Tengo, pour Tengo Kawana, nom du héros de l’ouvrage iQ84 signé Murakami, auteur japonais, et John, pour Jean sous sa version anglophone, Théophile Grandadam ne cesse de se réinventer à travers son alter ego artistique. Musicalement ou visuellement, le parolier originaire du Val-de-Marne tire profit des esthétiques japonaises et méditerranéennes pour réaliser de superbes grands écarts.
SUNGLASSES: JACQUES MARIE MAGE
HOODIE: BOYHOOD
JACKET: THE NORTH FACE
PANTS: OBEY
SNEAKERS: ADIDAS
Le 1er mai 1996, Hyakutake, ou la Grande Comète de 1996, qui doit son nom à l’astronome amateur japonais qui l’a découverte, atteint son périhélie. Le même jour naît Théophile Grandadam. Cette coïncidence astrale est le point de départ pour mieux cerner le personnage virevoltant Tengo John. D’une part, une fascination pour le cosmos, de l’autre, une admiration pour la culture nippone, et plus globalement asiatique. Justement, après 6 projets et un autre pseudo aujourd’hui révolu, Théo Skellington, Hyakutake est le titre de son dernier EP. “L’inconnu m’attire. Tout ce que la science va tenter de découvrir et d’expliquer. Par moments, ça relève du mystère, de la magie et c’est ce qui me fait palpiter. J’essaie de toucher l’ineffable” déclare avec passion l’auteur de la tranchante série de freestyles Trois Sabres. D’origine corse, le jeune Théophile est bercé au cœur d’un métissage culturel florissant. Tandis que sa mère lui apprend l’italien, il tisse un lien particulier avec la culture méditerranéenne, principalement grecque et transalpine, puis tourne son regard vers le pays du soleil levant et ses alentours. “Mes parents adorent la culture japonaise et asiatique. Quand tu viens chez moi, tu peux retrouver des tableaux, des objets, etc, issus de cette culture. Par ailleurs, on y allait souvent, que ce soit à Hong Kong ou en Thaïlande. Pour ma part, je n’ai jamais été au Japon, mais mon père a déjà fait plusieurs aller-retours” explique Tengo. Un exotisme culturel qui lui rappelle son enfance : les mangas, les jeux vidéos (Pokemon, Zelda…) mais également l’École des chats, une littérature japonaise et coréenne pour adolescents que lui narrait sa mère.