Les joues blushées et le sourire aux lèvres, c’est avec deux énormes valises remplies de fourrures couleurs guimauves, de boots multicolores et d’accessoires en tout genre qu’elle fait son entrée dans notre studio. Passer inaperçue ? Très peu pour elle. Chanteuse et rappeuse découverte avec son premier EP Purrr! en 2014, c’est en 2018 avec son joke hit Mooo! que sa notoriété décolle en flèche. Avec un clip construit tel un mème frontalement voué à toucher la génération internet dont elle est issue, l’américaine aux perruques fantasques fait sensation dans un outfit vache en susurrant « Bitch, I’m a cow ». Son album éponyme Amala, éclectique à souhait, dessine quant à lui les traits d’un personnage drôle, sexy et attachant.
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Tee-shirt: Diesel
Sunglasses: Prada (disponible chez Matchesfashion.com)
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Jacket: Yazbukey
Dress: Diesel
Shoes: both
Headphones: Skull Candy
Jewelry: Yazbukey
Bag: Pinko
Accessories: Manga Dori shop
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21 Octobre 1995, Amala Zandile Dlamini aka Doja Cat vient au monde dans une banlieue proche et ensoleillée de Malibu. Elle déménage quelques années plus tard pour la Grosse Pomme dont sa mère est originaire, avant de repartir s’installer à Los Angeles à l’âge de six ans. Issue d’une famille intimement liée au monde de l’art, la chanteuse et compositrice ne se doute pourtant pas forcément de sa destinée toute tracée. Sa grand-mère peint et donne à sa mère le goût du pinceau et du design textile. Son père, d’origine sud-africaine, danse sous les projecteurs étincelants de Broadway et se produit dans l’emblématique comédie musicale du Roi Lion.
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Jacket: Monki
Sweat: Y-3
Pants: Natasha Zinco ( disponible chez Matchesfashion.com )
Bag: Manish Arora
Jewelry: Bimba y Lola
Sunglasses: Loewe
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« J’ai complètement pris de mes deux parents dans mon approche artistique. Ma mère chantait, jouait de la guitare et me donnait quelques leçons de piano quand j’étais gamine. J’ai aussi beaucoup dansé. J’ai fait du ballet pendant 7 ans, du jazz et du break-dance » Qu’à cela ne tienne, à 15 ans et bien que parfaitement tétanisée de se produire devant qui que ce soit, Amala passe quelques auditions par-ci, par-là. L’angoisse la submerge mais l’envie est là : un jour, elle deviendra l’énergique et exubérante Doja Cat que l’on connaît. Travail et acharnement, cloisonnée à double tour dans sa chambre de teenager, la poussent à enregistrer ses premières ébauches sur Garageband et à les glisser sur la toile. Plateforme SoundCloud comme vitrine, Doja Cat dévoile son titre So High en 2013 et signe l’année d’après avec le prestigieux label RCA Records.
Matrixée par le premier album de Rihanna, la voix de velours d’Amy Winehouse, la pop lascive de Britney Spears ou la puissance d’Erykah Badu, Doja Cat puise partout. Du flow codéiné d’A$AP Rocky à l’énergie underground d’Atmosphere en passant par l’Indie Rock ou le Metal, ses inspirations multiples la conduisent doucement vers la construction de son univers éclectique. Son premier EP Purrr! est dévoilé en 2014 et la place comme un espoir du rap et R’n’B féminin. Produite par Dr. Luke (Nicky Minaj, Rihanna, T.I), elle s’associe à différents beatmakers comme les français Needle et Dream Koala. Pendant quatre ans, alors que l’industrie de la musique bat son plein, Doja Cat se fait discrète. En 2018, elle présente son premier album : Amala. « C’était super dur de sortir quoi que ce soit. Je ne comprenais pas vraiment ce qui était en train de se passer. Je fumais beaucoup de weed, je buvais beaucoup et je sortais avec des gens au hasard qui prenaient de la drogue. J’avais juste envie de m’amuser. Je ne prenais pas ça comme un job. C’était comme-ci j’explorais ce nouveau monde » analyse t-elle avant d’ajouter « Mon label, ma team : tout était en train de se développer et ce n’était pas évident d’être soutenu. Parfois ça prend juste dix fois plus de temps de comprendre ce que tu veux faire et ce que tu veux devenir. Je ne m’étais pas encore trouvée musicalement. »
Aujourd’hui, Doja Cat laisse derrière elle nombreux de ses démons. Plus inspirée, plus confiante : l’album qu’elle offre à son public sublime toutes ses facettes : kawaii, lumineuse, pop et vitaminée à l’instar de morceaux comme Juicy, Candy ou Go to town. « Cet album marque le début de quelque chose de très beau. Je voulais quelque chose de pop et rap. Même si le rap d’aujourd’hui est très axé trap, mon album ne l’est pas spécialement. C’est un mix de beaucoup de choses. Le prochain projet qui sortira d’ici quelques mois sera aussi dans cet esprit » précise t-elle. En mars dernier, elle dévoile une version deluxe de son album sur lesquels apparaissent des titres comme le notable Mooo! qui accumule plus de 40 millions de vues sur YouTube, salué par Chance The Rapper. Pourtant ce titre conçu « avec des internautes était simplement du dixième degrés. J’ai eu une fièvre acheteuse avant une tournée et je me suis retrouvée avec énormément de costumes dont ce fameux ensemble vache que je me suis amusé à porter sur un chat online » raconte t-elle. C’est ainsi qu’elle capitalise avec brio sur une auto-dérision qu’elle mêle à la captivante culture 2.0 des mèmes. « Mon cerveau est envahi par les mèmes. Mon préféré, c’est la meuf qui croise un rat dans un Walmart. Le bruit qu’elle fait est juste génial. (rires) Je suis aussi complètement fan du gamin qui hurle « niaaaaa » en se cognant la tête sur son ballon de basket. » dit-elle en riant aux éclats. « J’aime l’ironie, les détournements, être parfois un peu ringarde. Je trouve ça aussi très drôle de m’habiller comme une poupée barbie en rappant comme un dude. »
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Pants: Natasha Zinco ( disponible chez Matchesfashion.com )
Shoes: Manish Arora
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Effectivement. Son flow de kicker est palpable, même face à la frénésie de sa digne alliée Rico Nasty, dans le titre qu’elle partage à ses côtés, Tia Tamara. Un son que l’on peut de surcroit considérer comme symptomatique d’une génération qui grandit avec des références telles que la série Sister, Sister, les Chia Pets ou l’iconique Aaliyah. « C’est un morceau drôle qui parle à la génération 90’s, particulièrement aux femmes noires. » Les deux jeunes femmes ont d’ailleurs fait appel à la réalisatrice Roxana Baldovin (Gucci Mane, Kehlani, Lil Uzi Vert) pour clipper avec une audacieuse avalanche de couleurs ce titre loufoque. Doja, qui grandit quelque part entre Sailor Moon et Kiki la petite sorcière a fait de son imagerie comme de son look un terrain de jeu sans limite. « Depuis mes 12 ou 13 ans, j’ai une obsession pour les tendances Kawaii et je me suis mise à customiser mes fringues. Au Japon par exemple, beaucoup utilisent les poupées comme de véritables accessoires de mode. Je me suis fabriquée illico une poupée avec un coussin en forme de sushi que je portais accroché à mes tutus. » Désormais, celle qui ne jure que par Dolls Kill, Naked Wolfe ou Fila et qui se dit fascinée par les tendances Health Goth, incarne ce à quoi elle aspirait : être une femme talentueuse, créative, décomplexée par son corps, car c’est important, et libre de sa sexualité.