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Kelvyn Colt : Crooner voice

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KELVYN COLT

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Posté par Mélodie Raymond - 1 août 2018

Kelvyn Colt : Crooner voice

Allemand d’origine nigériane, Kelvyn Colt écume depuis quelques années les grands continents avec son flow de kickeur, sa voix rauque et son look millimétré. Repéré en Europe grâce à deux sessions chez nos confrères de Colors Berlin, le rappeur évoluant à Londres voit l’avenir en grand. Au programme de cet entretien ? Parcours, convictions, Kid Cudi et Virgil Abloh .

TEXTE, STYLE, PHOTOS SHOES UP Team     Mua & hairstylist : Santa Mari Juanna

 

KELVYN COLT
Hat Carhartt WIP   Long sleeve Boyhood   Tee Andrea Crews   Bumbag Andrea Crews

 

Parle nous de Wesbadien, la ville où tu as grandi.
En vérité tout a commencé dans un petit village qui s’appelle Fulda puisque c’est là où je suis né. Ensuite on a déménagé à Wesbadien. C’est une ville assez unique en Allemagne car elle abrite de nombreux soldats américains puisqu’il y a une base là-bas. On peut donc dire qu’elle est un peu internationale, du moins qu’elle a une touche américaine. C’est la capitale de la région mais ce n’est pas une énorme ville comme Francfort donc quand on était jeune, on allait souvent vers Francfort pour sortir faire la fête etc. Ce n’était pas aussi inspirant que certaines grosses villes peuvent l’être mais il y avait plus de communautés représentées.

Est-ce que c’est à Wesbadien que tu as appris l’anglais ?
J’ai grandi en parlant allemand avec ma mère et anglais avec mon père. Mon père est Nigérian et désolé papa si tu me lis, mais il n’était pas très bon en allemand. (rires) Il parlait donc anglais avec moi et j’ai aussi plusieurs membres de ma famille qui parlent anglais. Je restais beaucoup avec eux, je voyageais avec eux.

Et d’où tiens-tu ce fort accent américain ?
Mon père a vécu aux Etats-Unis à Atlanta. Il a donc un peu l’accent américain mais il n’est pas aussi prononcé que le mien. Je suppose que le mien est un mélange entre le fait d’avoir trainé avec mon oncle, mon père, des soldats américains ou encore en voyageant aux states. Et bien entendu grâce à toute la musique des US que j’écoutais. C’est venu à moi assez naturellement.

À quel âge as-tu su que tu voulais te lancer dans une carrière d’artiste et quel a été le déclic ?
Depuis mon plus jeune âge et à partir du moment où j’ai su écrire, j’ai commencé à rédiger des poèmes. Ça a continué pendant longtemps jusqu’à ce que cela se transforme naturellement en rap. Quand j’ai enregistré mon premier son, je devais avoir environ 16 ans. Je l’ai envoyé à des amis et à des gens aux Etats-Unis. Un producteur appelé Blizzy Baxter m’a invité à Miami. Nous sommes allés au studio tous les jours, je n’ai même pas vu la plage une seule fois. Après avoir travaillé, appris plein de choses sur la musique, l’écriture, je me suis dit : « wahou, ça peut se concrétiser, j’ai juste à travailler et rien lâcher. » Ce qui est incroyable avec internet, c’est que peu importe d’où tu viens, si tu fais quelque chose d’honnête, avec le cœur, avec passion, cela te connectera aux bonnes personnes.

 

KELVYN COLT
Durag Benibla   Sunglasses Oliver Peoples   Hoodie adidas Originals   Short Carhartt WIP   Socks Andrea Crews   Sneakers Fila 95

 

