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Texte : Mo. Ray Photos : Richard Banroques Style : Opie Wood

Text: Mo. Ray Pictures: Richard Banroques Style : Opie Wood

Feet on the ground, rap off the ground

Feet on the ground, rap off the ground

Originaire d’un modeste quartier de Seattle, Aaron Cohen est blanc, roux et barbu. Avec plusieurs EPs et mixtapes à son actif, dont le dernier très bon « Off the ground », le talentueux rappeur adulé des français n’a déjà plus grand-chose à prouver mais a, semblerait-il, encore beaucoup à offrir…

Having grown up in a modest neighborhood in Seattle, Aaron Cohen, who is white, ginger and bearded, is idolized by the French public. With several EPs and mixtapes to his name, like the most recent one “Off the Ground”, this talented rapper already has nothing much else to prove, but it seems he’s still got a whole lot more to offer…

Tu viens de Seattle et tu as commencé le rap à douze ans, peux-tu nous en dire un peu plus sur ton enfance ?

You’re originally from Seattle, and you started to rap at age twelve, can you tell us a bit about your childhood?

Oui, j’ai en effet commencé quand j’avais 12 ans. J’écoutais mes rappeurs préférés et au début, je ne faisais que mémoriser leurs paroles et je les répétais. À un moment, je me suis naturellement mis à écrire pour moi. J’ai grandi et je suis né à Seattle, avec une jolie famille, mes deux parents et mes deux soeurs. Je sortais beaucoup, j’usais de mon imagination et je trouvais tout l’univers du rap très excitant car il m’était étranger. Et j’ai juste eu la chance de tomber sur Nas, Tupac et Biggie. Même si je ne comprenais pas vraiment ce qu’ils disaient, je savais que ça m’intéressait.

Yeah, so I started rapping by myself when I was twelve. I was just listening to my favorite rappers, and at first I’d memorize their lyrics and rap them out loud. And then, I don't know, at a certain point, I just naturally started making up the words for myself. I was born and raised in Seattle, with two good parents and two good sisters. I was outside a lot, using my imagination a lot, and the whole world of rap was really exciting and foreign to me when I was a kid. I just happened to stumble upon to Nas, Tupac and Biggie. I didn't know exactly what they were talking about, but I knew that I was interested in what they were saying.

Tu vis maintenant à New York. Pourquoi avoir quitté Seattle ?

You’ve been living in NYC now. Why did you decide to leave Seattle?

Oui, je vis dans le Queens. Je ne sais pas pourquoi j’ai quitté Seattle. J’étais juste un gros fainéant qui fumait de la beuh ; je n’étais pas productif alors j’ai décidé de changer les choses. Je suis allé rendre visite à ma soeur qui vit ici (ndlr : à New-York), et je suis simplement tombé amoureux de la ville. Tout allait si vite. Les gens bossent dur et poursuivent leurs rêves. Je me suis donc dit que si j’étais ici, peut-être que je ferais la même chose.

Yeah, I live in Queens. I don't know why I left Seattle. I was just kinda like a lazy, pot-head slacker, I wasn't really doing anything productive and I just needed to change things. So I went to go to visit my sister in New York because she lives there, and I just kinda fell in love with the city. Everything was moving really fast. People were grinding, and hustling, and chasing their dream. So I was like, "Wow. Maybe if I was here, I'd do the same thing.”

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C’était donc un rêve pour toi de commencer à faire de la musique à NYC ?

So was it a dream of yours to start making music in NY?

Honnêtement, je n’ai jamais pensé que la musique était une profession sérieuse. J’avais des amis dans le rap et je savais que je pouvais faire ce qu’ils faisaient. Je savais au fond de moi que je pouvais essayer tout ça. Un pote à moi, Kyle Rapps, fait partie de la scène du New Jersey, donc je lui ai demandé s’il pouvait m’aider à sortir une mixtape. Il a dit oui. J’ai juste volé plein de beats sur Youtube, certains génériques, et d’autres carrément produits par des producteurs - désolé les gars ! Je l’ai enregistré dans son placard et je l’ai fait mixer pour 50 dollars. Je l’ai envoyé à des blogs, qui l’ont posté. Les gens ont commencé à l’écouter et à me remarquer, et certaines marques voulaient se joindre à l’aventure. Donc maintenant, je suis rappeur !

Honestly, I never thought that music was like a serious profession. I had a couple friends who were rapping and I knew that I could do what they were doing. I just felt in my stomach that I needed to try and do this. So I had a friend named Kyle Rapps, and he was in the New Jersey scene, I just asked him, “Can you help me to record a mixtape?” and he said “Yeah, sure.” I just stole a bunch of beats off YouTube, some of these was like classic industry instrumentals, some I just stole from producers - I apologize for that. I recorded it in his closet and got it mixed for like 50 bucks. I sent it out to some blogs and they posted it. People started to see and notice, and a couple of brands wanted to get involved...and so now I’m a rapper.

