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Yxng Bane, l’élégance avant tout

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Yxng Bane, l’élégance avant tout

Posté par Osain Vichi - 8 juin 2019

De Koffi Olomidé, Fela Kuti et Papa Wemba à Michael Jackson, Future ou encore Gucci Mane, du masque de Bane, rugueux personnage de l’univers Batman, pour garder son anonymat aux marques de luxe telles que Balenciaga, Louis Vuitton ou Chanel, Yxng Bane est de ces artistes qui affirment la singularité de la scène britannique. Alors qu’il fait ses armes sur SoundCloud en publiant singles et le projet Full Moon, tout s’accélère pour le londonien lorsqu’il dévoile ses premiers clips, notamment le sensuel Rihanna. Rencontre avec un artiste à l’énergie difficilement contrôlable. 

Jacket: Fila
Overall: MKT Studio
Socks: Stance
Sneakers: Y-3 – HARIGANE
Backpack: Zara

Tu as sorti ta première mixtape, Full Moon, en 2016. Que peux-tu me dire concernant cette première étape ? 
Tout a commencé pour moi à ce moment. Je publiais mes morceaux sur SoundCloud et ce projet a atteint le million de vues en six mois. Puis, j’ai envoyé mes premiers clips et des artistes déjà installés se sont intéressés à ce que je faisais.
 
En 2017, tu sors le titre Rihanna. Qu’as-tu appris avec ce succès ? A-t-elle réagi ?
J’ai compris que les efforts étaient toujours payants. Il faut être honnête dans ton rapport à la musique. Cette sincérité t’aide mais aide aussi ceux qui t’écoutent. Et oui, Rihanna a entendu le morceau et l’a repartagé sur son compte Instagram. C’était kiffant ! 

Que veux-tu dire à travers la cover du projet, où l’on te voit, enfant, qui regarde le Yxng Bane d’aujourd’hui ?
J’essaie de rester très sincère et très personnel dans ma musique. Avec cette cover, on comprend que le projet est introspectif. Peut-être que pour l’album, je me diviserais en trois : le bébé, l’enfant et l’homme (rires)

Pourquoi as-tu intitulé ton deuxième projet, HBK, pour Heartbreak   (cœur brisé) ? 
Les décisions des autres peuvent t’affecter et c’est ensuite à toi de prendre une décision, qu’elle soit inconsciente ou non. Soit tu changes et tu te laisses influencer, soit tu prends sur toi et ton cœur se brise. Dans mon cas, n’importe quoi peut me briser le cœur, et ce n’est pas forcément lié à une relation amoureuse. Un ami qui te déçoit ou une confrontation familiale… 

Avoir ce rapport intime à la musique t’aide à évoluer humainement ? 
La musique est une thérapie pour moi. Quand je suis triste, énervé ou heureux, je vais au studio pour m’exprimer et retranscrire ces émotions. C’est pour cela que ma musique parle aux gens : on est tous humains et on partage tous les mêmes émotions, les mêmes sentiments. 

Tu parles énormément de tes relations humaines, notamment avec le sexe opposé. Quelle est ta définition de l’amour ?
Si tu m’avais posé la question la semaine dernière, je t’aurais donné une autre réponse. Aujourd’hui, j’ai envie de te dire que le « m » de « amour » signifie « mensonge ». C’est ce que je ressens maintenant (rires). Trouver le véritable amour est une bénédiction. Autrement, je pense que l’amour passe par les actions. Montre-moi que tu m’aimes avant de me le dire. 

Jacket: K-Way
Pull: Balmain
Pants: Balmain
Over Pants: Zara
Socks: adidas
Sneakers: MSGM Attak Hi Top

Tu as un morceau nommé Trap (Piège). Quels sont les pièges que tu as à affronter ?
Tous les jours, il y a des pièges à éviter. Ils peuvent être sentimentaux, émotionnels ou physiques. Tu dois faire face à de nombreux enjeux lorsque tu grandis à East London. Il y a peu d’opportunités donc il faut savoir gérer son énergie intérieure et progresser pour s’en sortir. 

