signifie Sfera et ça suffit. C’est finalement resté.

Parle-nous de Ciny, l’endroit où tu as grandi.
Disons que Ciny est une petite banlieue de 100 000 habitants environ. C’est une ville assez différente du centre-ville de Milan. Tout le monde traîne ensemble dans les quartiers, il y a des scoots qui tournent dans tous les sens, c’est ce genre d’ambiance auquel nous sommes habitués.

Comment as-tu rencontré le beatmaker Charlie Charles ? Tu bosses beaucoup avec lui et lui-même bosse avec de nombreux rappeurs.
On s’est rencontré quand on était des gamins. J’enregistrais déjà et il m’écoutait. C’est comme ça qu’il a décidé de prendre contact avec moi et on a commencé à bosser ensemble. Après je t’avoue qu’avant même d’être associés, c’est surtout une histoire d’amitié.

 

SFERA EBBASTA
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Ton album s’appelle Rockstar. En 2013, Kanye West a dit « Le rap est le nouveau rock et nous sommes des rockstars. » Est-ce la signification derrière ce titre ?
Je suis totalement d’accord avec Kanye West parce-que le rap a bel et bien remplacé le rock et les rockstars se sont peu à peu effacées. Au-delà de l’aspect musical c’est surtout une question de lifestyle et c’est pour ça que j’ai appelé l’album Rockstar.

Tu as vraiment le sentiment de vivre une vie de rockstar aujourd’hui ?
Oui et pas qu’un peu… (rires)

Tu es différent pour plusieurs raisons. Tu es considéré comme le roi de la trap en Italie et ton style vestimentaire n’est pas commun. Comment es-tu tombé amoureux de la mode ?
J’ai toujours eu cette fibre de modeux. Déjà petit je m’habillais de manière un peu bizarre et je kiffais. Mais avec le succès j’ai eu accès à des sapes très différentes, mon armoire a un peu changé mais l’amour du style et mon style extravagant reste le même.

Quel était ton premier tatouage ?
C’était au lendemain de mes 18 ans. Je me suis fait tatouer une femme avec une guitare. C’était un hommage à mon père car il était guitariste.

Tu portes de nombreuses marques de luxe italiennes. Gucci, Muschino, Fendi, Prada et évidemment Balenciaga, à qui tu as dédié un titre avec SCH. Penses-tu qu’avoir grandi prêt de Milan t’a donné le goût pour la haute-couture ?
Je ne pense pas que ce soit lié au fait que j’ai grandi près de Milan. La mode, c’est un truc que tu as ou que tu n’as pas. Tout le monde connaît Gucci ou Balenciaga mais c’est plus une question d’y avoir accès, si tu peux ou non te le permettre et si tu détiens cette fibre.

 

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Comment sont les liens entre ces marques de luxe italiennes et les rappeurs en Italie ? En France, les marques ne sont pas toujours ravies d’être portées par les acteurs de la culture street.
Pour ma part, j’ai de très bonnes relations avec les grandes marques italiennes. J’ai l’occasion de bosser avec elles de temps en temps et nous avons des rapports très cordiaux. J’ai même accès à certaines paires plutôt rares, à des exclus, des remises…etc. Je peux te citer des marques comme Gucci, Moschino, Ferragamo etc.

Tu es le premier rappeur italien qui a créé une sneaker pour Nike. Comment cela s’est-il déroulé ?
Au départ, Nike m’envoyait des paires mais moi j’ai toujours eu l’envie d’aller plus loin. Au bout d’un an, j’ai demandé à être un peu plus impliqué et puis on a fait cette paire qui était une exclue italienne. Le focus de Nike était sur la Air Force à cette époque-là et pour ma part, j’ai toujours pensé que la Air Force était parfaite toute blanche. Comme il m’arrive assez souvent de sortir avec une paire de baskets dépareillée, j’ai voulu jouer sur ça avec les lacets. Parallèlement j’avais déjà en tête la direction artistique de la couverture de l’album Rockstar. La couleur jaune, la couleur rose. J’ai donc essayé de jouer sur ces couleurs-là pour apporter ma touche personnelle à la paire.

Aimerais-tu créer une collection entière ?
C’est sûr que ça arrivera, je ne sais pas si ce sera avec Nike ou pas mais en tout cas c’est sûr et on attend le bon moment.

