De Koffi Olomidé, Fela Kuti et Papa Wemba à Michael Jackson, Future ou encore Gucci Mane, du masque de Bane, rugueux personnage de l’univers Batman, pour garder son anonymat aux marques de luxe telles que Balenciaga, Louis Vuitton ou Chanel, Yxng Bane est de ces artistes qui affirment la singularité de la scène britannique. Alors qu’il fait ses armes sur SoundCloud en publiant singles et le projet Full Moon, tout s’accélère pour le londonien lorsqu’il dévoile ses premiers clips, notamment le sensuel Rihanna. Rencontre avec un artiste à l’énergie difficilement contrôlable.
Jacket: Fila
Overall: MKT Studio
Socks: Stance
Sneakers: Y-3 - HARIGANE
Backpack: Zara
Tu as sorti ta première mixtape, Full Moon, en 2016. Que peux-tu me dire concernant cette première étape ?
Tout a commencé pour moi à ce moment. Je publiais mes morceaux sur SoundCloud et ce projet a atteint le million de vues en six mois. Puis, j’ai envoyé mes premiers clips et des artistes déjà installés se sont intéressés à ce que je faisais.
En 2017, tu sors le titre Rihanna. Qu’as-tu appris avec ce succès ? A-t-elle réagi ?
J’ai compris que les efforts étaient toujours payants. Il faut être honnête dans ton rapport à la musique. Cette sincérité t’aide mais aide aussi ceux qui t’écoutent. Et oui, Rihanna a entendu le morceau et l’a repartagé sur son compte Instagram. C’était kiffant !
Que veux-tu dire à travers la cover du projet, où l’on te voit, enfant, qui regarde le Yxng Bane d’aujourd’hui ?
J’essaie de rester très sincère et très personnel dans ma musique. Avec cette cover, on comprend que le projet est introspectif. Peut-être que pour l’album, je me diviserais en trois : le bébé, l’enfant et l’homme (rires).
Pourquoi as-tu intitulé ton deuxième projet, HBK, pour Heartbreak (cœur brisé) ?
Les décisions des autres peuvent t’affecter et c’est ensuite à toi de prendre une décision, qu’elle soit inconsciente ou non. Soit tu changes et tu te laisses influencer, soit tu prends sur toi et ton cœur se brise. Dans mon cas, n’importe quoi peut me briser le cœur, et ce n’est pas forcément lié à une relation amoureuse. Un ami qui te déçoit ou une confrontation familiale…
Avoir ce rapport intime à la musique t’aide à évoluer humainement ?
La musique est une thérapie pour moi. Quand je suis triste, énervé ou heureux, je vais au studio pour m’exprimer et retranscrire ces émotions. C’est pour cela que ma musique parle aux gens : on est tous humains et on partage tous les mêmes émotions, les mêmes sentiments.
Tu parles énormément de tes relations humaines, notamment avec le sexe opposé. Quelle est ta définition de l’amour ?
Si tu m’avais posé la question la semaine dernière, je t’aurais donné une autre réponse. Aujourd’hui, j’ai envie de te dire que le « m » de « amour » signifie « mensonge ». C’est ce que je ressens maintenant (rires). Trouver le véritable amour est une bénédiction. Autrement, je pense que l’amour passe par les actions. Montre-moi que tu m’aimes avant de me le dire.
Jacket: K-Way
Pull: Balmain
Pants: Balmain
Over Pants: Zara
Socks: adidas
Sneakers: MSGM Attak Hi Top
Tu as un morceau nommé Trap (Piège). Quels sont les pièges que tu as à affronter ?
Tous les jours, il y a des pièges à éviter. Ils peuvent être sentimentaux, émotionnels ou physiques. Tu dois faire face à de nombreux enjeux lorsque tu grandis à East London. Il y a peu d’opportunités donc il faut savoir gérer son énergie intérieure et progresser pour s’en sortir.
Le dernier titre de HBK s’appelle Better, et tu y dis que tu cherches toujours à t’améliorer. D’où vient cet état d’esprit ?
La pauvreté ! Quand tu viens de nulle part, tu ne peux qu’essayer de devenir quelqu’un, et quelqu’un de bien, qui inspire les autres.
Pourquoi la loyauté est si importante à tes yeux ? Un de tes singles se nomme ainsi.
Quand je parlais d’amour, la loyauté est par exemple une preuve d’amour. Puis, d’où je viens, la loyauté est rare. C’est une notion que tu ne peux pas négliger si tu veux briller, entouré de tes proches.
Lorsque tu as commencé la musique, tu portais le masque du personnage Bane. Pourquoi ?
Je ne voulais pas montrer mon visage, je n’avais même pas Instagram avant la musique ! J’étais juste caché… À ce propos, je n’ai jamais regardé un seul film Batman, j’aime simplement l’aura de Bane. Et puis, on a le même nom. Enlever le masque a été ma meilleure décision. Je l’ai retiré pour mon premier clip. Beaucoup d’artistes au Royaume-Uni portent un masque en ce moment. Désormais, je m’affirme et je n’y pense plus.
As-tu justement peur de la célébrité et de devenir une tête d’affiche ?
J’essaie de rester concentré sur ma musique et les choses essentielles. Je retourne souvent à East London afin de revenir à la simplicité de la vie. Et je n’hésite pas à acheter ce poulet frit que j’aime tant, qui est à un prix dérisoire quand tu es dans une bonne situation. Il est important de rester humble pour ne pas se perdre.
Dans le futur, comment vois-tu ton look évoluer ?
Je ne m’habille pas selon les tendances, je porte ce qui me plaît. J’aimerais juste garder l’élégance des grandes marques qui seront encore là dans 10 ou 15 ans.
Jacket: C.P. Company
Sweat: Daily Paper
Pants: Human With Attitude
Sneakers: Y-3 Kaiwa Knit
Scarf: Louis Vuitton
En parallèle, tu te montres avec des marques de luxe.
Quelles sont tes favorites ?
C’est vrai que j’adore cet univers aussi. Je dirais donc Balenciaga, parce qu’ils osent et innovent, notamment cette veste avec un nombre incalculable d’épaisseurs, impressionnant. J’ai l’impression qu’ils se fichent de l’opinion générale. J’aime aussi Off-White, Louis Vuitton, Chanel… Dans un autre registre j’apprécie également Daily Paper, marque hollandaise, et des marques britanniques comme Hustlism, Represent et Only The Blind.
Aimerais-tu collaborer avec certaines marques ou peut-être lancer ta propre ligne ?
J’ai déjà travaillé avec Timberland, et j’ai vraiment apprécié. C’est sûr qu’à l’avenir je vais davantage me plonger dans cet univers. Nous verrons !