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Hamza à la sauce Gosha

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Hamza

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Posté par Mélodie Raymond - 22 août 2018

Hamza à la sauce Gosha

Instigateur de la déferlante belge qui touche le hip-hop francophone, Hamza s’apprête à sortir à la rentrée un projet que beaucoup attendent depuis 1994. De passage à Paris après une excursion cubaine, il s’est arrêté discuté avec nous de sa musique comme de son dressing auquel il porte bien plus d’importance qu’avant.

TEXTE, PHOTOS SHOES UP Team    Style : Nicolas Bellagio    Mua & hairstylist : Santa Mari Juanna

 

Hamza
Sunglasses Playboy   Sweat Chinatown Market   Pants Vetements   Shoes Nike Air Vapormax Plus

 

Tu reviens tout juste de Cuba. Que faisais-tu là bas ?
Je faisais un clip avec Caballero et JeanJass pour Double Hélice 3 !

Cool. C’est la première fois que vous bossez ensemble ?
J’avais déjà fait un morceau avec Isha et Caballero mais pour le coup c’était la première fois que je bossais avec JeanJass et Caballero ensemble.

On t’avait déjà rencontré en 2016 et pour toi c’était l’année de 3 beaux projets. Zombie Life, ensuite l’EP New Casanova, la mixtape Santa Sauce pour Noël puis on passe en 2017 avec 1994. Qu’est-ce que tu te dis quand tu fais le bilan sur tous tes projets ?
Franchement des chouettes années ! J’ai acquis beaucoup d’expérience, j’ai fait beaucoup de concerts. Je ressens une vraie évolution musicalement parlant tout comme en matière d’exposition. Quand 1994 est sorti, ça m’a vraiment ouvert les portes pour d’autres projets, que des bonnes choses !

Est-ce que tu penses que ton approche de l’écriture a changé ?
Bien sûr, je pense avoir grandi, pris en maturité. J’ai plus pris le temps de me poser et d’apporter une vraie réflexion à travers ma musique. C’est toujours spontané mais les messages que je véhicule sont plus forts, j’essaye de raconter quelque chose.

Tu continues à faire vivre 1994, tu as sorti le clip de Life il n’y a pas si longtemps. Tu comptes clipper encore des morceaux ?
Normalement il y a un dernier clip qui va sortir pour Jodeci Mob. Je suis en train de terminer le tournage.

 

Hamza
Jacket Gosha Rubchinskiy

 

Il paraît que 2018, tu es enfin prêt pour sortir ton premier album. Tu en es où ?
Oui je suis dessus, ça sera pour la rentrée ! Je ne peux pas encore trop en parler mais ça va être lourd, il y aura des feats, des surprises. Ca va aller vite, les premiers singles vont arriver cet été !

On a repéré une petite photo de toi et Sfera Ebbasta qui décroche aussi une cover pour ce numéro de SHOES UP. Avez-vous bossé ensemble ?
Oui il m’avait invité à Milan, on avait bossé ensemble et on travaille toujours ensemble. C’est un bon gars. Ce qu’il fait, ça ressemble un peu à ce que je fais, on se comprend lorsqu’on est en studio. Il mérite clairement sa place de numéro un en Italie et il a une dégaine qui envoie. Son style est dingue.

Tu fais partie des artistes avec Damso qui ont ouvert les portes à l’effervescence qu’il y a autour du rap belge aujourd’hui. Est-ce que tu le ressens comme tel ?
Bien sûr. Je fais partie de ceux qui ont ouverts les portes et c’est une fierté. Je me souviens, quand j’ai sorti H24, il n’y avait encore personne. Même Damso, je pense qu’il venait tout juste de signer chez 92i. Les autres comme JJ et Caba sont là depuis très longtemps aussi mais c’est vrai qu’on a doucement tracé le chemin, comme Stromae a pu le faire pour moi et nous tous.

Est-ce que tu connais autant de succès en Belgique qu’en France aujourd’hui ?
J’ai un gros succès en Belgique mais Paname, quand je regarde les statistiques sur les plateformes, ça reste la ville où les gens m’écoutent le plus. C’est très spécial en Belgique, les gens écoutent beaucoup de musique mais ils ne sont pas autant impliqués dans le soutien qu’autre part. Comme on dit, nul n’est prophète dans son pays. Je pense que les belges sont difficiles. J’avais lu une étude, il me semble que ça concernait Nivea et quand ils testaient des nouveaux produits, ils les sortaient d’abord en Belgique. Si ça fonctionnait en Belgique, c’est que ça pouvait marcher partout. C’est marrant.

Ce qui est assez frappant dans ton parcours, c’est aussi l’évolution de ton look. On a le sentiment que tu oses un peu plus. Par exemple, dans le clip de Sans toi avec Myth Syzer, tu portes une jacket argentée, chose qu’on avait du mal à imaginer en 2015.
Oui c’est complètement vrai, je n’aurais certainement pas osé avant. Ensuite ça va avec mon évolution et les tendances mode qui peuvent revenir aujourd’hui. Je fais plus attention à ce que je porte et je m’y intéresse de plus près. Il y a des pièces que je mettais avant que je ne remettrais plus jamais et inversement.

 

Hamza

 

Comme quoi ?
Disons qu’avant je mettais un peu tout avec n’importe quoi. Je pouvais te mettre une paire de COMME des GARÇONS avec un gilet Bape et une casquette New Era NYC. C’était trop ! Maintenant, j’essaye de faire plus attention aux associations d’imprimés et j’ai un meilleur sens du détail et du subtil.

Quelle est la dernière belle pièce mode que tu as acheté ?
Un pantalon rose Palm Angels. J’en avais déjà un vert, mais j’aime aussi beaucoup celui-ci !