Si tu devais créer ta marque, sais-tu vers quelle direction aimerais-tu aller ?
Je chercherais à créer un univers qui ne soit pas forcément lié à moi mais qui toucherait un plus grand public. J’aimerais même que les haters achètent ma marque sans savoir que ça vient de moi.

 

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As-tu de nombreux haters ?
Quand tu es numéro 1, tu as forcément beaucoup de haters ! (rires)

Dans Figli di Papa, tu dis « A 12 (dodici) anni avevo soltanto due scarpe ». (« À 12 ans, j’avais seulement deux paires de chaussures. » )Tu rêvais de quelles sneakers à cette époque ?
Je rêvais des requins, les TN ! On les appelle aussi les requins en Italie !

Tu as bossé avec SCH et tu écoutes paraît-il pas mal de rap français. Le dernier son que tu as écouté en boucle ?
Mwaka Moon de Kalash et Damso

Un artiste français avec qui tu aimerais fortement collaborer ?
Booba

Quels sont tes projets pour l’année ?
Faire 10Millions d’euros ! (rires) Musicalement parlant, en 2018, on a déjà démontré ce qu’on devait démontrer. Je vais tourner toute l’année et le tour européen sera annoncé à la fin de l’été.

 

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Aloïse Sauvage : fougue à l’âme

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Aloïse Sauvage

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Posté par Mélodie Raymond - 8 août 2018

Aloïse Sauvage : fougue à l’âme

Même assise sur un tabouret, l’artiste Aloïse Sauvage ne tient pas en place. Son corps l’appelle à changer de positions mille fois. À fond à force d’être sur tous les fronts, l’actrice, chanteuse, danseuse et circassienne fait sensation dans tout ce qu’elle entreprend.

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Aloïse Sauvage
Cap Samsøe & Samsøe   T-shirt Cheap Monday   Belt L’Aiglon   Pants You Must Create   Shoes Paraboots

 

Le public a pu te découvrir à travers le cirque contemporain, la danse, le cinéma, et maintenant la musique. Comment vis-tu ce quotidien de touche-à-tout ?
Je le vis bien car je l’ai désiré ! C’est en quelque sorte un choix de ne pas réussir à choisir. C’est juste que ça demande une organisation et une rigueur au quotidien assez soutenues. J’ai envie d’être entre guillemets excellente dans tout ce que je fais, d’aller au bout de chaque envie. Tu multiplies ça par le nombre de domaines dans lesquels j’évolue. C’est un peu épuisant et assez stressant parfois mais l’équilibre dans la balance se fait bien donc je pense que pour le pourcentage de choses magnifiques qui m’arrivent, le stress et les insomnies se gèrent.

Tu n’étais que peu prédestinée au monde artistique. Tu envisageais même de devenir prof de lettres modernes, quel a été ton déclic pour changer de voie ?
C’est toujours délicat de se rappeler précisément des éléments déclencheurs. Je dirais juste que c’est une histoire banale d’une jeune fille qui est passionnée par plein de trucs artistiques, qui en fait beaucoup depuis qu’elle est jeune à fond après les cours et ça ne l’a pas empêchée d’avoir une très bonne scolarité. J’aime apprendre, j’ai aimé l’école mais je me suis dit à un moment que si je ne le faisais pas maintenant, physiquement ça n’aurait plus été possible. En l’occurrence je parle de la danse ou de l’aspect plus scénique, certainement moins dans la musique ou dans le cinéma. Mais du coup, je me suis dit qu’il fallait vraiment essayer à ce moment-là.

À quel âge as-tu commencé la danse ?
J’ai commencé le hip-hop vers mes 12 ans. J’ai dû faire une année en CM1 et le break est arrivé au collège.

Et le cirque contemporain ?
Le cirque c’est moins une technique qu’un espace pour moi. C’est à dire que le cirque m’a permis de continuer à faire tout ce que je faisais et ça s’est enveloppé dans ce monde qu’est le cirque contemporain. Je n’ai pas changé de technique, je suis arrivée avec ma danse, mes envies corporelles, mes envies théâtrales puis je me suis insérée là-dedans. Au cirque contemporain, ce que je faisais, on appelle ça de l’accro-danse mais finalement c’est très personnel et propre à chacun. Moi c’est mon break dance à moi mêlé à de l’acrobatie au sol.

