Tu as par la suite tourné 3 ans avec Christine and the Queens. Comment cela s’est-il déroulé ?
Toujours par rapport à cette émission, la chorégraphe Camille Motin, mon amie, m’a encouragé à passer une audition « pour une petite artiste peu connue mais vraiment cool ». J’étais enfermé à New York pour l’émission donc on a galéré à ce qu’ils me laissent passer l’audition. J’avais 19 ans et Christine m’a pris. On faisait des mini-scènes en Bretagne puis on a sorti le clip Christine : ça a explosé. On s’est mis à rider partout dans le monde. C’était un truc de fou.
Tu portes de plus en plus une casquette de chorégraphe. Est-ce un aspect que tu apprécies particulièrement ?
J’ai commencé très jeune, je suis passé par beaucoup de phases et j’arrive à un stade où, quand j’entends des musiques, j’ai envie de projeter ça sur d’autres. J’écris de plus en plus ce que je vois. J’avais envie de mettre ça en scène.
Quelle était ta première expérience en tant que chorégraphe ?
Le clip de Thylacine, Chaman. Ensuite, j’ai monté La marche bleue à l’époque avec Aloïse Sauvage au casting ou encore Fanny Sage. C’était une sacrée équipe, tout le monde a explosé. Ensuite, j’ai fait le clip d’Angèle Jalousie et plus récemment, un clip de Sebastian qui sortira cet été, c’était une grosse expérience. Il y avait environ 60 non danseurs à chorégraphier, c’était intéressant. Sinon actuellement, je bosse sur ma pièce.
Peut-on en savoir plus sur cette pièce ?
On sera en résidence à Aix-en-Provence puis au Bataclan. La pièce s’appelle Première Ride. Ce qui est intéressant, c’est d’aborder plein de styles de danses de manière très organique. Première Ride, c’est l’histoire de huit jeunes qui partent en caisse et qui vivent les premiers instants où l’éveil est décuplé, où on vit tout à fond. J’ai 24ans, je suis hyper jeune et je suis déjà blasé de certaines choses, j’avais envie de retrouver ça en moi.
Tu endosses aussi un rôle de réalisateur de plus en plus poussé avec Neels Castillon, notamment sur le clip Jalousie d’Angèle.
Jalousie comme Tout Oublier, j’avais des idées bien précises en tête. Quand j’entends un morceau, j’ai souvent une vision très claire de l’esthétique globale et pour mes premières réalisations, je n’avais pas envie de foncer seul. Je ne savais pas où je mettais les pieds. J’ai finalement vu que c’était totalement réalisable.
Pourrais-tu le faire pour d’autres artistes ?
À tout moment je pourrais faire un clip pour Koba LAD comme pour un puriste de la chanson française mais je n’ai pas envie de devenir réalisateur à l’heure actuelle, je le serais avec le cœur. Si l’artiste, l’humain et le track me plaisent alors je fonce.
Comment décides-tu de monter Walk in Paris avec Gary ?
Walk est mon blaze de danseur. J’avais déjà fait un logo Walk in Paris éclaté et je voulais fonder une marque. J’ai rencontré Gary sur les bords de Marne. On avait la même casquette, le même skate et la même veste : le feeling passait. Il m’a confié vouloir créer une marque avec un graphiste et je lui ai dit la même chose. On a acheté un stock de tee-shirts, on s’est enfermés une semaine tous les trois en fumant des joints, des idées plein la tête puis on a vendu nos tees à la main. On a réinvesti et on s’y est mis.
Avez-vous envisagé de collaborer avec d’autres marques ?
Oui et il y a une grosse collaboration prévue pour 2020.
Quelle est la philosophie de la marque aujourd’hui ?
On essaye de ne pas être élitiste là où les gens le sont de plus en plus. Si la veste plait, ça ne doit pas être juste parce qu’elle est portée par un mec pointu qui fait la gueule toute la journée. On a envie que notre marque soit portée par des gens cools qui font les choses par amour et qui ont de belles valeurs.
Dans le lookbook SS19, vous présentez vos tracksuits et toute votre collection avec des mocassins : un mélange entre l’urbain et le dandy. Est-ce l’intention ?
Complètement, je trouve ça super beau. J’adore les habits « de vieux » sur les jeunes. J’aime ce contraste entre le streetwear et le très chic.
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Shirt: Sandro
Pants: Acne Studios
Shoes: Dr Martens 1461 SMOOTH
Bucket Hat: Kangol (disponible sur Zalando.fr)
Jewelry: Tant d’Avenir
Watch: Swatch BIG BOLD
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Tu as fait partie du programme House of Classics adidas. Peux-tu m’expliquer en quoi ça consiste ?
Le concept, c’est d’user des chaussures blanches. Quand tu regardes les chaussures de quelqu’un, tu sais si c’est un rider. J’aime fumer une paire et la laisser vivre. On a été appelé avec les danseurs de La marche bleue. Avec tous nos styles de danse, on l’use tous d’une manière différente. Pour ma part, j’utilise beaucoup les pointes par exemple.
Quelles sont les chaussures dans lesquelles tu danses le mieux en général ?
La Dr. Martens a changé mes appuis et ma manière de danser, c’est un peu elle qui m’a amené vers le contemporain. Dans une sneaker, je suis très bien, je suis peut-être même meilleur en technique mais dans mes intentions et dans la manière dont je vis la danse, dans mes Docs, je suis mieux. J’ai gardé la paire morte que je portais lors des auditions Mugler et Christine. Elle avait un mojo, quelque chose de magique. (rires)
Un dernier projet que nous n’avons pas évoqué ?
Le premier festival Walk In Paris qu’on organise le 14 et 15 septembre au Bataclan. Il y aura des concerts le samedi et le dimanche, il y a aura un battle qui s’appelle « La roue de la Walkance ». C’est un gros tournant pour nous !