The Next Door, le sanctuaire de la mode à Paris
Partie d’Avignon et débarquée en janvier dans la Capitale, l’enseigne The Next Door s’installe au 10 rue Beaurepaire dans le dixième arrondissement. Nicolas Vars, le fondateur, s’est associé à Antoine Floch et Olivier Migda de l’équipe MAN/WOMAN pour proposer un shop inédit. Avec plus de soixante marques présentées dans un lieu de 800m2 et une sélection premium et pointue, il n’y a aucun doute que l’enseigne s’impose comme un nouveau sanctuaire de la mode.
Nicolas, racontez-nous votre parcours.
En 1999, j’ai ouvert la boutique Circle à Avignon qui est toujours en activité mais que j’ai revendue à mon manager qui a tenu la boutique pendant des années. C’était un shop entièrement dédié à la skate culture dont je suis issu. En 2006, j’ouvre une boutique femme qui s’appelle Circle lady qui est un peu le pendant féminin puis en 2008, j’ouvre e Next Door, toujours à Avignon.
Quelles étaient vos motivations pour ouvrir The Next Door ?
Je me retrouvais un peu moins dans cette esthétique skate plus kids même si je n’ai rien contre surtout que ce genre de silhouette est complètement dans l’air du temps grâce à la culture de Los Angeles mais j’avais envie d’aller vers des marques plus mûres et premium comme A.P.C.
Quelques années plus tard, vous ouvrez aussi Acte II…
Tout à fait et on a créé le site entre temps en 2008. Acte II, nous l’avons ouvert dans un lieu exceptionnel qui est le tout premier théâtre historique d’Avignon avec 12m de hauteur sous plafond. Sa façade est classée et Molière y a joué deux fois. C’est un bâtiment chargé d’émotion. Après avoir fait plusieurs voyages entre Tokyo, Los-Angeles etc, je me suis dit que c’était super de pouvoir proposer cette belle adresse. La segmentation et le choix des marques s’est fait en montant en gamme : MARNI, COMME des GARÇONS, Undercover, Sacai, Junya Watanabe… Une sélection un peu plus créateur même si nous choisissions toujours des produits à l’ADN street. Aujourd’hui le nom Acte II va disparaître, nous regroupons tout sous l’enseigne The Next Door.
Qu’est-ce que ça signifie pour vous d’ouvrir à Paris ?
On va continuer à monter en gamme. The Next Door signifie ouvrir la porte d’à côté pour y découvrir toujours plus. C’est exactement ce qu’il se passe à Paris, nous concrétisons le lien entre le haut de gamme et la street culture. De plus, l’accueil des parisiens a été extraordinaire.
Est-ce que vous proposez des marques que vous n’aviez pas avant ?
Cela va arriver, on clôture les achats en ce moment. Il y a pas mal de surprises à venir. On essaye d’éviter de suivre ce que font les autres magasins, on marche à l’affectif. On ne s’interdit rien.
La clientèle que vous visez aujourd’hui, quelle est-elle ?
Des gens comme nous qui aiment la mode et les beaux produits mais qui n’ont pas envie de se déguiser. On veut de beaux produits identitaires.
Il y a aussi une dimension très lifestyle dans ce nouveau shop…
Je me suis associé avec Antoine et Olivier, les fondateurs du salon Man/Woman qui ont un gros point fort sur l’événement et la communication. On souhaite devenir, en toute humilité, une vitrine internationale. On aimerait que chaque événement ait une thématique, une activation particulière. On discute beaucoup avec les marques pour présenter les sorties de produits exclusifs de manière innovante et évidemment de lier tout ça à des soirées avec des DJ, des buffets etc. On est aussi en pour-parler pour ouvrir un véritable espace café. Le shop deviendrait au quotidien un lieu de rencontre où l’on pourrait boire un jus de fruit, écouter de la musique, lire un magazine…
On parle aussi d’un concept « phygital » dans votre shop. Pouvez-vous nous en dire plus ?
60% de notre business aujourd’hui passe par internet donc en arrivant avec de l’édito, du lookbook, j’espère que l’on pourra évoluer. Sachant que ce shop physique est une sorte de vitrine scénographiée et qu’il ne montre pas la totalité de nos stocks, ces écrans sont aussi un moyen de voir tout de ce que l’on propose. On peut demander à les voir, les essayer, partir avec ou se les faire livrer par coursier etc. Tous les produits seront consultables sur ces écrans tactiles.
Parlez-nous du collectif Bonsoir Paris qui a réalisé le design du shop.
Ce sont de vrais créatifs. Ils ont bossé pour Etudes, Nike, Saint-Laurent. Ce sont des artistes touche-à-tout. Il faut savoir que pour ouvrir ce shop, tout a été signé en septembre donc le projet a entièrement été réalisé en quatre mois. Nous sommes directement tombé sur les bonnes personnes qui ont complètement cerné ce que l’on souhaitait.
Dans l’esthétique du lieu, vous mêlez un esprit à la fois brut, léché et élégant. Comment les différents espaces ont-ils été pensés ?
Il y a 800m2. Deux sous-sols sont consacrés au studio photo, au site internet SAV, au stock. Le -1 est réservé à la partie sneakers street avec des distributions exclusives et aux gammes les plus premium comme NikeLab, Martin Rose, adidas Consortium. On a d’ailleurs une collaboration à venir avec adidas Consortium sur deux silhouettes en juillet. Elle se fera autour du théâtre an hommage à Avignon. Le rez-de-chaussée est consacré à la partie créateurs haut-de-gamme. Le +1 développera une partie accessoires, high-tech et eyewear. Le +2 sera le store-in-store. Mais par la suite, pourquoi pas changer selon les sorties, on ne veut pas cloisonner des espaces non plus.
Vous êtes les seuls en France à avoir présenté MAINS, la marque de Skepta. Comment cela s’est-il passé ?
Nous travaillons avec Alex Sossah qui a un très fort lien avec le monde de la mode et de la musique. Olivier mon associé avait travaillé avec lui pour le magazine WAD. Désormais Alex est sur Londres et a ouvert son agence qui s’appelle Metallicinc. Il va intervenir en tant que curateur culturel et bossera sur le merchandising d’artistes etc..
Quelle est la prochaine étape ?
Que la boutique soit pérenne, que ça plaise. On a plus de retombées que l’on espérait.