« Les gens bossent dur

“People were chasing

et poursuivent leurs rêves.

their dream.

Je me suis donc dit que

So I was like "Wow.

si j’étais ici, peut-être

Maybe if I was here,

que je ferais la même chose. »

I'd do the same thing.”

En 2012, tu sortais “Unemployment” (chômage en français, ndlr). Qu’as tu fait pour devenir chômeur ?

You did a song in 2012 called “Unemployment”, what did you do to become unemployed?

En fait, après l’école j’ai eu un job dans le marketing pour un site web. Je ne savais absolument pas ce que je faisais. J’étais juste assis derrière mon bureau, à écrire des trucs sur un ordinateur ennuyeux à mort. Il y a eu des changements dans l’entreprise et ils m’ont viré. C’était à contre-coeur car ils m’aimaient bien, mais ils ont fait ça pour que je puisse avoir le chômage ! J’avais presque terminé ma seconde mixtape à l’époque et j’ai laissé poussé ma barbe, donc j’en avais fini avec le monde professionnel. J’ai eu quelques jobs ici et là et tout l’argent que j’avais gagné était parti dans les clips et la cover du projet. Ce qui est drôle finalement, c’est que j’ai commencé à bosser quand je me suis fait virer.

Basically, I was working a job that I got after school, it was marketing for a website. I didn’t know what the hell I was doing. I was just sitting there, every day, at a desk, typing on a computer, bored to death. They made some changes on the company and they laid me off. They liked me, it wasn't a bad thing, but they laid me off so I got unemployment. I was already almost done with my second mixtape, and I’d already started letting my beard grow – so I was done working a job! I had a couple of other jobs, I finished my mixtape and then all the money and everything that I’d made went into making three music videos and the cover etc. So what’s funny is that, I really started working once I got fired.


Es-tu un vrai féministe comme tu le dis dans ton titre éponyme ?

And are you a real feminist like you said in your eponymous track?

Je pense l’être. Je suis pour l’égalité. Quand j’ai fait le morceau, je ne pensais pas forcément que ce serait un titre “féministe”. C’était un jeu de mot en fait. “La vie est une pute, mais je suis féministe”, ce qui veut dire que la vie est dure mais que je l’accepte. C’était pas vraiment pour crier que j’étais un féministe, mais le fait que j’ai appelé la chanson comme ça laissait aussi savoir aux gens ma réelle position.

I think I am a real feminist. I mean, I support equality for everyone. When I made the song, I didn't necessarily think “this is a song for feminism”. It was really a play on words, “Life’s a bitch, but I'm a feminist,” meaning “life is tough,” and “bitch” is a derogatory term for a woman, so really “life is tough, but I’m cool with that.” So, it wasn't a statement like “I’m a feminist”, but the fact that I named the song that and let myself say that, was letting the people know that I am a feminist.

Parlons maintenant de ton dernier EP ‘Off the Ground’. Comment l’as-tu conçu ?

So let’s talk about your EP “Off the Ground”. How did you make it?

J’ai passé 6 mois sur le projet. Je vivais dans un studio d’enregistrement minuscule à NYC. J’étais en colloc avec mon producteur, on dormait sur des matelas à même le sol et chaque jour on se réveillait en pensant : “qu’est ce que ce serait cool d’avoir du fric et un appartement, on n’aurait plus à subir ça”. L’idée était de s’enfuir d’ici, de décoller, de commencer à voler de nos propres ailes. (rires)

I probably worked on this project for like six months. I was living in a studio in NY - a recording studio that was really, really small. I was there with my producer, both living on futons. And every day we’d wake up and go, “Wow, I wish we had some money, and an apartment so we didn’t have to live here.” So the idea was getting “off the ground”, get something started and moving, let’s move forward and be more successful. (laughs)

« Je viens d’un endroit assez

“The music just reflects

sombre, Seattle, c’est gris

how I am. I’m from

et nuageux donc ça se reflète

kinda a dark place, Seattle

dans ma musique ! »

is really cloudy and gray.”

Ton écriture est sombre, tu sembles avoir un point de vue assez pessimiste sur le monde qui t’entoure, non ?

Your writing is a bit dark. You seem to have a bit of a pessimistic point of view on the world, don't you?