En ce moment tu es sur la scène de 5èmes Hurlants avec la scénographe et chorégraphe Raphaelle Boitel. Parle-nous de ce spectacle.
C’est donc un spectacle de cirque contemporain. Raphaelle Boitel a monté sa compagnie L’oublié(e) il y a 4 ou 5 ans et je bosse avec elle depuis le début de sa compagnie et avant, elle bossait avec James Thierrée. Ils ont tourné pendant 10 ans à travers le monde. Dans 5èmes Hurlants nous sommes cinq sur scène, de nationalités différentes et on vient tous de l’académie Fratellini. Ce spectacle est sans dramaturgie précise comme un spectacle de théâtre mais c’est une succession d’images et de tableaux qui réfèrent à une même thématique. Très basiquement on essaye de parler du cirque, de la persévérance qu’il faut avoir. Il y a donc des tentatives, des échecs, de la réussite, et de l’entraide.

 

Aloïse Sauvage
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Comment es-tu arrivée sur le tournage de 120 battements par minute ?
Ils ont fait un énorme casting pour ce film, moi je n’ai pas été castée à cette étape-là. À la base, mon rôle, je crois que c’était un transsexuel qu’ils n’ont certainement pas trouvé et mon agent aimait vraiment beaucoup le travail de Robin Campillo. C’est elle qui m’a fait découvrir Eastern Boys. J’ai dû faire une vidéo que j’ai faite à fond de manière assez rigolote. Elle a un peu tournée dans le monde des directeurs de casting et elle s’est retrouvée devant les directrices de casting de ce film.

Que faisais-tu sur cette vidéo ?
Je me présentais, j’étais en Hollande, il pleuvait, j’étais dans une caravane. J’étais allée voir des potes jouer et je coupais très vite, j’avais l’impression d’être une youtubeuse (rires). Du coup je me changeais, je m’attachais les cheveux et en me présentant, je faisais des petites blagues parce que j’aime bien les blagues !

Est-ce que tu te doutais que ce film ferait l’unanimité à ce point ?
C’est difficile d’anticiper ça, ce serait mentir que de te dire oui. Néanmoins tu sais que ça va être bien parce que tu fais confiance au réalisateur. Avec les images et le travail qu’il a fait auparavant, tu sais qu’il y a une intelligence et une vision esthétique et artistique hyper intéressante. Après je sais que le premier jour de répétition tous ensemble, j’ai senti qu’il allait se passer un truc. On était tous dans un amphithéâtre et c’est tellement rattaché à l’histoire personnelle du réalisateur, des co-scénaristes et des producteurs qu’il y avait un truc fiction/devoir de mémoire qui était très émouvant. C’était très beau aussi car il y avait beaucoup de non acteurs et jeunes acteurs et j’en fais partie. Il n’y avait qu’ Adèle Haenel qui est vraiment dans le game du cinéma. Sinon c’était beau de naître presque tous ensemble en valorisant cette communauté.

C’est un film coup de poing, bouleversant, où l’on se rend compte combien la vie d’activiste est éprouvante. Est-ce une vie que tu aurais pu mener ?
Je pense que t’es affecté par quelque chose qui touche au vital, tu n’as pas d’autres choix que de soit te laisser mourir soit de transformer cette tache noire qui t’envahit psychologiquement et physiquement par une rage de vivre. Je ne peux pas me mettre à leurs places mais je crois que tu n’y réfléchis même pas. Ce qui est clair, c’est que ce film montre le pouvoir de l’engagement et du collectif, ça donne foi aux groupes et ça me parle.

 

Aloïse Sauvage
Jacket Carhartt WIP   Pants Maison Château Rouge x Monoprix   T-shirt Fred Perry   Socks Uniqlo   Shoes Fila

 

Peux-tu aussi nous parler du tournage des Fauves ?
On a tourné cet automne et ce film, c’est signé Vincent Mariette qui a tourné Tristesse Club. Le rôle principal revient à Lily Rose Depp. Il y a également Laurent Lafitte, Baya Kasmi, Camille Cotin, Yoann Zimmer et deux autres jeunes acteurs. C’est une sorte de thriller psychologique qui se passe en Dordogne dans un camping. Laura (Lily Rose) passe des vacances en famille avec sa cousine (mon rôle). Dans ce camping, il y a des rumeurs de félin qui rode avec un décès l’an passé jamais élucidé. Parallèlement, Laura va être attirée par un écrivain qu’elle affectionne et elle va se rendre compte qu’il fait peut-être un peu vivre la rumeur. Il y a donc tout un truc autour de ce qui est réel et ce qui est fantasmé.