Ta passion pour la musique semble t’avoir également donné un amour pour le streetwear. Peux-tu nous en dire plus ?
Quand j’étais enfant, je matais toutes les vidéos et j’observais attentivement tous les rappeurs mais en vérité – et j’aurais adoré te montrer des photos pour illustrer – mon père et ses potes avaient un pur look. Ils étaient vraiment OG. Et cet amour pour le style est venu grâce à ça dès l’adolescence. À l’école je faisais partie des seuls blacks. Même si j’avais des amis, je ressentais le besoin de m’identifier à certains groupes. C’est normal quand t’es ado. Je me sentais parfois éloigné des autres gosses car j’avais des goûts différents, au delà des différences culturelles. J’ai donc passé beaucoup de temps sur internet. Quand j’ai découverts Kid Cudi, je me suis dit « putain, il est tellement cool. Il n’essaye pas d’être un gangster, il est juste lui-même. » Je me souviens, il portait souvent une chaîne autour du coup très new yorkaise avec un énorme Jésus en diamant. Quand je me suis retrouvé à Miami dans un magasin de bijoux fantaisie, j’ai vu cette chaine qui était une imitation de celle de Kid Cudi, j’étais comme un dingue. J’avais seulement quelques dollars pour survivre au mois mais je l’ai acheté. De retour dans mon village, je me souviens en train de marcher avec cet énorme Jésus autour de mon coup, un truc grotesque pour ma taille. (rires) C’est vraiment lui qui m’a amené à m’intéresser à la mode et évidemment des gens comme A$AP Rocky ou Kanye. En plus, je passais beaucoup de temps sur Tumblr et encore aujourd’hui.

Selon toi, qui est la personne qui a révolutionné le streetwear dans le monde du hip hop ?
Pour ma génération, je dirais qu’A$AP Rocky est énorme. Kanye était un designer reconnu et incontestable. Même si tu reviens en arrière, Biggie et 2PAC portaient du Versace et tous ces trucs mais Kanye l’a vraiment concrétisé en premier. A$AP, lui, a carrément passé un autre level en devenant une icône pour tous les gosses qui ne savaient même pas qui était Raf Simons. Il en a fait quelque chose de plus personnel. Déjà avec Kanye et le Red October, il y a eu un mouvement impressionnant. Je vivais déjà à Londres à ce moment là et je me suis vraiment rendu compte de l’impact quand je suis rentré chez moi. Les gosses étaient bien plus portés sur le style, le streetwear. Ils portaient tous un outfit all black et des sneakers rouges. J’étais choqué !

Que penses-tu de l’arrivée de Virgil Abloh chez Louis Vuitton ?
C’est phénoménal ! Ce qui est intéressant, c’est que je ne suis pas énormément Off-White mais que je m’intéresse à Virgil Abloh, son travail, sa direction artistique et tous les projets dans lesquels il était impliqué bien avant Off-White. Son arrivée chez Louis Vuitton est géniale mais il y a deux aspects : le premier, c’est qu’ils ont choisi un jeune designer inspirant et créatif. Ils s’ouvrent vers de nouveaux horizons, c’est une étape importante. Mais dans un autre sens, si tu regardes en arrière, il y a des gens comme Dapper Dan (ndlr : célèbre pour avoir créé des pièces aux coupes amples à partir de tissus siglés Louis Vuitton, Fendi et Gucci) qui ont été très avant-gardistes, qui ont amené le luxe dans le streetwear. Et qu’est ce que les marques ont fait ? Ils l’ont fait tomber ! ( Ndlr : Les marques l’ont attaqué en justice pour vol de propriété intellectuelle. Il met la clef sous la porte en 1992.) Maintenant qu’internet existe, il y a des preuves que la culture black est probablement la plus influente dans la pop culture. Le rap est partout, le streetwear aussi, même ma mère porte des sneakers ! Maintenant qu’ils ont compris que grâce à cette culture, il y a de l’argent à se faire, ils se tournent vers nous. Ce côté me dérange mais peu importe, je suis très fier de ce qu’il a fait et je suis content pour Louis Vuitton qui est clairement LA marque de luxe.

 

KELVYN COLT

 

C’est aussi fou que ce soit le premier black à la tête de la maison.
Complètement ! Virgil est un peu le Obama de la sphère mode. Yes we can homie ! (rires)

Qu’est-ce que tu portes sur scène ?
Il faut que ce soit confortable car je passe mon temps à courir, à sauter, parfois je saute dans le public, je suis hyperactif donc je ne peux pas me permettre de porter des trucs trop serrés ou peu conforts.

Et quelles sneakers portes-tu généralement ?
Récemment, j’ai acheté une paire de Ozweego adidas x Raf Simons blanche/noir et marron. Je les aime vraiment, je les porte beaucoup. J’ai beaucoup de sneakers mais il y a seulement quelques paires que j’aime vraiment car elles ont une valeur sentimentale. Cette paire de Raf Simons, c’est le cas. C’était la première paire assez cher que je pouvais m’acheter.