Le dernier titre de HBK s’appelle Better, et tu y dis que tu cherches toujours à t’améliorer. D’où vient cet état d’esprit ?
La pauvreté ! Quand tu viens de nulle part, tu ne peux qu’essayer de devenir quelqu’un, et quelqu’un de bien, qui inspire les autres.

Pourquoi la loyauté est si importante à tes yeux ? Un de tes singles se nomme ainsi.
Quand je parlais d’amour, la loyauté est par exemple une preuve d’amour. Puis, d’où je viens, la loyauté est rare. C’est une notion que tu ne peux pas négliger si tu veux briller, entouré de tes proches.

Lorsque tu as commencé la musique, tu portais le masque du personnage Bane. Pourquoi ?
Je ne voulais pas montrer mon visage, je n’avais même pas Instagram avant la musique ! J’étais juste caché… À ce propos, je n’ai jamais regardé un seul film Batman, j’aime simplement l’aura de Bane. Et puis, on a le même nom. Enlever le masque a été ma meilleure décision. Je l’ai retiré pour mon premier clip. Beaucoup d’artistes au Royaume-Uni portent un masque en ce moment. Désormais, je m’affirme et je n’y pense plus. 

As-tu justement peur de la célébrité et de devenir une tête d’affiche ? 
J’essaie de rester concentré sur ma musique et les choses essentielles. Je retourne souvent à East London afin de revenir à la simplicité de la vie. Et je n’hésite pas à acheter ce poulet frit que j’aime tant, qui est à un prix dérisoire quand tu es dans une bonne situation. Il est important de rester humble pour ne pas se perdre. 

Dans le futur, comment vois-tu ton look évoluer ?
Je ne m’habille pas selon les tendances, je porte ce qui me plaît. J’aimerais juste garder l’élégance des grandes marques qui seront encore là dans 10 ou 15 ans. 

Jacket: C.P. Company
Sweat: Daily Paper
Pants: Human With Attitude
Sneakers: Y-3 Kaiwa Knit
Scarf: Louis Vuitton

En parallèle, tu te montres avec des marques de luxe.
Quelles sont tes favorites ? 
C’est vrai que j’adore cet univers aussi. Je dirais donc Balenciaga, parce qu’ils osent et innovent, notamment cette veste avec un nombre incalculable d’épaisseurs, impressionnant. J’ai l’impression qu’ils se fichent de l’opinion générale. J’aime aussi Off-White, Louis Vuitton, Chanel… Dans un autre registre j’apprécie également Daily Paper, marque hollandaise, et des marques britanniques comme Hustlism, Represent et Only The Blind.

Aimerais-tu collaborer avec certaines marques ou peut-être lancer ta propre ligne ?
J’ai déjà travaillé avec Timberland, et j’ai vraiment apprécié. C’est sûr qu’à l’avenir je vais davantage me plonger dans cet univers. Nous verrons ! 

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Chilla porte le maillot de l’Olympique Lyonnais dans son nouveau clip

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CHILLA

Posté par Mélodie Raymond - 7 juin 2019

Chilla porte le maillot de l’Olympique Lyonnais dans son nouveau clip

Alors que le 1er album de Chilla, MŪN, est disponible en précommande, la rappeuse dévoile un tout nouveau titre clipé avec allure : Jungle. Elle y arbore fièrement les couleurs de l’Olympique Lyonnais.

L’Olympique Lyonnais est l’un des clubs les plus suivis France. Originaire de la ville, la chanteuse était déjà apparue dans la nouvelle campagne publicitaire des maillots du club de la saison 2019-2020 le 15 mai dernier. On l’y retrouvait notamment au côté du danseur, lui aussi d’origine lyonnaise, Lilou. On pouvait l’entendre entonner « Junglejungle », pendant que les joueurs défilaient dans leurs nouveaux maillot.