Je ne pense pas être pessimiste, mais plutôt sceptique. La vérité, c’est que je ne pense pas trop à ce que je vais écrire, je suis honnête et sincère. Ton art est toujours meilleur lorsque tu n’y réfléchis pas trop. Mes paroles et ma musique sont plus intelligentes que moi. Tu vois ce que je veux dire ? Donc si c’est sombre ou triste, peut-être que je le suis aussi. Mais je crois qu’il y a aussi de l’espoir là dedans. Je ne suis pas quelqu’un de très joyeux, ce n’est pas dans mon caractère. Et je viens d’un endroit assez sombre, Seattle, c’est gris et nuageux donc ça se reflète dans ma musique !

I don't think I'm pessimistic, I think I’m skeptical. The truth is, I don't think too much about what I'm gonna write, I think I'm just honest and real. You make better art when you don't have a perfect plan. My lyrics and my music are smarter than I am. You know what I mean? So if it seems dark or sad, maybe I’m just a little dark or sad, but I think there is a little bit of hope in there. I'm not a very happy or joyful person, it's just not my personality. So the music just reflects how I am. I’m from kinda a dark place, Seattle is really cloudy and gray.

Tu as un énorme public français. Comment ça se fait ?

You’ve got a big French following. Why is that?

Je ne sais pas du tout, à toi de me dire (rires). C’est intéressant. Pour une raison qui m’échappe, mon son et mon style résonnent avec le public français. Je pense qu’ils voient la sincérité et la brutalité de ma musique. Ce n’est pas comme ce qu’il y a à la radio. Les français aiment fouiller sur le web pour trouver ce qu’ils aiment vraiment. C’est une espèce de gros bordel avec plein de trucs différents mais ça marche. J’aime beaucoup la France.

You tell me, I don't know! (laughs) It is interesting. For whatever reason, my sound, my style resonates a lot with the French rap audience. I think it's because they see how it's raw and real. It's not really like what you hear on the radio. French people are more willing to go online and investigate and find out what they really want. It's just like a perfect storm of different things but it works. I like it here in France.

Tu as annoncé récemment que tu avais prévu de bosser avec le groupe français S-Crew. Peux-tu nous en parler ?

You announced online that you’re planning on doing something with the French group, S-Crew. Can you tell us about that?

Oui, donc DJ Elite, aussi connu sous le nom de Blackbird, est le producteur et DJ du S-Crew. On s’est rencontré l’été dernier quand j’étais là et on a bougé en studio. C’est un mec détente et vraiment cool. Je ne savais pas qu’ils étaient aussi célèbres, je savais juste qu’ils étaient cools. On a donc fait plusieurs sons pour son projet. J’y suis retourné la semaine passée et on en a enregistré un autre, pour mon projet.

Yes, so DJ Elite, also known as Blackbird, is the producer and DJ for S-Crew. I met him last summer when I was here and I went to his studio. He's a really nice guy, really cool and laid back. I didn't know how big they were, I just knew that these guys were cool. So I went to go make a song with him and we made some songs for DJ Elite’s project. And I just went back last week and made another song for one of my projects.

Le morceau “D.E.N.Y.” est plutôt agressif, avec une influence presque rock. Par exemple le passage où tu dis “Fuck we don’t even know you” rappelle beaucoup Rage Against The Machine avec leur “now you do what they told you” de “Killing In the Name”.

On the track “D.E.N.Y”, it's quite aggressive with an almost rock influence. For example, when you say “Fuck, we don't even know you” it’s not so far from Rage Against the Machine’s “now you do what they told you” from “Killing In The Name”.

Ouais j’ai beaucoup écouté Rage Against The Machine quand j’étais plus jeune. J’attendais juste le bon moment pour sortir cette rage et cette colère. Souvent, mon travail est très détendu et relax. Mais si tu viens assister à un live, tu verras que c’est très intense. Je ne crie pas, mais je me défoule plus sur un live que sur un morceau studio. Les gens me disent toujours “je ne savais pas que t’étais comme ça”. Je pense qu’il était important de capturer cette intensité et cette énergie dans les morceaux.

Yeah, I definitely used to listen to a lot of Rage Against the Machine when I was a kid! It's just something that I was waiting for the right time to let out more aggression and anger. A lot of my stuff is very relaxed or laid back, but if you come to my live show, the thing is, I’m very intense. I’m not screaming, but I’m way more intense live than on my records. People would always tell me “I didn’t know that you were like” from just listening the music. So I think it was really important to capture that intensity and energy in songs.

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« J’ai vite réalisé que

“I quickly realized

je ne serais jamais

I wasn’t gonna be

en NBA »

in the NBA. (laughs)”

Mise à part la musique, qu’est ce qui t’intéresse ? Tu as l’air d’aimer les Chicago Bulls ?

Except for music, what else are you into? You seem to be a fan of the Chicago Bulls?

Plus jeune, j’adorais le basket et je voulais devenir pro, mais je suis trop petit. J’ai vite réalisé que je ne serais jamais en NBA (rires). Je suis toujours le basket, mais plus avec la même intensité qu’avant.