C’était chouette à tourner ?
Hyper cool, très différent de 120 battements par minute ou de Mal de Pierre avec Marion Cotillard mais super enrichissant. J’avais un second rôle donc j’avais plus de place pour jouer plus de texte et je suis heureuse dès que j’ai plus de place pour m’exprimer. C’était un personnage qui ne me ressemble pas du tout de base donc c’était marrant. C’était super de jouer avec Lily Rose, c’est une fille très talentueuse. Je lui souhaite beaucoup de succès.

Tu t’es lancée dans le projet d’un EP avec Abraham Diallo qui doit sortir au printemps. Tu as déjà sorti les titres Ailleurs Higher et Aphone. Peux-tu nous en dire plus ?
En fait je suis en réflexion sur le fait de sortir ou non un EP car je n’avais pas anticipé tout ça. J’ai fait quatre titres dont les deux qui sont déjà sortis. Ils méritent d’exister, j’en suis fière mais ils ont tellement été faits dans un truc instinctif, pas vraiment réfléchi avec cohérence. Du coup, je réfléchis à sortir quelque chose plus tard et pensé comme un vrai projet. Je vais donc peut-être sortir les deux derniers titres avec les clips comme j’avais prévu. Tu es la première personne à qui je dis ça mais il y a des chances pour que ça se passe comme ça. Si je sors cet EP, ça fait partie d’une discographie donc j’ai encore besoin d’expérimenter, je trouve que c’est encore un peu jeune.

Est-ce que tu peux revenir sur les clips avec Zenzel ?
J’ai envie que le prochain titre se fasse avec lui car on a commencé tous les deux. Zenzel, c’est son nom d’artiste mais il s’appelle Vincent Giannesini, c’est mon meilleur pote dans la vie. Il est autodidacte, il a appris tout seul la photo et la vidéo et on évolue ensemble. Les clips, on les réalise et on les produit tous les deux et puis après comme Aphone, je fais appel à des amis qui me sont chers ou comme pour celui qui sort en février. Le concernant, ce sont ses premiers clips musicaux et il a des demandes donc c’est cool si ça l’aide aussi, j’aime cette notion d’équipe.

Tu as plusieurs fois déclaré que tu rêvais de monter un spectacle. Quel en serait le sujet ?
En fait, on est en train d’en monter un avec une amie. C’est un spectacle de cirque contemporain, et ça nous permet d’y fourrer un peu tout ce que l’on aime dedans. C’est une bonne question mais ça s’appellera surement Braves et traitera de la liberté de s’assumer, d’être soi, de la question du genre, de la prise d’action, de la prise de parole et l’acceptation.

Tu es souvent associée à des artistes hors catégorie comme Eddy de Pretto, qui mêlent de nombreuses inspirations et qui appuient sur l’importance de l’écriture. Qu’est ce que tu en penses ?
J’en pense du bien après c’est drôle parce que, sans que l’on puisse vraiment nous ranger dans une case, on nous met quand même dans une case. C’est pas négatif mais je me rends compte qu’on nous associe tous un peu, cette nouvelle vague de jeunes qui ont ce rapport à l’écriture lié à l’énergie hip-hop tout en gardant un attachement à la chanson française ou à la pop et l’électro. Et finalement on est assez différent mais on nous associe dans quelque chose de non genré, non codifié, mais bon ça me va qu’on m’associe à Eddy. C’est un artiste que j’estime et j’ai l’impression que c’est peut-être un premier pas pour qu’on arrête d’associer. On va peut-être franchir un autre cap et qu’on cloisonnera moins les définitions.

 

Aloïse Sauvage
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Le hip-hop et le rap sont des milieux que tu touches de près. Qu’est-ce que tu écoutes ?
Oui j’écoute beaucoup de rap, tout ce qui sort. J’aime bien la liberté dans le rap même si parfois je trouve ça un peu léger au niveau paroles. Je n’aime pas trop quand c’est violent car ça a beau être du second degrés, c’est quand même écouté par des millions de jeunes filles et jeunes garçons et parfois ça peut donner lieu à des réflexions homophobes ou sexistes que je n’accepte pas. Sinon pour répondre à ta question, je suis de la génération zapping et souvent je me perds dans les abysses des playlists et j’adore ça. J’ai écouté le dernier album d’Orelsan, avant j’écoutais beaucoup Disiz La Peste, Diam’s, Sniper, Oxmo Puccino, j’aime bien écouter La Fouine, j’assume. Et je suis très curieuse aussi d’écouter les Niska, Ninho, PNL. Je ne suis pas totalement d’accord mais il y a un truc intéressant dans le sens où on a le sentiment qu’ils ne se prennent pas trop la tête. Sinon j’écoute aussi Ibeyi et je vais faire leur première partie.