Il allait donc de soit que ce tout nouveau clip fasse de nouveau un clin d’oeil au fameux maillot imaginé en collaboration avec adidas. Quand le blanc domine le maillot minimaliste à domicile, le club de Jean-Michel Aulas a décidé de charger en graphisme le maillot bleu pour jouer à l’extérieur.


Dans ce clip à l’esthétique psychédélique réalisé par Liswaya, Chilla se dévoile avec différents outfits néo-punks urbains avant de faire une apparition avec le fameux maillot blanc de l’OL. Un flow envoûtant, une production lourde, Chilla qui prend une toute nouvelle direction depuis le titre Premier Jour d’École fait à son public la promesse d’un projet d’une belle qualité.

Si il faudra attendre le 5 juillet pour écouter l’album MŪN de Chilla, il est toutefois déjà disponible en précommande ici.

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Les étoiles vagabondes : l’intime et très beau retour de Nekfeu

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Les étoiles vagabondes : l’intime et très beau retour de Nekfeu

Posté par Mélodie Raymond - 7 juin 2019

Jeudi 6 juin était diffusé pour une séance unique au cinéma le prélude de l’album de Nekfeu : Les étoiles vagabondes. Près de 100 000 spectateurs ont pu découvrir un documentaire inédit dans cent quatre vingt six salles de cinéma en France, à la Réunion, en Belgique, en Suisse, au Maroc et au Canada. L’album a ensuite été dévoilé sur toutes les plateformes de streaming. On y était et on vous dit pourquoi le rappeur livre, de loin, son meilleur projet.

Dans les coulisses, l’excitation est palpable. Le public se brise la voix en attendant l’arrivée de celui que beaucoup ont suivi tout au long de sa carrière. Les rap contenders, époque faste de son groupe 1995 ou encore S-Crew, sans oublier la belle équipe de l’Entourage : cette grande et solide famille à qui il n’a jamais fait faux bond. “Ce soir j’ai joué devant 80 000 personnes et je ne me suis jamais senti aussi seul”. Le documentaire s’ouvre ainsi et dévoile les sentiments les plus intimes du jeune homme de 29 ans, qui durant trois années, a décidé de fuir ce succès fulgurant qui a mis à mal son équilibre psychologique et par conséquent, sa créativité. La fuite, la solitude, la page blanche et l’angoisse deviennent le fil conducteur de cet album qu’il était censé offrir à son public l’année précédente, comme il le narre en voix-off.

Comme pour expliquer ce parcours tiraillé et tiraillant, Nekfeu a décidé de tourner avec son talentueux ami réalisateur, Syrine Boulanouar, un documentaire d’une heure et demie découpé en six chapitres, retraçant toute la phase de création de cet album. Pour retrouver le goût des mots, il fallait partir. Fuir la capitale française, retrouver l’anonymat, s’imprégner des cultures qui lui sont chères, qu’il admire, pour mieux faire de ce projet une thérapie, un remède aux peines et aux peurs nées de cette notoriété toxique. Retour à la source. Le premier chapitre se déroule à Mytilène, île grecque d’origine de Ken Samaras, où on l’y découvre aux côtés de sa grand-mère et des siens. Le sujet est personnel, les images sont douces et crèvent l’écran d’authenticité. Les doutes subsistent pourtant quant à la réalisation de ce projet. Les idées sont floues, les sentiments encore trop brouillés par cette dépression silencieuse mais l’artiste l’a décidé, il ne lâchera pas.

Le second chapitre est un envol pour le pays du soleil levant, dans un appartement loué pour deux mois au cœur de Tokyo, avec l’excellent producteur et ingénieur du son Diabi, pilier essentiel de l’album ou encore avec la bande de potes de toujours, Hologram Lo, Doums, Framal, 2zer, Mekra. Les images de différentes virées à vélos ou en motos dans les rues illuminées de la métropole se succèdent et les sessions d’enregistrement de la débrouille font sourire. Peu importe l’endroit, Diabi créé ses cabines à partir de placards, matelas et coussins, intimement convaincu que l’insonorisation marchera.

