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Mr Porter “The Japan Edit” : 122 pièces au cœur du Japon

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Posté par Erwan Helleux - 6 mai 2019

Mr Porter “The Japan Edit” : 122 pièces au cœur du Japon

Le fameux retailer spécialisé dans la mode masculine présente, aujourd’hui, une collection réalisée avec les 15 designers les plus influents du Japon. Le résultat ? Une collection très complète et rafraichissante sur laquelle on a, c’est vrai, un peu flashé à la rédaction.

Fondé en 2011, Mr Porter est devenu en quelques années l’une des références mode tant par ses choix en termes de marque proposées, que ses propres pièces ou périodiques. Et si l’enseigne dispose déjà de deux marques (Kingsman et Mr. P.), elle tend à proposer des créations inédites avec la fine fleur de la mode mondiale. Si en 2017, Mr Porter rendait hommage à la Californie, puis en 2018, au style Français à travers des collections, déjà très réussies, c’est bien au Japon que rend hommage cette collaboration “Japan Edit”.

Pour rendre compte de l’esthétique du pays du soleil levant, Mr porter est allé à la rencontre de ceux qui font la mode raffinée et casual contemporaine de l’île. Ils sont 15 créateurs à avoir pu créer chacun leur capsule : Ambush, Auralee, Beams Plus, Blackmeans, Blue Blue Japan, Flagstuff, Hender Scheme, Human Made, Kapital, Mizuno, Needles, Neighborhood, Remi Relief, TakahiroMiyashita TheSoloist. et Wacko Maria x Fragment Design.

Chacun a ainsi pu faire parler sa créativité et son savoir-faire pour composer cette collection de 122 pièces. Très varié, ce “Japan Edit” propose autant des perfectos cloutés, que des pièces en jeans à imprimés ou non, des bijoux, de la maroquinerie ou même des sneakers performances à l’allure futuriste de chez Mizuno. Ainsi chacun peut y trouver son bonheur, de l’adepte des pièces casuals, aux finitions et coupes parfaites jusqu’à l’explorateur des styles qui n’hésitera pas à assembler les couleurs et jouer sur les divers motifs.

Face à cette collection, un sentiment prend tout de même le dessus. C’est peut-être parce que les beaux jours ne sont plus très loin, mais cette collaboration XXL sent bon l’été et son vestiaire. Entre la chemise tie & dye reprenant les couleurs du coucher de soleil hawaïen de chez Ambush, les créations en patchwork et jean très colorées imaginées par Kapital, la volonté est claire : l’été sera japonais ou il ne sera pas.

Les visuels illustrant cette nouvelle collaboration de Mr Porter sont imaginés par l’artiste londonien Tishk Barzanji. Ce shooting met en scène quatre tableaux japonais : la vie nocturne de Tokyo, son architecture classique, les bars traditionnels japonais et le salon de thé moderne. Bonne nouvelle, la collection composée de 15 capsules ” The Japan Edit” est d’ores et déjà disponibles sur le shop de Mr Porter. Les marques japonaises ne cessent donc jamais d’impressionner, comme Bape et sa collaboration avec UGG que nous vous avons présenté il y a quelques jours.

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The Next Door, le sanctuaire de la mode à Paris

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Posté par Erwan Helleux - 6 mai 2019

The Next Door, le sanctuaire de la mode à Paris

Partie d’Avignon et débarquée en janvier dans la Capitale, l’enseigne The Next Door s’installe au 10 rue Beaurepaire dans le dixième arrondissement. Nicolas Vars, le fondateur, s’est associé à Antoine Floch et Olivier Migda de l’équipe MAN/WOMAN pour proposer un shop inédit. Avec plus de soixante marques présentées dans un lieu de 800m2 et une sélection premium et pointue, il n’y a aucun doute que l’enseigne s’impose comme un nouveau sanctuaire de la mode.

Nicolas, racontez-nous votre parcours.

En 1999, j’ai ouvert la boutique Circle à Avignon qui est toujours en activité mais que j’ai revendue à mon manager qui a tenu la boutique pendant des années. C’était un shop entièrement dédié à la skate culture dont je suis issu. En 2006, j’ouvre une boutique femme qui s’appelle Circle lady qui est un peu le pendant féminin puis en 2008, j’ouvre e Next Door, toujours à Avignon.