Tu portes actuellement un half zip Walk In Paris et on t’a vu dans leur vidéo de campagne… Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Oui, nous sommes amis ! J’ai connu Gary grâce à Léo. En fait c’est marrant car parfois il y a des gens avec qui tu es liée sans le savoir et avec Léo, on avait vraiment des connaissances communes. Je crois que la personne qui me parlait souvent de lui était Marion Motin. Elle nous disait qu’on était un peu frère et sœur sans le savoir. Un jour, il a monté un projet de danse qui s’appelait La marche bleue auquel j’ai participé et on est devenu amis.

Quel est ton rapport avec la mode ?
J’adore qu’on m’habille mais je ne fais pas l’effort… J’aime trop piquer les fringues de mes potes stylés mais c’est vrai que personnellement, je ne fais pas beaucoup attention à moi au quotidien. J’aime le faire pour des photos, des vidéos ou pour des évènements comme le festival de Cannes qu’on a fait récemment. Sinon en général, j’enfile un pull et je vais m’entrainer.

Est-ce que tu portes un intérêt aux sneakers ?
Je suis Air Max, je suis un peu une Nike addict. Avec la danse, on a souvent un rapport étroit avec la sneaker, on cherche la paire avec laquelle on est à l’aise pour danser. Dans le break, il y a eu une grosse phase Puma Suede, moi je portais plutôt des Vans, j’avais envie d’avoir des petits pieds je pense. Maintenant je suis plus Air Max car elles sont à la fois street et elle passe aussi très bien avec une tenue soignée.

 

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Cap Samsøe & Samsøe   Bumbag Boyhood   T-shirt Vans   Overalls Carhartt WIP   Shoes Converse All Star Chuck Taylor

 

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Kelvyn Colt : Crooner voice

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KELVYN COLT

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Posté par Mélodie Raymond - 1 août 2018

Kelvyn Colt : Crooner voice

Allemand d’origine nigériane, Kelvyn Colt écume depuis quelques années les grands continents avec son flow de kickeur, sa voix rauque et son look millimétré. Repéré en Europe grâce à deux sessions chez nos confrères de Colors Berlin, le rappeur évoluant à Londres voit l’avenir en grand. Au programme de cet entretien ? Parcours, convictions, Kid Cudi et Virgil Abloh .

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KELVYN COLT
Hat Carhartt WIP   Long sleeve Boyhood   Tee Andrea Crews   Bumbag Andrea Crews

 

Parle nous de Wesbadien, la ville où tu as grandi.
En vérité tout a commencé dans un petit village qui s’appelle Fulda puisque c’est là où je suis né. Ensuite on a déménagé à Wesbadien. C’est une ville assez unique en Allemagne car elle abrite de nombreux soldats américains puisqu’il y a une base là-bas. On peut donc dire qu’elle est un peu internationale, du moins qu’elle a une touche américaine. C’est la capitale de la région mais ce n’est pas une énorme ville comme Francfort donc quand on était jeune, on allait souvent vers Francfort pour sortir faire la fête etc. Ce n’était pas aussi inspirant que certaines grosses villes peuvent l’être mais il y avait plus de communautés représentées.

Est-ce que c’est à Wesbadien que tu as appris l’anglais ?
J’ai grandi en parlant allemand avec ma mère et anglais avec mon père. Mon père est Nigérian et désolé papa si tu me lis, mais il n’était pas très bon en allemand. (rires) Il parlait donc anglais avec moi et j’ai aussi plusieurs membres de ma famille qui parlent anglais. Je restais beaucoup avec eux, je voyageais avec eux.

Et d’où tiens-tu ce fort accent américain ?
Mon père a vécu aux Etats-Unis à Atlanta. Il a donc un peu l’accent américain mais il n’est pas aussi prononcé que le mien. Je suppose que le mien est un mélange entre le fait d’avoir trainé avec mon oncle, mon père, des soldats américains ou encore en voyageant aux states. Et bien entendu grâce à toute la musique des US que j’écoutais. C’est venu à moi assez naturellement.