Aimerais-tu créer ta propre marque ?
Complètement mais pour moi une marque ne se limite pas uniquement au streetwear et à la mode. J’aime les marques comme Apple ou Supreme qui sont capable de t’engager dans un concept, ces marques cassent tout. Elles sont la définition même d’une marque. En ce moment, on bosse sur des technologies et de la création de contenu qui rassemble nos communautés. On aimerait vraiment mettre en place une marque. Je souhaite collaborer avec des gens quand ils sont très bons dans ce qu’ils font car je ne veux pas vendre des pièces en me servant uniquement de mon nom d’artiste.

Côté références musique, tu cites Tupac, Kid Cudi, Sade, Fela Kuti et Eminem. Qu’as-tu pensé de Revival, le dernier album d’Eminem ?
Aaah, elle est dure ta question ! Vraiment dure ! J’ai toujours adoré tous ses projets et j’avoue que j’ai écouté quelques titres mais à un moment, j’ai juste arrêté.

Tu n’as carrément pas pu ?
Ne me fais pas dire ça ! (rires) J’adore Eminem, son flow, son groove mais cet album n’était pas pour moi. J’ai juste jugé le travail pour le travail et pas pour la personne qui est derrière donc je me devais de laisser ça derrière moi.

 

KELVYN COLT
Hat Carhartt WIP   Long sleeve Boyhood   Tee Andrea Crews   Bumbag Andrea Crews   Pants Y/Project   Shoes Timberland Radford 6-inch boot

 

Qu’est-ce que tu as pris du mouvement grime qui est aussi l’une de tes inspirations ?
Je dirais la manière dont la grime est faite. Il y a un côté très Do it Yourself. Toute l’énergie qu’il y a derrière aussi. Quand j’étais gosse, en Allemagne, il y avait quelques artistes de grime qui perçaient comme Dizzee Rascal mais ça ne faisait pas vraiment partie de mon univers jusqu’à ce je déménage à Londres. Quand je sortais là-bas, plein de gens me parlaient de la grime et j’avais du mal à saisir tout ça. Je trouvais ça trop rapide, il me manquait un truc. Puis je suis allé à un concert de Ghetts et j’ai pris une énorme claque, je n’avais jamais vu un truc pareil. C’est là que j’ai compris la grime. Honnêtement, niveau technique il est pour moi l’un des meilleurs rappeurs qui existe.

Comment as-tu rencontré le producteur Neff-U ?
C’est un peu une session qui a changé ma vie. Je n’avais aucune idée de qui il était. Il m’a demandé ce que j’écoutais. Je lui ai dit tel album de Tupac, tel de Kid Cudi, tel son d’Eminem et il était là :
-« Ah vraiment ? Quelle autre chanson ?
-« Je kiffe bien celle là aussi avec Dr Dre. »
-« Ah donc tu sais ».
-« Je sais quoi ? »
-« Bah tu sais que c’est moi qui ait produit ce son ? »
J’étais là, « quoi ? »
Je suis allé dans les toilettes, je l’ai discrètement googlé et là j’ai compris. Il est genre l’une des dernières personnes à avoir bossé avec Micheal Jackson avant sa mort. Et le mec a tellement les pieds sur terre, même dans sa manière de parler, de s’habiller. Pendant l’une de nos sessions, un autre énorme producteur est entré par accident. Neff-U a été super cool avec lui et le mec était juste imbuvable. Mais si un gars comme Neff-U peut être une légende tout en étant humble, respectueux et amical pendant que d’autres sont odieux, j’ai compris ce que je ne voulais pas être. Neff-U m’a aussi appris à comprendre les causes pour lesquels je devais me battre.

C’est-à-dire ?
C’est à dire que c’est la première fois que je me posais consciencieusement la question de ce que je voulais représenter. On a eu une longue discussion sur quel doit être ta mission, ton statut, les valeurs que tu donnes, un peu comme une marque ou une société. Tu ne peux pas juste te contenter de faire des bons cd sinon tu risques de vite t’évaporer dans la nature. Et puis c’est l’occasion de parler aux gens. Tupac et Kid Cudi par exemple m’ont aidé quand j’étais dans des états dépressifs, sans espoir, voire même suicidaire. Les gens pensent que c’est cliché « la musique m’a sauvé la vie » mais c’est vrai ! Ces mots m’ont permis de rester sur la bonne voie, écouter Nas et ce qu’il avait à dire m’a sincèrement servi sur un plan personnel. Et ma mission est un peu de montrer à la jeunesse l’étendue des possibilités qu’ils ont si ils ne laissent pas tomber. Je pense que les artistes de ma génération vont ouvrir de nombreuses portes pour les suivantes, notamment dans la musique européenne. On est super nombreux et on se croise tous, on se donne de la force. C’est incroyable, cette transition est un putain de mouvement ! Après les rivalités existent parfois, on est des rappeurs, on doit faire le meilleur son, les meilleures ventes etc mais les playlists ne se limitent plus à une seule personne donc créons ensemble.

