On le croyait ennemi juré de la mode, révolu, disparu, summum du mauvais goût, directement mis dans la case « complètement pété » et réservé aux baroudeurs ou aux voyageurs Club Med. Beaucoup ont décidé de l’encrer à même leur peau puis ont longtemps prié l’arrivée du laser pour l’effacer. D’autres ont décidé de le recouvrir ou de le cacher sous des tee-shirts XXXL histoire de ne jamais divulguer ce lourd secret de désuétude. Pourtant, depuis environ un an, le tribal fait de nouveau son apparition, mais cette fois-ci, sur le tissu. Qui dit culture du tatouage dit culture underground. Les petits labels mode se sont réappropriés les symboles et le message d’appartenance à la « tribu » streetwear. Une chose en entrainant une autre, la fashion week emboîte le pas et les marques font du graphisme tribal une tendance à toutes les sauces.
Apposés sur les chemises, les costumes, les manteaux ou encore les bijoux et telle une lutte contre le classicisme, Kris Van Assche, alors qu’il n’a pas encore été remplacé par Kim Jones, présente une collection Automne Hiver 18 pour la maison Dior parée de symboles tribaux. C’est tout naturellement qu’il déclare faire hommage aux contre cultures du clubbing et aux codes new wave de son adolescence.
Tee-shirt: Custom
Watch: CASIO G-Shock
Jewelry: AMBUSH (disponible chez Matchesfashion.com)
Sunglasses: Gentle Monster (disponible chez Marc Le Bihan)
La même saison, le label chinois Sankuanz, en collaboration avec nos confrères du magazine Antidote, présente lui aussi plusieurs pièces parsemées de motifs tribaux. La marque Vetements l’affiche quant à elle sur les manches des longsleeve ou encore sur différents denims.
Socks: H&M
Shoes: ART Moon
Si tout le monde se souvient du défilé Jean Paul Gaultier de 1994 où le tatouage était le thème principal de la collection, la nostalgie des motifs kitch a encore bel et bien sa place sur le catwalk comme dans la rue. Le très prisé label New-Yorkais Barragán s’empare lui aussi du tattoo tribal deux saisons durant : SS18 puis AW18. Il le travaille sur de nombreuses pièces comme les crops tops, les jupes près du corps, les boucles d’oreilles ou encore les sous-vêtements.
Sunglasses: Oakley
Autre marque dont l’identité est particulièrement marquée par cette esthétique : M.Y.O.B – NYC lancé par deux japonaises aux Etats-Unis il y a dix ans. Une tendance que l’on retrouve régulièrement chez certaines marques telles que GCDS, Pleasures, Skoot Apparel, Wasted Paris, Namilia et la plus emblématique de toutes : CyberDog. Quiconque a déjà posé un pied dans le fameux quartier londonien de Camden Town, (excepté les épileptiques) est forcément entré dans l’excentrique enseigne, marquée par la culture du tatouage, du SM, du punk et du fluo.
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Steffy Pattano
Crop-top: Jaded London
Shorts: Jaded London
Socks: H&M
Shoes: ART Moon
Cap: Guess x J Balvin
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Dany Guillaud
Tee-shirt: Custom
Pants: Samsøe & Samsøe (disponible chez Zalando.fr)
Shoes: Camper x Kiko Kostadinov
Bumbag: Bershka
Watch: CASIO G-Shock
Jewelry: AMBUSH (disponible chez Matchesfashion.com)
Sunglasses: Gentle Monster (disponible chez Marc Le Bihan)
Le tribal a t-il encore de beaux jours devant lui ? Au moins jusqu’à l’hiver prochain oui ! Cottweiler printemps été 19 l’adopte et la Fashion Week Parisienne homme FW19-20 présentée en janvier a prouvé qu’il n’y avait aucune raison de le faire disparaître de sitôt. MISBHV la première, lorsqu’elle présentait son premier show dans un sombre parking du 18ème arrondissement tout comme la marque parisienne Andrea Crews, qui a, à son tour, floqué une grande partie de sa collection. De nouveau, Sankuanz dévoilait une pièce lors de sa présentation et la maison Dsquared2 a également retravaillé la typographie de son logo dans cet esprit. Même constat en Italie lors de la Fashion Week de Milan : le label streetwear United Standard fait du motif l’emblème de la saison. Alors ringard le tribal de 2019 ? Sûrement pas.