À quel âge as-tu su que tu voulais te lancer dans une carrière d’artiste et quel a été le déclic ?
Depuis mon plus jeune âge et à partir du moment où j’ai su écrire, j’ai commencé à rédiger des poèmes. Ça a continué pendant longtemps jusqu’à ce que cela se transforme naturellement en rap. Quand j’ai enregistré mon premier son, je devais avoir environ 16 ans. Je l’ai envoyé à des amis et à des gens aux Etats-Unis. Un producteur appelé Blizzy Baxter m’a invité à Miami. Nous sommes allés au studio tous les jours, je n’ai même pas vu la plage une seule fois. Après avoir travaillé, appris plein de choses sur la musique, l’écriture, je me suis dit : « wahou, ça peut se concrétiser, j’ai juste à travailler et rien lâcher. » Ce qui est incroyable avec internet, c’est que peu importe d’où tu viens, si tu fais quelque chose d’honnête, avec le cœur, avec passion, cela te connectera aux bonnes personnes.

 

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Durag Benibla   Sunglasses Oliver Peoples   Hoodie adidas Originals   Short Carhartt WIP   Socks Andrea Crews   Sneakers Fila 95

 

Ta passion pour la musique semble t’avoir également donné un amour pour le streetwear. Peux-tu nous en dire plus ?
Quand j’étais enfant, je matais toutes les vidéos et j’observais attentivement tous les rappeurs mais en vérité – et j’aurais adoré te montrer des photos pour illustrer – mon père et ses potes avaient un pur look. Ils étaient vraiment OG. Et cet amour pour le style est venu grâce à ça dès l’adolescence. À l’école je faisais partie des seuls blacks. Même si j’avais des amis, je ressentais le besoin de m’identifier à certains groupes. C’est normal quand t’es ado. Je me sentais parfois éloigné des autres gosses car j’avais des goûts différents, au delà des différences culturelles. J’ai donc passé beaucoup de temps sur internet. Quand j’ai découverts Kid Cudi, je me suis dit « putain, il est tellement cool. Il n’essaye pas d’être un gangster, il est juste lui-même. » Je me souviens, il portait souvent une chaîne autour du coup très new yorkaise avec un énorme Jésus en diamant. Quand je me suis retrouvé à Miami dans un magasin de bijoux fantaisie, j’ai vu cette chaine qui était une imitation de celle de Kid Cudi, j’étais comme un dingue. J’avais seulement quelques dollars pour survivre au mois mais je l’ai acheté. De retour dans mon village, je me souviens en train de marcher avec cet énorme Jésus autour de mon coup, un truc grotesque pour ma taille. (rires) C’est vraiment lui qui m’a amené à m’intéresser à la mode et évidemment des gens comme A$AP Rocky ou Kanye. En plus, je passais beaucoup de temps sur Tumblr et encore aujourd’hui.

Selon toi, qui est la personne qui a révolutionné le streetwear dans le monde du hip hop ?
Pour ma génération, je dirais qu’A$AP Rocky est énorme. Kanye était un designer reconnu et incontestable. Même si tu reviens en arrière, Biggie et 2PAC portaient du Versace et tous ces trucs mais Kanye l’a vraiment concrétisé en premier. A$AP, lui, a carrément passé un autre level en devenant une icône pour tous les gosses qui ne savaient même pas qui était Raf Simons. Il en a fait quelque chose de plus personnel. Déjà avec Kanye et le Red October, il y a eu un mouvement impressionnant. Je vivais déjà à Londres à ce moment là et je me suis vraiment rendu compte de l’impact quand je suis rentré chez moi. Les gosses étaient bien plus portés sur le style, le streetwear. Ils portaient tous un outfit all black et des sneakers rouges. J’étais choqué !