 

KELVYN COLT
Sunglasses Oakley   Tee Samsøe & Samsøe   Sleeveless Stone Island   Pants Carhartt WIP   Socks Weyz   Sneakers Nike Lunar Force 1’17 Duckboot   Belt Louis Vuitton   Bike Volt super 73

 

Qui écoutes-tu dans la nouvelle génération ?
Ca dépend de mon humeur mais si j’ai juste envie de Turn Up, j’écoute Gucci Gang et tous ces morceaux dans le genre. J’écoute beaucoup ce que mon petit frère de 14 ans écoute. Sinon ma playlist à moi n’a pas énormément changée, j’écoute toujours Nirvana, Guns N Roses, Bon Iver.

Ton EP LH914 est sorti en novembre dernier. Qu’en est-il de ton premier album ?
Le truc c’est que je créé énormément de musique donc j’ai une Dropbox remplie de tracks. D’un côté je bosse dessus mais je sens que je n’ai pas encore exploré tout ce qu’il y a à explorer avant de sortir un album. Je suis encore en train d’expérimenter, de voyager, de rencontrer beaucoup de gens. Mon prochain projet sera comme un mini album car il y a aura un fil conducteur dans le côté narratif, musical. LH914, c’était autre chose, j’y ai amené un peu de grime par ici, un peu de RnB par là, un peu de rap, de trap etc.

Quand les français parlent de toi, ils disent « ah le super rappeur qui a une voix de crooner et qui est passé dans Colors Berlin ». Quelle définition souhaiterais-tu dans quelques années ?
(rires) C’est une excellente question, je ne sais pas. Je pense que beaucoup se sont intéressés à ma musique grâce à Colors. J’étais un des premiers à faire Colors et j’étais aussi l’un des premiers à avoir une deuxième session chez Colors. C’est intéressant car les pays ne me voient pas de la même manière. En Allemagne, c’est « Ah c’est le mec qui est parti vivre à Londres et qui fait des trucs un peu partout dans le monde » et à Londres, ils m’appellent « le rappeur beau gosse qui vient d’Allemagne ». C’est cool mais je suis assez mal à l’aise avec ce genre de compliment je t’avoue ! (rires)

Qu’est ce qu’on peut te souhaiter ?
J’espère pouvoir longtemps continuer à faire de la scène, mettre une grosse ambiance, établir plus de connexion avec les français, créer de la musique avec eux et peut-être même d’autres choses que de la musique. J’adore la France et j’adore Paris !

 

IG : @kelvyncolt
FB : @KelvynColt

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Kalash Criminel : Hood fashion

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KALASH CRIMINEL

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Posté par Mélodie Raymond - 25 juillet 2018

Kalash Criminel : Hood fashion

La cagoule, tantôt prétexte pour incarner un personnage, tantôt accessoire de mode à part entière. À l’heure où Alexander Wang la design fluo avec adidas, Wwwesh studio et SHOES UP se sont associés sur un modèle pour un shooting inédit de Kalash Criminel. Un album en préparation, un nouveau label, un parfum et une marque de vêtement : le rappeur de Sevran est sur tous les fronts.

TEXTE, STYLE, PHOTOS SHOES UP Team     Mua & hairstylist : Santa Mari Juanna
KALASH CRIMINEL
Sweat Cottweiler  Jacket Andrea Crews   Pants Nike Lab   Sneakers Nike Air Max 93

 

Après R.A.S et Oyoki, tes projets sortis en 2016 et 2017, peux-tu nous dire où tu es niveau musique ?
Ça bosse énormément ! On est à fond sur mon premier album, ça va être lourd. Je pense que les gens vont apprécier le projet ! Ça fait plusieurs mois qu’on est dessus, je ne peux pas te dire la date pour l’instant mais ça va être énervé ! J’ai rencontré beaucoup de beatmakers et on a fait de nombreuses prods sur mesure. J’ai essayé d’explorer des thèmes, des sonorités en essayant de m’ouvrir.

