À l’âge de 12 ans il prend la plume, poussé par les grands de son quartier. Désormais à la tête d’un label avec le rappeur S.Pri Noir, le petit devenu grand annonce son premier album.
Tout d’abord, qu-est-ce qui t’a donné l’envie de rapper ?
Ce qui m’a attiré, ce sont les clips que je voyais à la télévision. Quand il y avait les clips d’Eminem, je me mettais devant l’écran et je faisais déjà du yaourt. J’ai également été influencé par mes deux grands frères. À l’époque, on achetait des CD’s et ils arrivaient toutes les semaines avec des nouveautés. Il y avait aussi les grands de mon quartier qui rappaient, dont S.Pri Noir, et ça m’a motivé. Petit à petit, j’ai commencé à prendre le stylo.

Qu’est-ce qui vous a poussé, toi et S.Pri Noir, à créer votre propre label Nouvelle École ?
Il a été créé en 2009, parce qu’on avait besoin d’une structure. On savait qu’on était encore trop jeunes pour espérer signer dans une maison de disques, et on voulait quand même garder une certaine indépendance. On a donc créé notre propre label avec nos grands Moblack et Xa. C’est aussi une référence au fait qu’on est frais, peu importe l’âge. Même à 40 ans je serai de la Nouvelle École.
Est-ce que tu te rappelles de ta première scène ?
C’était un freeystyle lors d’une fête de quartier, le 3 juin 2007. J’étais tout petit et il y avait un Open Mic. Il y avait une instru et ça rappait, d’ailleurs il y avait S.Pri Noir. J’ai pris mon courage à deux mains, j’ai rappé et ça a bluffé le monde qui était là. Le lendemain au collège ça ressortait mes phases, c’était marrant.
Tu as partagé un morceau avec Kalash « Friendzone », comment l’as-tu rencontré ?
J’ai rencontré Kalash à l’occasion d’un showcase qu’il donnait à Cannes. J’y étais aussi avec mes potes, donc on est allé le voir. Il m’a interpellé en me disant « Oh, c’est toi Fresh, j’aime ce que tu fais », on s’est auto-congratulé et ça m’a fait plaisir de voir qu’il me donnait de la considération alors qu’il ne me connaissait même pas, dans un milieu rempli d’ego.
D’ailleurs, Booba a même twitté « J’écoute Still Fresh – Demande Moi (Feat S.pri Noir) – sur @oklmradio », qu’est-ce que ça fait d’être validé par le rappeur n°1 en France ?
Ça fait plaisir, c’est cool. On bosse pour ça et ça fait plaisir d’être reconnu par ses pairs.
Avec le titre « Collision », on a le sentiment que l’amour est devenu un thème que tu utilises de plus en plus…
Dans « Collision », je dévoile l’une de mes facettes, mais dans l’album qui sort, j’ai conservé mon côté rap un peu technique et mélodieux, sans parler des femmes en particulier. Mais c’est un thème qui nous touche tous, et j’aime bien évoquer les côtés sombres de l’amour.
Quels sont les artistes actuels qui t’inspirent ?
Travis Scott, Drake, Young Thug et Nej’ font parti des rappeurs qui m’inspirent, mais mon rappeur préféré, c’est Lil Wayne !
Et qu’est-ce que tu penses du rap français aujourd’hui ?
C’est bien, il y a plein de couleurs différentes, qu’on aime ou pas, il y des artistes talentueux. Depuis un an, il y a un style de rap qui émerge en France qui ne s’inspire pas du rap américain, mais qui puise son inspiration de l’Afrique. Il y a beaucoup de rappeurs originaires d’Afrique, donc on a puisé dans la culture de nos origines.
Côté mode, c’est « jamais sans ma casquette » ?
Jamais sans ma casquette ! J’en porte depuis que je suis petit. J’ai récemment posté une photo sur Instagram où j’étais avec S.Pri Noir qui date de presque 10 ans, et je porte une casquette. J’ai décidé de ne plus l’enlever pour un moment. J’ai une petite coupe sous la casquette, les gens qui me connaissent savent. (Rires).
Sur une de tes dernières photos Instagram tu portes une casquette Supreme et une ceinture Louis Vuitton, qu’est-ce que tu penses de la collab’ ?
J’ai vraiment bien aimé, je la trouve stylée. Au-delà du fait que ce soit Supreme et Louis Vuitton, je trouve que la collab’ propose de bons produits. J’aime cette rencontre entre l’univers de la street et du luxe.
En ce qui concerne les baskets, quelles sont tes favorites ?
Celles que je porte souvent et que j’aime vraiment, c’est la paire de Y-3 « Qasa High » parce que je suis fou de l’esthétique japonaise. Je trouve ce modèle atypique, j’aime avoir une paire rare et être le seul à la porter dans la rue. En ce qui concerne les sneakers, c’est comme ma musique, ça dépend de mon humeur. J’ai une paire d’adidas Ultra Boost « Full Black » que je peux porter tous les jours pendant une semaine.
Aujourd’hui, ta musique te permet de faire des concerts aux quatre coins de la France, tu as même fait des dates au Québec. Tu te vois où dans quelques années ?
Au Mali, dans le Stade Salif Keita, ce serait la consécration.