Quelles étaient vos motivations pour ouvrir The Next Door ?

Je me retrouvais un peu moins dans cette esthétique skate plus kids même si je n’ai rien contre surtout que ce genre de silhouette est complètement dans l’air du temps grâce à la culture de Los Angeles mais j’avais envie d’aller vers des marques plus mûres et premium comme A.P.C.

Quelques années plus tard, vous ouvrez aussi Acte II…

Tout à fait et on a créé le site entre temps en 2008. Acte II, nous l’avons ouvert dans un lieu exceptionnel qui est le tout premier théâtre historique d’Avignon avec 12m de hauteur sous plafond. Sa façade est classée et Molière y a joué deux fois. C’est un bâtiment chargé d’émotion. Après avoir fait plusieurs voyages entre Tokyo, Los-Angeles etc, je me suis dit que c’était super de pouvoir proposer cette belle adresse. La segmentation et le choix des marques s’est fait en montant en gamme : MARNI, COMME des GARÇONS, Undercover, Sacai, Junya Watanabe… Une sélection un peu plus créateur même si nous choisissions toujours des produits à l’ADN street. Aujourd’hui le nom Acte II va disparaître, nous regroupons tout sous l’enseigne The Next Door.

Qu’est-ce que ça signifie pour vous d’ouvrir à Paris ?

On va continuer à monter en gamme. The Next Door signifie ouvrir la porte d’à côté pour y découvrir toujours plus. C’est exactement ce qu’il se passe à Paris, nous concrétisons le lien entre le haut de gamme et la street culture. De plus, l’accueil des parisiens a été extraordinaire.

Est-ce que vous proposez des marques que vous n’aviez pas avant ?

Cela va arriver, on clôture les achats en ce moment. Il y a pas mal de surprises à venir. On essaye d’éviter de suivre ce que font les autres magasins, on marche à l’affectif. On ne s’interdit rien.

La clientèle que vous visez aujourd’hui, quelle est-elle ?

Des gens comme nous qui aiment la mode et les beaux produits mais qui n’ont pas envie de se déguiser. On veut de beaux produits identitaires.

Il y a aussi une dimension très lifestyle dans ce nouveau shop…

Je me suis associé avec Antoine et Olivier, les fondateurs du salon Man/Woman qui ont un gros point fort sur l’événement et la communication. On souhaite devenir, en toute humilité, une vitrine internationale. On aimerait que chaque événement ait une thématique, une activation particulière. On discute beaucoup avec les marques pour présenter les sorties de produits exclusifs de manière innovante et évidemment de lier tout ça à des soirées avec des DJ, des buffets etc. On est aussi en pour-parler pour ouvrir un véritable espace café. Le shop deviendrait au quotidien un lieu de rencontre où l’on pourrait boire un jus de fruit, écouter de la musique, lire un magazine…

On parle aussi d’un concept « phygital » dans votre shop. Pouvez-vous nous en dire plus ?

60% de notre business aujourd’hui passe par internet donc en arrivant avec de l’édito, du lookbook, j’espère que l’on pourra évoluer. Sachant que ce shop physique est une sorte de vitrine scénographiée et qu’il ne montre pas la totalité de nos stocks, ces écrans sont aussi un moyen de voir tout de ce que l’on propose. On peut demander à les voir, les essayer, partir avec ou se les faire livrer par coursier etc. Tous les produits seront consultables sur ces écrans tactiles.

Parlez-nous du collectif Bonsoir Paris qui a réalisé le design du shop.

Ce sont de vrais créatifs. Ils ont bossé pour Etudes, Nike, Saint-Laurent. Ce sont des artistes touche-à-tout. Il faut savoir que pour ouvrir ce shop, tout a été signé en septembre donc le projet a entièrement été réalisé en quatre mois. Nous sommes directement tombé sur les bonnes personnes qui ont complètement cerné ce que l’on souhaitait.

Dans l’esthétique du lieu, vous mêlez un esprit à la fois brut, léché et élégant. Comment les différents espaces ont-ils été pensés ?