Que penses-tu de l’arrivée de Virgil Abloh chez Louis Vuitton ?
C’est phénoménal ! Ce qui est intéressant, c’est que je ne suis pas énormément Off-White mais que je m’intéresse à Virgil Abloh, son travail, sa direction artistique et tous les projets dans lesquels il était impliqué bien avant Off-White. Son arrivée chez Louis Vuitton est géniale mais il y a deux aspects : le premier, c’est qu’ils ont choisi un jeune designer inspirant et créatif. Ils s’ouvrent vers de nouveaux horizons, c’est une étape importante. Mais dans un autre sens, si tu regardes en arrière, il y a des gens comme Dapper Dan (ndlr : célèbre pour avoir créé des pièces aux coupes amples à partir de tissus siglés Louis Vuitton, Fendi et Gucci) qui ont été très avant-gardistes, qui ont amené le luxe dans le streetwear. Et qu’est ce que les marques ont fait ? Ils l’ont fait tomber ! ( Ndlr : Les marques l’ont attaqué en justice pour vol de propriété intellectuelle. Il met la clef sous la porte en 1992.) Maintenant qu’internet existe, il y a des preuves que la culture black est probablement la plus influente dans la pop culture. Le rap est partout, le streetwear aussi, même ma mère porte des sneakers ! Maintenant qu’ils ont compris que grâce à cette culture, il y a de l’argent à se faire, ils se tournent vers nous. Ce côté me dérange mais peu importe, je suis très fier de ce qu’il a fait et je suis content pour Louis Vuitton qui est clairement LA marque de luxe.

 

KELVYN COLT

 

C’est aussi fou que ce soit le premier black à la tête de la maison.
Complètement ! Virgil est un peu le Obama de la sphère mode. Yes we can homie ! (rires)

Qu’est-ce que tu portes sur scène ?
Il faut que ce soit confortable car je passe mon temps à courir, à sauter, parfois je saute dans le public, je suis hyperactif donc je ne peux pas me permettre de porter des trucs trop serrés ou peu conforts.

Et quelles sneakers portes-tu généralement ?
Récemment, j’ai acheté une paire de Ozweego adidas x Raf Simons blanche/noir et marron. Je les aime vraiment, je les porte beaucoup. J’ai beaucoup de sneakers mais il y a seulement quelques paires que j’aime vraiment car elles ont une valeur sentimentale. Cette paire de Raf Simons, c’est le cas. C’était la première paire assez cher que je pouvais m’acheter.

Aimerais-tu créer ta propre marque ?
Complètement mais pour moi une marque ne se limite pas uniquement au streetwear et à la mode. J’aime les marques comme Apple ou Supreme qui sont capable de t’engager dans un concept, ces marques cassent tout. Elles sont la définition même d’une marque. En ce moment, on bosse sur des technologies et de la création de contenu qui rassemble nos communautés. On aimerait vraiment mettre en place une marque. Je souhaite collaborer avec des gens quand ils sont très bons dans ce qu’ils font car je ne veux pas vendre des pièces en me servant uniquement de mon nom d’artiste.

Côté références musique, tu cites Tupac, Kid Cudi, Sade, Fela Kuti et Eminem. Qu’as-tu pensé de Revival, le dernier album d’Eminem ?
Aaah, elle est dure ta question ! Vraiment dure ! J’ai toujours adoré tous ses projets et j’avoue que j’ai écouté quelques titres mais à un moment, j’ai juste arrêté.

Tu n’as carrément pas pu ?
Ne me fais pas dire ça ! (rires) J’adore Eminem, son flow, son groove mais cet album n’était pas pour moi. J’ai juste jugé le travail pour le travail et pas pour la personne qui est derrière donc je me devais de laisser ça derrière moi.

 

KELVYN COLT
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Qu’est-ce que tu as pris du mouvement grime qui est aussi l’une de tes inspirations ?
Je dirais la manière dont la grime est faite. Il y a un côté très Do it Yourself. Toute l’énergie qu’il y a derrière aussi. Quand j’étais gosse, en Allemagne, il y avait quelques artistes de grime qui perçaient comme Dizzee Rascal mais ça ne faisait pas vraiment partie de mon univers jusqu’à ce je déménage à Londres. Quand je sortais là-bas, plein de gens me parlaient de la grime et j’avais du mal à saisir tout ça. Je trouvais ça trop rapide, il me manquait un truc. Puis je suis allé à un concert de Ghetts et j’ai pris une énorme claque, je n’avais jamais vu un truc pareil. C’est là que j’ai compris la grime. Honnêtement, niveau technique il est pour moi l’un des meilleurs rappeurs qui existe.

