Wahof by Umbro - Marie Harmand
Nouvel équipementier du LOSC et de ses dogs, Umbro n’a pas présenté une énième campagne sur le foot pour lancer un nouveau maillot. L’opération WAHOF a débuté le 23 juin et se prolongera toute la saison. Plus qu’une opération de promotion, c’est l’expression d’une vision alternative et novatrice du football qui vise à rassembler le plus grand nombre de passionnés au delà des limites du stade pour faire de ce sport un moteur de création et de cohésion sociale et artistique jusqu’au centre de la cité. La ville de Lille devient un terrain de jeu pour la musique, le cinéma et le street art. Pour la révélation des maillots de la saison 2010/2011, une exposition éphémère s’est installée dans la Maison Folie de Wazemmes autour de cinq artistes - Marie Harmand, Mikostic, Sancé, Isham et Skip the Use - avec comme seul code les couleurs du LOSC : le rouge, le noir, le blanc et le jaune.
Focus sur Marie Harmand avec à suivre son interview…
Electron libre, humaniste et respectueuse de ses maîtres, Marie Armand se raconte :
Quel est ton parcours ? Ton univers ?
Mon parcours est celui d`une bachelière française qui, bac en poche, part étudier l`art en Belgique (à l’Institut Européen d`Arts Appliqués Saint Luc), option stylisme. J’ai travaillé en tant que styliste pendant une dizaine d`années dans les grandes centrales textiles du nord de la France. J’ai fait des enfants et suis partie les élever trois ans en Catalogne espagnole, dans un univers unique en terme de créativité, d’écologie et d’ouverture d’esprit à l’international. Il y a un peu moins de deux ans je suis revenue dans mon Nord natal, après un grand bain d’inspiration. Je couche sur la toile ce que j’ai envie de dire, me décidant à exposer huiles, acryliques puis collages et découpages dans les endroits les plus passants du vieux Lille, tout cela créant mon propre univers urbain, poétique, baroque, sensuel, sensitif et historique.
Quelles sont tes inspirations ?
La vie, depuis la nuit des temps jusqu’à demain. Je n’ai aucune limite ni frontière dans mes inspirations, elles se doivent juste d`être appropriées au message que je veux faire passer. Chaque dessin, chaque phrase, chaque photo représente un mot dans le cours de l`histoire que je veux raconter… Il peut s’agir d`événements aussi forts qu’anodins. Je cherche à jouer avec le conscient et l’inconscient de chacun d’entre nous. Je peux ainsi passer d’une danseuse de Degas à la chute du mur de Berlin, d`un coeur photographié sur le bras d`une personne croisée dans un aéroport à d’autres bonnes images, créant les phrases de l’histoire.
Avant de participer à cet évènement WAHOF, connaissais-tu bien Umbro ? Aimais-tu la marque ?`
Oui, bien sûr. En tant que styliste sportswear, Umbro est un référent incontournable qui renvoie à un univers fort, bien précis. En ce sens, le Wahof alimente cet univers de façon très riche. Il l’ouvre à la sensibilité, à la force du talent et l’affirme comme le leader sur le marché.
Et aujourd’hui, Umbro qui s’associe à un univers urbain t’inspire-t-il plus ?
Le talent est partout et il faut avoir beaucoup de talent pour le reconnaître… »Séquencer », séparer en castes les sources de talent revient à anéantir le talent, et ça Umbro l’a bien compris et le maîtrise très bien !
Umbro souhaite aujourd’hui fédérer les artistes, est-ce que cela te parle ?
Plus que cela, ça m’enchante. C`est d’un avant-gardisme sans nom. Réunir des univers picturaux, musicaux et sportifs, fédérer ces univers est sans aucun doute une source d’énergie créative très positive. C’est allier nos différentes forces mutuelles pour nous surpasser ensemble avec le même message : WE ARE THE HEART….
As-tu déjà vu un tel événement à Lille ?
Je me suis rendue compte en vivant en Catalogne, patrie très à même de mettre en avant la créativité de chacun, que le talent était réellement partout, et le nord de la France en est largement pourvu. Seulement jusqu`il y a peu de temps, ces artistes n’étaient pas « portés » ni supportés. J`ai vu quelques prémices depuis Lille 2004, mais rien à voir avec l’espoir et la foi que j’ai ressenti lors du concert de Skip The Use pendant l’exposition, où l’on pouvait se rendre compte de la richesse de ces talents bruts et forts.
Umbro base son évènement sur le thème du « football moderne ». Qu’en penses-tu ?
Le football est de toute façon fédérateur et égalitariste dans le sens où seul le talent additionné au travail paye. On l’a bien vu avec la Coupe du Monde cette année : il faut l’espoir, l’envie, la confiance, toutes ces qualités humaines qui font le football moderne dont parle UMBRO, le foot de tous les hommes et de toutes les femmes de cette Terre.
Que penses-tu de l’idée d’intégrer un univers urbain et de l’associer au foot ?
Pour moi c’est logique. La ville porte ses valeurs et ses équipes et a besoin d`appartenance. Le foot n`est en fait rien d`autre qu`une belle guerre pacifiste. Il est très sain et omniprésent aujourd’hui.
Es-tu supporter du LOSC depuis ta plus tendre enfance ?
Ah oui, ça on peut le dire ! Petite, mon père me vissait le bob du LOSC sur la tête, écharpe et clairon en main, et m’envoyait des coups de coude à chaque fois que je devais claironner ! Oui je connais la liesse, l’amitié entre supporters, la déception, et cette endurance à y croire même au moment le plus négatif du match.
Si Umbro te proposait de graffer les murs du stade du LOSC, le ferais-tu ? Que penses-tu de l’idée ?
Je pense que cette idée est géniale et que l’art et le sport font un très beau mariage. Mettre l’art où on ne l’attend pas, légitimer son utilité urbaine, ouvrir les portes, ça ne peut être que bénéfique pour tout le monde. Maintenant, je ne graffe pas encore, mais qui sait…?!
Comment perçois-tu le graffiti dans un évènement comme le Wahof qui se déroule aujourd’hui ? Est-il indispensable ?
Rien ni personne n’est indispensable, mais dans mon cas par exemple la toile que j’ai réalisée pour Umbro est inspirée de l’histoire du foot, de l’histoire de la vie, comme un match, comme une danse, avec mi-temps, arrêts de jeu, cartons rouges, victoires et défaites. Ce sont des énergies que le graffiti, la musique ou toute autre forme d’art peuvent véhiculer facilement et apporter au monde du foot un soutien peut-être différent mais bien là.
Aurais-tu pour la suite des envies, des projets ?
Affirmatif, beaucoup d’envies. Je veux continuer à rencontrer des personnes passionnées, travailler encore et encore sur de grands formats, développer mes sculptures, mélanger les techniques, expérimenter encore et encore, et surtout continuer à toucher les coeurs en dévoilant cette si belle imperfection qu’est l’humanité.
Un grand musée sur les arts urbains ouvrira à Lille en 2012. Participes-tu au projet ?
Je ne connaissais pas ce projet, mais je suis un électron libre qui a besoin d’atomes, alors y participer serait pour moi merveilleux. Le WAHOF nous a apporté beaucoup d’espoir à nous les artistes et nous avons encore beaucoup de choses à dire.
by Emilie Rigaud
