When I was a kid, I was really, really into basketball and I wanted to be a basketball player but I was too short. I quickly realized I wasn’t gonna be in the NBA. (laughs) So I still follow basketball but no so intensely as I did when I was a kid.

Tu as travaillé avec ABGOHARD, et vous avez appelé votre crew les Ugly Boyz. Pourquoi ?

You worked with ABGOHARD, calling your crew Ugly Boyz, why’s that?

ABGOHARD fait partie de mon crew, ICK. La raison pour laquelle on s’appelle les Ugly Boyz, c’est qu’à l’époque, le mouvement d’A$AP Rocky était vraiment lourd, tout le monde voulait devenir un fashion killer et tout le monde le copiait. Ils voulaient tous des tees longs qui arrivent aux genoux avec des jeans serrés noirs. Tout le monde voulait être aussi beau et stylé que lui. Et ça ne nous ressemblait pas. Je ne suis pas la mode, et Ab, c’est pareil. On est stylé juste parce qu’on est nous même, mais on essaie pas de plaire. Du coup, restons moche !

ABGOHARD is from my crew, ICK (Inner City Kids). The reason we went with the name Ugly Boyz is because when we started in 2014, there was this whole movement like ASAP Rocky, and he was doing super cool shit but everyone after that wanted to be the fashion killer themselves and was trying to copy his style. They wanted to wear shirts down to the knees with skinny black jeans. So everyone tried to be pretty – cos he’s fucking pretty - and stylish. And that wasn't us. I’m not really into fashion and Ab is the same way, like we’re stylish in our own way because we’re ourselves but we're not trying to be pretty. So let's keep it ugly.

Tu n’aimes pas la mode ? Pourtant tu portes du Stüssy, du Mishka…

Are you into fashion? I see you’re wearing lot of Stüssy, Mishka…

Je me soucis plus du style que de la mode, j’imagine. Je ne connais pas la différence d’un point de vue technique, mais c’est juste que je veux me sentir à l’aise et représenter mon état d’esprit et mes convictions. Les marques que je porte sont créées par des gens qui partagent cet état d’esprit. Je ne m’attache pas à une marque. Et comme tu peux le voir, je n’ai aucun logo sur moi…

I would say I care more about style than fashion, I guess. I don’t know what the technical difference is, but to me, it’s just means I wanna feel comfortable and look like I’m representing my mindset and my beliefs in my clothing. And I think some of those brands are made by like-minded people. I never get too attached to a brand. As you see, I don’t have any logos on me…

Je vois quand même que tu portes des Vans…

I can see you’re wearing a pair of Vans…

(rires), bon ok, je porte beaucoup de Vans…

(laughs) Yes, ok, I wearing Vans a lot.

Parlons sneakers alors !

So let’s talk about sneakers…

Oui, j’aime porter les low tops de Vans. Les blanches sont mes préférées, je les porterais jusqu’à ce qu’elles soient marrons et toutes pourries si je le pouvais. J’aime les Stan Smith. J’aime les chaussures simples. J’aime aussi les Jordans, mais elles sont trop chères. Jordan 3, 4… Je ne pense pas qu’on fasse mieux que ça un jour.

Yes, I was always just wearing the low top Vans. The white ones were my favorite, but I would wear them until they were fucking brown, like garbage. I like Stan Smiths. I like simple shoes. I mean, I like Jordans but they’re too expensive. But Jordan 3s, Jordan 4s… I don’t think people are making any better stuff ever.

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Te souviens-tu de ta première paire ?

And do you remember your first pair of sneakers?

Oui ma mère ou mon père m’achetaient souvent des paires de chez Payless Shoe Stores. Vous avez ça en France ?

My mom or my dad used to buy me stuff in Payless Shoe Stores. Do you have Payless in France?

Non…

No we don’t…

C’est de la merde, c’est genre des imitations à 10$. Un jour pour mon anniversaire, ma grand-mère m’a acheté les Nike Penny Hardaway, qui étaient pour moi les meilleures pompes du monde. Les noires avec la matière blanche et l’hologramme bleu. Je les portais constamment. Un jour, j’ai marché sur un clou, et comme elles ont des bulles d’air - ça a fait “pshhhhhh””. Et le pire, c’est que j’ai continué à les porter après ça !

It’s shitty, it’s like knock-off 10 dollar shoes. And on day I went with my grandma, and for my birthday she got me Nike Penny Hardaway shoes, which I thought were the greatest thing in the world. Like the black ones with white foam and the blue hologram. I always wore them, and then one day, I stepped on a nail – and they’re like Nike Airs - it just popped pchhhhhh and I still wore them after!

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