Il y a 800m2. Deux sous-sols sont consacrés au studio photo, au site internet SAV, au stock. Le -1 est réservé à la partie sneakers street avec des distributions exclusives et aux gammes les plus premium comme NikeLab, Martin Rose, adidas Consortium. On a d’ailleurs une collaboration à venir avec adidas Consortium sur deux silhouettes en juillet. Elle se fera autour du théâtre an hommage à Avignon. Le rez-de-chaussée est consacré à la partie créateurs haut-de-gamme. Le +1 développera une partie accessoires, high-tech et eyewear. Le +2 sera le store-in-store. Mais par la suite, pourquoi pas changer selon les sorties, on ne veut pas cloisonner des espaces non plus.

Vous êtes les seuls en France à avoir présenté MAINS, la marque de Skepta. Comment cela s’est-il passé ?

Nous travaillons avec Alex Sossah qui a un très fort lien avec le monde de la mode et de la musique. Olivier mon associé avait travaillé avec lui pour le magazine WAD. Désormais Alex est sur Londres et a ouvert son agence qui s’appelle Metallicinc. Il va intervenir en tant que curateur culturel et bossera sur le merchandising d’artistes etc..

Quelle est la prochaine étape ?

Que la boutique soit pérenne, que ça plaise. On a plus de retombées que l’on espérait.

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Wit. veut sortir de la matrice

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Wit. veut sortir de la matrice

Posté par Erwan Helleux - 4 mai 2019

Oppressé et tiraillé par les vices symptomatiques de notre époque, Wit. contemple les astres pour essayer de façonner son propre microcosme. Une fascination spatiale qui pousse le montpelliérain à essayer de se jouer de la temporalité et peut-être atteindre le futur, même illusoire. Après quatre EPs protéiformes entre 2016 et 2017 et une année 2018 d’exploration tant introspective qu’artistique, le 10 titres Nēo s’avère être un nouveau départ déterminant et ambitieux.

“Je suis fasciné par le lointain : l’espace, les étoiles et le soleil. J’y fais référence inconsciemment. Ces réflexions font vraiment partie de ma vie.” confie l’artiste, qui s’envole pour faire face à l’astre solaire dans le renversant clip de Dahlia. Aussi bien ses métaphores cosmiques que ses instrumentales atmosphériques révèlent un magnétisme psychologique qui le hante et perdure au fil des années. “Pour le visuel de Dahlia, on s’est vraiment inspiré de l’atmosphère sonore du morceau et de mon propos.” explique Wit., qui précise “Même au quotidien je suis quelqu’un de spatial, de lunaire.” Un personnage presque lunatique au vu de la versatilité et parfois de la complexité de sa musique.

Tel un prisme de lumière, le rappeur du sud filtre, fusionne tout ce qui l’a construit et toutes les fulgurances artistiques qui l’ont traversé à un moment de son existence. L’impressionnant Mamacita signé Travis Scott, l’audace de Young Thug, les lyricistes du label californien Top Dawg Entertainment, Schoolboy Q et Kendrick Lamar en tête, et l’énergie des SoundCloud rappeurs floridiens enrichissent une créativité toujours plus incandescente et aguerrie. “J’aimerais réaliser la synthèse de tout ce qui se fait en ce moment pour marquer mon temps.” espère le protagoniste du flamboyant Illumine, qui précède et anticipe l’hybridation de Nēo, entre triste réalisme et fantaisie céleste. Un morceau déterminant dans son évolution qui a été conçu à la vitesse de la lumière “TBMA m’a proposé de les suivre au Japon avec Jey. J’ai écrit le morceau dans le train et je l’ai posé chez Lay. Puis on est parti le lendemain à Tokyo.” raconte l’intéressé.

“Je m’inspire de ce futurisme pour essayer d’être en avance sur mon temps”

Une nouvelle direction que le montpelliérain emprunte discrètement l’an dernier : les sons postés ici et là sur SoundCloud sont des expérimentations sonores qui deviendront les fondations de ce cinquième projet. Au-delà d’un clin d’œil évident à Matrix, “Nēo signifie également “nouveau”. Ce projet est comme un nouveau départ, je n’avais jamais proposé une musique aussi aboutie.” explique Wit., qui poursuit “J’ai fait un pas vers la forme mais j’ai dû délaisser le fond par moments, et je dois y faire attention. Il y aura toujours de la profondeur dans mes sons et je dois mieux l’exploiter.