Comment as-tu rencontré le producteur Neff-U ?
C’est un peu une session qui a changé ma vie. Je n’avais aucune idée de qui il était. Il m’a demandé ce que j’écoutais. Je lui ai dit tel album de Tupac, tel de Kid Cudi, tel son d’Eminem et il était là :
-« Ah vraiment ? Quelle autre chanson ?
-« Je kiffe bien celle là aussi avec Dr Dre. »
-« Ah donc tu sais ».
-« Je sais quoi ? »
-« Bah tu sais que c’est moi qui ait produit ce son ? »
J’étais là, « quoi ? »
Je suis allé dans les toilettes, je l’ai discrètement googlé et là j’ai compris. Il est genre l’une des dernières personnes à avoir bossé avec Micheal Jackson avant sa mort. Et le mec a tellement les pieds sur terre, même dans sa manière de parler, de s’habiller. Pendant l’une de nos sessions, un autre énorme producteur est entré par accident. Neff-U a été super cool avec lui et le mec était juste imbuvable. Mais si un gars comme Neff-U peut être une légende tout en étant humble, respectueux et amical pendant que d’autres sont odieux, j’ai compris ce que je ne voulais pas être. Neff-U m’a aussi appris à comprendre les causes pour lesquels je devais me battre.

C’est-à-dire ?
C’est à dire que c’est la première fois que je me posais consciencieusement la question de ce que je voulais représenter. On a eu une longue discussion sur quel doit être ta mission, ton statut, les valeurs que tu donnes, un peu comme une marque ou une société. Tu ne peux pas juste te contenter de faire des bons cd sinon tu risques de vite t’évaporer dans la nature. Et puis c’est l’occasion de parler aux gens. Tupac et Kid Cudi par exemple m’ont aidé quand j’étais dans des états dépressifs, sans espoir, voire même suicidaire. Les gens pensent que c’est cliché « la musique m’a sauvé la vie » mais c’est vrai ! Ces mots m’ont permis de rester sur la bonne voie, écouter Nas et ce qu’il avait à dire m’a sincèrement servi sur un plan personnel. Et ma mission est un peu de montrer à la jeunesse l’étendue des possibilités qu’ils ont si ils ne laissent pas tomber. Je pense que les artistes de ma génération vont ouvrir de nombreuses portes pour les suivantes, notamment dans la musique européenne. On est super nombreux et on se croise tous, on se donne de la force. C’est incroyable, cette transition est un putain de mouvement ! Après les rivalités existent parfois, on est des rappeurs, on doit faire le meilleur son, les meilleures ventes etc mais les playlists ne se limitent plus à une seule personne donc créons ensemble.

 

KELVYN COLT
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Qui écoutes-tu dans la nouvelle génération ?
Ca dépend de mon humeur mais si j’ai juste envie de Turn Up, j’écoute Gucci Gang et tous ces morceaux dans le genre. J’écoute beaucoup ce que mon petit frère de 14 ans écoute. Sinon ma playlist à moi n’a pas énormément changée, j’écoute toujours Nirvana, Guns N Roses, Bon Iver.

Ton EP LH914 est sorti en novembre dernier. Qu’en est-il de ton premier album ?
Le truc c’est que je créé énormément de musique donc j’ai une Dropbox remplie de tracks. D’un côté je bosse dessus mais je sens que je n’ai pas encore exploré tout ce qu’il y a à explorer avant de sortir un album. Je suis encore en train d’expérimenter, de voyager, de rencontrer beaucoup de gens. Mon prochain projet sera comme un mini album car il y a aura un fil conducteur dans le côté narratif, musical. LH914, c’était autre chose, j’y ai amené un peu de grime par ici, un peu de RnB par là, un peu de rap, de trap etc.

Quand les français parlent de toi, ils disent « ah le super rappeur qui a une voix de crooner et qui est passé dans Colors Berlin ». Quelle définition souhaiterais-tu dans quelques années ?
(rires) C’est une excellente question, je ne sais pas. Je pense que beaucoup se sont intéressés à ma musique grâce à Colors. J’étais un des premiers à faire Colors et j’étais aussi l’un des premiers à avoir une deuxième session chez Colors. C’est intéressant car les pays ne me voient pas de la même manière. En Allemagne, c’est « Ah c’est le mec qui est parti vivre à Londres et qui fait des trucs un peu partout dans le monde » et à Londres, ils m’appellent « le rappeur beau gosse qui vient d’Allemagne ». C’est cool mais je suis assez mal à l’aise avec ce genre de compliment je t’avoue ! (rires)

Qu’est ce qu’on peut te souhaiter ?
J’espère pouvoir longtemps continuer à faire de la scène, mettre une grosse ambiance, établir plus de connexion avec les français, créer de la musique avec eux et peut-être même d’autres choses que de la musique. J’adore la France et j’adore Paris !

 

IG : @kelvyncolt
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