Cela n’est d’ailleurs pas sans nous rappeler notre rencontre avec S.Pri Noir dans le numéro SHOES UP 058, qui nous confiait les conditions de son feat « Juste pour voir » dans ce fameux appartement japonais : « Diabi nous avait fait une cabine à partir de coussins et matelas. Il fallait ramper sous le matelas pour y accéder et entre deux réglages, je me suis endormi. Impossible de me réveiller pendant dix minutes. » Les étoiles vagabondes, c’est aussi des rencontres avec des musiciens à cordes japonais qui ponctuent le titre Alunissons ou encore une session studio d’enjaillement avec des artistes locaux.

« Tous les éléments composant l’univers, les galaxies, les amas de poussières, les astres s’éloignent les uns des autres, inexorablement. Un peu comme nous. Et quand deux étoiles sont trop proches et que l’une d’entre elle explose. Il arrive qu’elle condamne l’autre étoile à errer sans trajectoire dans l’univers. On les appelle les étoiles vagabondes. » Cette métaphore galactique faisant écho à son parcours et sa vie, suivra l’artiste tout au long du film de manière très poétique.

Que ce soit dans le traitement visuel postproduction, lorsqu’une comète surgit dans le ciel, où que des lucioles apparaissent au beau milieu d’une forêt japonaise ou encore dans les envolés philosophiques du rappeur, simplement assis sur un lit, se confiant à Syrine. Les chapitres qui suivent emmèneront le spectateur/auditeur dans un studio d’enregistrement bruxellois pour révéler les coulisses de son feat avec Damso « Tricheur » où les deux hommes discutent de leur manière d’écrire, de poser et de l’importance du feeling pour la réussite d’une rencontre. C’est aussi sous le soleil de Los Angeles que Diabi et Nekfeu iront chercher l’inspiration, feront passer des castings de musiciens et s’épuiseront dans leurs sessions de travail nocturnes. Un chapitre retrace quant à lui un voyage à la Nouvelle Orléans, berceau du jazz. L’équipe comptant cette fois Alpha Wann, y rencontre Trombone Shorty, trompettiste virtuose ou encore une chorale venue éclairée le titre Ciel Noir, écrit sur place à l’heure où un Ouragan frappe la ville alors que les habitants sont encore en peine à se remettre de Katrina. Sans jamais tomber dans l’ennuyant ou le pathos, le film se ponctue d’accolades, d’éclats de rires sincères et de rencontres touchantes comme celle avec un batteur de rue, qui raconte son traumatisme lors de la tuerie de Las Vegas le 1er octobre 2017.

L’évolution du film démontre aussi combien Nekfeu a rassemblé toute l’énergie nécessaire à se challenger, à renouveler son flow de manière réussie et à explorer de nouveaux territoires musicaux. « J’essaye de faire de mon mieux, je veux rien montrer devant eux » lâche t-il dans un refrain. Pourtant, le rappeur ne s’était justement jamais autant dévoilé qu’à travers ce projet. Le film se terminera en Grèce, de retour sur l’île de ses parents, sur laquelle de nombreux migrants débarquent par bateau. Ces dernières images et témoignages concluent l’histoire en rappelant le spectateur et l’artiste lui même à la réalité. En naîtra d’ailleurs le titre Ολά Καλά, traduction grecque de Tout va bien « Il faut que j’arrête de me plaindre, y’a tellement pire dans ce bas monde » scande t-il.

Le film se termine, le public est étourdi mais bel et bien debout, prêt à offrir au rappeur cris et applaudissements, pour son travail et sa générosité. Un QR code apparaît à l’écran pour donner accès à un freestyle exclusif disponible pour 24h. Dans la foulée, dix-huit morceaux réussis tournent en boucle depuis 21h30 hier soir et ont même dévoilé la surprise d’une romantique ballade avec Vanessa Paradis, d’un face à face avec la japonaise Crystal Key et l’évidente présence de Némir et d’Alpha Wann. Un splendide opus qui valait sans aucun doute l’attente.