Quel genre de thème ? Tu as des sujets de prédilection : la violence, la discrimination, la politique internationale, le Congo…
C’est clairement des thèmes que l’on retrouvera mais j’ai aussi exploré des thèmes comme l’amour. L’album ira dans une direction un peu plus personnelle que mes précédents projets. Ça parlera beaucoup plus de moi, de ce que j’ai vu et vécu.

Pour revenir au Congo, est-ce que tu suis de près ce qu’il se passe là-bas ?
Bien sûr, j’essaye de suivre un maximum, c’est important. Je me renseigne assez régulièrement et j’ai deux ou trois personnes sur place qui me tiennent informé. J’ai encore de la famille là-bas en plus. La dernière fois que j’y suis allé, c’était en 2009 environ.  Quand je vais y retourner ca va être dingue, l’attente est énorme là-bas. J’aimerais y faire un gros concert lorsque l’album sera sorti. Ce sera mon premier concert dans le pays, ça représente beaucoup pour moi.

Ça fait maintenant quelques années que tu es dans le milieu du rap et que tu es signé sur le label Def Jam…
Je ne suis plus chez Def Jam. C’est tout récent, ça fait environ un mois. J’ai fondé mon label Sale Sonorité Records et je viens tout juste de signer chez Play Two, le label créé par TF1 dans lequel est Maître Gims. On peut quand même parler de Def Jam si tu veux, ils m’ont beaucoup apportés notamment sur le projet.

 

KALASH CRIMINEL
Sweat Helmut Lang

 

À vrai dire ma question était maintenant que tu t’es fait une grande place dans le milieu, ton quotidien a t-il radicalement changé ?
Ça c’est sûr, il a beaucoup changé. Maintenant on me reconnaît dans la rue, je ne peux plus faire ce que je veux, quand je veux et où je veux. Au niveau de l’entourage par contre, je suis resté le même, je traine toujours avec les mêmes.

Il y a deux ans, tu disais avoir arrêté la fac mais que tu n’avais pas envie de complètement lâcher au cas où la musique ne marcherait pas. Tu es toujours dans cette optique où tu as désormais confiance en ta carrière ?
Je pense que je suis désormais vraiment confiant mais ça ne m’empêche pas d’avoir envie d’apprendre. Par exemple, j’ai très envie d’étudier l’anglais, j’ai envie de le parler donc je vais prendre des cours. Je continue aussi à apprendre le management car c’est un domaine que j’aime beaucoup.

Et cela pourra te servir pour ton label j’imagine. D’ailleurs, as-tu des projets de signatures ?
J’en ai un. Mon cousin Douma qui a posé sur mes projets R.A.S et Oyoki. On le retrouve sur les morceaux Makila et Nada. Pour le moment il est incarcéré mais il va bientôt sortir et ce sera le premier artiste à intégrer mon label. Je n’ai pas l’intention de signer beaucoup de gens, je vais marcher aux coups de cœur.

 

KALASH CRIMINEL
Ski Mask Alexander Wang x adidas Originals   Sweat Paris Loves Us   Jacket Puma   Pants Off-White   Sneakers Nike x ACRONYM Air VaporMax Moc 2

 

Récemment, tu as sorti un parfum appelé l’Intemporelle avec Henry Dounjo. C’est une démarche originale et peu commune en France. Rares sont les rappeurs qui se lancent dans ce domaine en France à part Booba et sa fragrance KoEptYs. Comment l’idée est-elle née ?
À la base, j’aime beaucoup les parfums et comme tu dis, il n’y avait que peu de rappeurs dans ce business là. J’ai eu l’opportunité de rencontrer des gens qui m’ont permis de réaliser le projet donc j’ai foncé. J’ai participé à la conception etc, c’était très intéressant.

Est-ce que ça te dirait d’aller plus loin ? Je pense par exemple à un Rick Ross qui a lancé sa ligne de cosmétique pour homme.
C’est déjà prévu oui ! Il y a plein de trucs qui vont arriver.

Une nouvelle fois en partenariat ?
Non, je pense que ce sera un projet qui m’appartient.

J’imagine que l’apparence est une chose qui compte pour toi et même cagoulé, tu donnes de l’importance au style.
Carrément, en plus je suis Zaïrois et on aime bien prendre soin de nous ! On fait attention au style. La sapologie etc !