Jacket & Pants: ARTHUR AVELLANO
Sneakers: NIKE React Runner Mid WR ISPA

Un dévouement intellectuel, presque militant, qui voit son équilibre être bouleversé par le quotidien agité et changeant de son porte-parole. “Le mode de vie parisien m’a perverti. Dans Nēo, j’évoque davantage cette envie d’argent, de posséder, de briller même si je sais que là n’est pas l’essentiel.” observe le rappeur, lucide.

Un dévouement intellectuel qui tourmente ce monde naissant contrôlé par la polyvalence de Wit., producteur et interprète depuis ses débuts. Un dévouement intellectuel genèse de cette indépendance créative, qui n’omet pas de convoquer les racines algériennes de son instigateur : “Je suis parti de la maison familiale assez tôt mais enfant, on écoutait énormément de musique traditionnelle algérienne ou de raï. Aujourd’hui ces morceaux me prennent au cœur.” Un dévouement intellectuel qui remet en question notre civilisation et bouscule nos perspectives sociétales, à l’instar de l’iconique Matrix.

Jacket: Samsøe & Samsøe
Harness: Asos
Pants: Y-3
Socks: Stance
Sneakers: Jordan Brand Air Jordan 19 retro
(disponible chez Sneakersnstuff)
Sunglasses: Komono

“Je suis plus attiré par une pièce que par la marque en général”

Pour moi, la matrice représente le monde dans lequel nous vivons. Quand je fais référence à Néo, je ne me prends pas forcément pour l’élu mais je pense avoir une autre réalité. Plus personnelle, plus sincère.” affirme Wit. Lui-même au cœur de cette superficialité et ce consumérisme difficilement évitables, il s’accroche à cette vision personnelle et existentielle face à “une société de consommation où l’on a l’impression de ne pas vraiment décider et de ne pas être totalement libre.” Une réflexion sur le libre-arbitre qui structure le long-métrage des sœurs Andy et Larry Wachowski mais également les intenses Blade Runner, Dune ou encore Total Recall. “J’ai toujours été en marge, notamment en ayant toujours su faire la différence entre le superficiel et le concret.” continue l’artiste, tout autant marqué par “l’esthétique avant-gardiste” de ces œuvres d’anticipation.

Jacket: Stone Island
Tee-shirt: Louis Vuitton
Pants: adidas Originals
Socks: Stance
Sneakers: NIKE Air Force 1 07 LV8 3
(disponible chez Sneakersnstuff)
Sunglasses: Peter & May
(disponible chez Marc le Bihan)

Je m’inspire de ce futurisme pour essayer d’être en avance sur mon temps.” : une aspiration ambitieuse que Wit. partage avec son frère d’une autre mère, Laylow, et le réputé collectif de réalisateurs “TBMA”. Partisan des prises de risques transgressives de Young Thug, l’auteur du solaire
Non-Stop annonce “Tant que ça me plaît, je peux tout essayer. Je n’ai pas de limites mise à part les vêtements féminins (rires).” S’impose alors un travail visuel exigeant afin de se distinguer : “Alors que la majorité se focalise sur le streetwear, je suis en pleine recherche pour continuer de me démarquer et aller chercher d’autres inspirations.

“Je choisis les tenues de mes clips selon l’énergie du morceau”

Il souligne ensuite “Je suis plus attiré par une pièce que par la marque en général (…) Je choisis les tenues de mes clips selon l’énergie du morceau en question.” À l’image du label coréen Ader Error, des créations du japonais Yohji Yamamoto ou de la marque toulousaine Fa††oyz, qui s’empare des univers digitaux et bioniques, Wit. sublime le réel et vise grand. “J’ai voulu faire mieux que par le passé mais pour moi il y a encore bien mieux à proposer.” présage-t-il. Une ambition qui vient forcément des étoiles et qui n’a pas encore trouvé de pied-à-terre. “Où vais-je aller là, maintenant ?” se demande ainsi l’artiste dans Aller sans retour, dernier morceau de Nēo.