Rencontre avec l’activiste et l’égérie Palladium @UglyWorldWide
Jazzelle Zanaughtti aka @Uglyworldwide est depuis plusieurs saisons le visage de la marque footwear Palladium et s’apprête à sortir quatre paires de Pallakix au look 90’s. Ce mannequin au demi-million d’abonnés a fait ses armes sur Instagram en prônant un lifestyle et un courant de pensée brisant les normes de la beauté. On a voulu en savoir plus sur cette créative inspirante qui repousse les limites et la perception de la mode.
Tu es née à Detroit avant de déménager pour Chicago. Quand tu étais adolescente, savais-tu déjà que ton look et ta personnalité non conventionnels deviendraient ta force ?
Je dirais même mieux : ce sont ma vision du monde peu conventionnelle et ma manière de vivre qui ont toujours fait ma force.
À quel moment as-tu commencé à t’affirmer, à te sentir toi-même ? Quand j’avais 17 ans et que je me suis enfuie à Chicago toute seule, j’ai eu la chance de recommencer à zéro, d’être qui je voulais être. Ce n’est qu’en effaçant l’ardoise que j’ai pu me sentir libre, prendre un nouveau départ et être ce que j’ai toujours voulu être. J’ai, du moins, tout mis en œuvre pour le devenir.
Penses-tu que le monde commence à être plus ouvert avec les looks qui se démarquent, qui brisent les conventions?
Le monde a définitivement commencé à évoluer de cette façon. Les marques n’ont jamais été aussi inclusives. C’est la première étape pour que le monde commence à accepter et normaliser les gens et les choses différentes.
Que penses-tu d’être considérée comme une icône des cultures underground ?
Je ne me suis jamais vraiment considérée comme une icône, je suis juste moi. (rires) En revanche, c’est très cool de sentir que je fais partie d’une communauté de gens comme moi et d’être reconnue pour le travail que j’y fais !
Comment as-tu rencontré Nick Knight ? Tu as collaboré avec lui bon nombre de fois.
J’ai rencontré Nick Knight sur Instagram il y a quelques années. Je vivais encore à Chicago à l’époque. Je venais de me raser la tête quelques jours avant qu’il m’envoie un message privé pour un éventuel shooting pour Another magazine. Après mon retour de Londres pour cette production, j’ai déménagé à New York. Ce tournage a été extrêmement important dans ma carrière. Nick est un incroyable visionnaire et il est devenu la personne avec laquelle je préfère travailler. Chaque shoot que nous faisons est toujours très pointu, il repousse les limites de la photographie de mode.
Vous avez récemment fait ensemble le court métrage: “Disrupt, distort, disguise”. Peux-tu nous expliquer le concept ?
En résumé, il s’agit d’une réinvention de soi, d’une sorte de renaissance. Pas pour s’intégrer au sein d’une société, mais plutôt pour se démarquer. Cette vidéo montre aussi comment la société perçoit ceux qui sont en marge.
Quelles sont tes inspirations ?
Je m’inspire de ceux qui n’en ont rien à foutre d’être jugés, des gens qui ne s’excusent pas. Je suis spirituellement inspirée par ceux qui ont une énergie inébranlable, ceux qui choisissent d’être une force de lumière. Physiquement, je suis inspirée par les années 70, 90, et le début des années 2000. Plus généralement, je m’inspire de choses random que j’aime, de lieux, de couleurs…
L’an dernier, tu as fait ta première campagne avec Palladium intitulée #DARETHEUNKNOWN. Quelles sont les choses inattendues que tu as fait dans ta vie ?
Disons que j’ai pris plusieurs risques, comme me raser le crâne un jour sur un coup de tête. Comme déménager à Chicago à l’adolescence ou déménager à New York avec 100$ tout en faisant tout pour rester en vie et pour cultiver une vraie carrière. J’ai toujours pensé que je serais une artiste et que j’entrerais dans le monde de la mode, mais je ne m’attendais pas à ce que ce soit mon travail à plein temps.
Comment cette collaboration avec Palladium a-t-elle débuté ?
Après avoir passé un super moment avec l’équipe de Palladium sur la campagne #DARETHEUNKNOWN, ils m’ont contacté et m’ont demandé si je souhaitais faire un modèle en collaboration avec eux. L’énergie qu’ils donnent tous et le fait que Palladium soit une marque si importante dans la culture underground, je ne pouvais qu’accepter. Nous avons uni nos forces et ils m’ont donné la liberté créative dont j’avais besoin pour créer cette chaussure mini-moi !
Tu as conçu 4 silhouettes Pallakix. Peux-tu m’en dire plus sur le processus créatif ?
Je voulais incarner ma personnalité et mes valeurs dans ces chaussures. Le pansement, qui est aussi tatoué sur ma jambe, représente la guérison et l’évolution que nous traversons. Cela signifie que vous tomberez forcément mais c’est la façon dont vous vous relèverez qui fera de vous qui vous êtes. Je dis toujours que je suis inspirée par les gens qui ne s’excusent pas. J’ai donc décidé d’ajouter à l’intérieur de la chaussure un autre de mes tatouages qui représente un majeur en l’air. C’est une sorte de piqure de rappel quand on les enfile qui nous dit d’avoir confiance en nous, en nos décisions et de se foutre des jugements. Sur la paire jaune et la noire, nous avons ajouté une semelle un peu usée pour faire écho au travail acharné, aux luttes et ce à quoi nous sommes confrontés lorsqu’on s’efforce de réaliser nos rêves.
Que peux-tu espérer de ceux qui porteront tes créations ?
Que tous ceux qui les portent se sentent libres, ressentent leur propre pouvoir et leur magie.
Quels sont selon toi les points essentiels dans le footwear ?
Bien que j’aime énormément les chaussures hautes, ce n’est pas toujours le bon moment pour en porter ! Dans mes chaussures de tous les jours, je recherche en permanence la polyvalence, le confort et la légèreté. Toujours avec une touche spéciale, que ce soit une couleur ou un détail. Je veux que mes chaussures aient un truc spécial !
Quel sera ton look pour l’automne/hiver19 ?
J’imagine un look avec un pantalon très ample, un corset ou un petit t-shirt, avec un hoodie zippé avec une grosse capuche et un long manteau par dessus. J’ajoute soit de gros talons, très souvent des bottes tabi ou des grosses boots militaires. C’est ma silhouette préférée. J’aime aussi beaucoup mélanger les motifs et les pièces monochromes.
Quelles sont les marques textiles que tu portes en ce moment ?
Quelques-unes de mes marques préférées sont Maison Margiela, Mowalola, et Nosesso pour ne citer qu’elles.
Quels sont tes prochains projets ?
Bien des choses arrivent mais je ne préfère pas les dire avant qu’elles soient sûres de sortir… Patientez et vous verrez !