Est-ce que tu as déjà envisagé ta cagoule comme un véritable accessoire de mode ?
Ouais bien-sûr ! Je ne te cache pas qu’à la base non mais maintenant, je l’envisage aussi comme tel. J’ai plein de cagoules personnalisées et j’ai envie de plus mettre cet aspect en avant. C’est très récent mais j’ai des couturiers qui me font des cagoules sur mesure et on va essayer de pousser le délire à fond.

Il paraît que tu lances une marque de vêtements aussi. Tu comptes faire des cagoules ?
C’est possible oui ! En tout cas, j’ai l’intention de faire un concert où tout le monde sera cagoulé, du jamais vu ! Des cagoules en guise en billets pour le concert, ce serait lourd !

 

KALASH CRIMINEL
Ski Mask WWWESH STUDIO x SHOES UP   Shirt Samsøe & Samsøe

 

Dans une interview, tu as dit que des marques de luxe t’avaient déjà contacté puis se sont rétractés à cause du fait que tu ne veuilles pas enlever ta cagoule. On peut en savoir plus ?
On m’a déjà proposé d’être égérie.  À ce moment là, les albinos étaient à la « mode » et les messages que je véhiculais intéressaient certaines marques mais la cagoule, c’était trop pour eux. Ça ne leur donnait pas une bonne image mais c’était au tout début. Je ne pense plus que ce soit un véritable obstacle aujourd’hui. Il n’y a pas si longtemps, j’ai vu une image de Rihanna avec une cagoule. Ce n’est plus un frein !

Effectivement certaines marques mettent en avant les physiques atypiques pour en faire une force, notamment des albinos. Tu as d’ailleurs fait appel à plusieurs d’entre eux pour tes clips. Est-ce que tu as déjà pensé à jouer de cette caractéristique et enlever ta cagoule ?
Non je n’y ai jamais pensé. Je ne me suis jamais dit que je pourrais faire quelque chose avec cette particularité. Mais je ne suis pas réticent à l’idée, ça me tenterait bien même.

Dans le clip de Ce genre de mec, on retrouve d’ailleurs un large casting d’acteurs albinos. Dans ce morceau, on te sent plus sensible, plus mélancolique. C’est une direction vers laquelle tu souhaites aller ?
J’ai toujours pris une direction mélancolique, je pense que le choix de l’instru y est pour beaucoup. Les retours que j’ai eus sur ce titre étaient incroyables, un million de vues en 24h, c’était fou. J’aime beaucoup ce morceau et plein de gens m’ont dit que c’était leur préféré. Le clip est très beau aussi, le réalisateur Charly Clodion est super fort.

 

KALASH CRIMINEL
Sweat Cheap Monday   Jacket Stone Island   Pants Sergio Tacchini x Andrea Crews   Sneakers Puma Prevail OG

 

Dans ton couplet de Bling Bling avec Kaaris et Sofiane, tu dis « Mon fils, à quelques mois porte du Balmain, Gucci, Versace. » C’est vrai ?
Ouais c’est vrai. (rires) J’ai toujours aimé les marques de luxe, ma marque préférée c’est Gucci. Les matières, les imprimés, les couleurs, ils sont trop forts. Je ne vais pas te dire que je suis les dernières sorties etc mais j’entre dans les magasins et j’achète à l’instinct.

À part les énormes marques de luxe, quelles sont les marques dont tu aimes l’identité ?
J’aime beaucoup Lacoste, Nike et adidas. Je kiffe les frérots de Foot Korner aussi ! Je porte très souvent leurs survêtements.

Aujourd’hui si on te proposait de devenir égérie, pour qui le ferais-tu ?
Gucci sans hésiter.

Les paires de sneakers les plus dingues que l’on trouve dans ton armoire ?
J’ai beaucoup de paires mais j’aime les choses assez simples. Avant j’avais toutes les couleurs de TN, je kiffais trop et je risque d’en racheter vu l’engouement qui revient. Là, je porte une paire de Zanotti, sinon j’ai des Balenciaga.

 

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Les meilleurs outfits spotés au Plaza Havana Club

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Posté par Mélodie Raymond - 18 juillet 2018

Les meilleurs outfits spotés au Plaza Havana Club

Depuis le 7 juin et jusqu’au 14 septembre, le Café A revêt les couleurs de Cuba pour accueillir le Plaza Havana Club. Après le showcase de Sopico le mois dernier, SHOES UP est allé spoter les meilleurs outfits du showcase exceptionnel de VALD.

Pour profiter des cocktails proposés par les bartenders et des prochains évènements au Plaza Havana Club, rendez-vous ici pour plus d’infos !