Pour SS18, la chemise manche courte imprimée est un peu partout. J’imagine que ça te parle ?
Grave ! J’en ai reçu une bleue de chez Levi’s que j’ai porté sur un des clips qui va sortir. Je la kiffe trop. J’en ai trouvé des cools à Cuba aussi, tu sens que l’inspiration vient clairement de là-bas. Balenciaga en a sorti une hawaïenne dans les tons orange qui est cool aussi.

Ca fait plusieurs saisons que les 90’s sont partout. On a observé le retour des Sergio Tacchini, FILA, Kappa, Champion, Tommy Hilfiger et j’en passe. C’est une tendance que tu n’adoptes pas du tout, pourquoi ?
Je ne suis pas très fan de ce côté très training. J’ai déjà porté du Tacchini etc mais j’avoue que ça ne me parle plus du tout.

Alors que musicalement, le rap et le R’n’B de ces années-là font clairement partie de tes sources d’inspirations non ?
C’est vrai 90 et 2000 je dirais même. J’ai beaucoup écouté Aaliyah, Ashanti, R.Kelly, Montell Jordan, il y en avait tellement que j’adorais !

 

Hamza

 

Dans tes interviews, tu cites inlassablement 50Cent comme la personne qui t’a donné envie de faire ce métier. Parmi les artistes que l’on voit partout aujourd’hui, qui citerais-tu à part Travis Scott ?
(rires) À part Travis Scott ? Drake alors ! Pas seulement musicalement, il m’impressionne avec la manière dont il gère sa carrière etc. En plus à chaque fois qu’il sort un projet, il influence tout le game alors qu’il n’a pas un style de ouf. Il est souvent habillé en October’s Very Own, presque tout le temps en noir et il parle vraiment avec sa musique. Drake est un grand monsieur, arriver à son stade est un goal !

Sur la pochette de Godzilla, tu portes une jacket rouge en velours côtelé. C’est une tendance qui revient en force pour FW19, tu vas continuer à en porter ?
Oui carrément et j’aime beaucoup cette veste. C’est une collaboration Gosha Rubchinskiy x Levi‘s. Le velours côtelé, c’est super beau que ce soit sur une veste, une chemise ou un pantalon.

À part les Jordan, Air Force 1 et Converse, que portes-tu aux pieds ?
Franchement elle est dure ta question ! À part Gucci, j’ai beaucoup de paires de Nike ! J’ai quelques paires de New Balance, de Vans aussi. J’avais acheté la paire de Vans x Alyx noire et blanche. Mais dans l’ensemble, je suis vraiment Nike.

La dernière paire Nike qui t’a rendu fou ?
La Air Jordan 1 Nike x Off-White blanche.

Qu’est-ce que tu aimes mettre pour la scène ?
J’aime bien porter des couleurs, des belles choses visuellement. Justement la veste argentée, je l’avais portée en concert, ça a de la gueule.

Quelles sont les marques que tu affectionnes particulièrement ?
J’aime beaucoup A-COLD-WALL, Heron Preston, J.W Anderson, Balenciaga, Gucci. Je suis impatient de voir ce que Virgil Abloh va faire pour Louis Vuitton.

 

Hamza

 

Une pièce que tu ne pourrais jamais porter ?
En fait il y a plein de trucs qui sortent qui sont super oversize. Ça me fait trop chier car je suis petit et il y a des trucs que je trouve très beaux que je ne pourrais pas porter. Les Triple S de Balenciaga par exemple, c’est horrible pour moi ! Il faut être super grand pour porter ça !

À part ton album, quels sont tes projets pour l’année ?
C’est déjà pas mal ! (rires) Je fais beaucoup de festivals. J’ai fait le Printemps de Bourges. Sinon je fais Dour, Inc’Rock en Belgique, Cabaret Vert, les Eurockéennes et plein d’autres. Un programme chargé ! Sinon il y a l’Olympia aussi à la rentrée, l’album sera sorti, ça va être chaud.

Qu’est-ce que tu penses du fait que SCH ait signé dans le même label que toi REC 118 ?
Je suis très content. J’aime beaucoup SCH et on bosse encore pas mal ensemble, on a travaillé en studio à Paname il n’y a pas très longtemps, pour nos deux projets. Il y aura certainement un morceau chez moi et un morceau chez lui !

Concernant SCH, j’ai une dernière question. Il y a deux numéros de ça, on a fait une cover avec Paigey Cakey, la rappeuse qui a accusé SCH de plagiat sur le beat de Ça va. Il s’avère que nos confrères de Noisey ont aussi découvert que c’était le même beat que ton morceau Aah Yeah qui sort à peu près en même temps, voire avant celui de Paigey. Peut-on avoir le fin mot de l’histoire ?
(rires) J’avoue que j’ai essayé de suivre aussi mais c’est compliqué ! Moi je trouve qu’il y a un peu d’exagération dans toute cette histoire.

Ce n’est pas allé bien loin non plus…
Non c’est vrai mais personnellement, je ne trouve pas que mon beat ressemble fortement à celui de Paigey. C’est une prod que j’ai fait il y a très longtemps, certainement six mois avant que Santa Sauce sorte. J’ai justement découvert Paigey Cakey avec l’histoire qu’il y a eu par rapport à SCH mais finalement je crois que c’est cool entre eux ?

Oui, on lui a posé la question et elle nous a répondu que c’est aussi grâce à lui qu’elle s’est faite connaître en France.
Ça va alors. Tout est bien qui finit bien !

 

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Sfera Ebbasta : la Trap en Balenciaga

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SFERA EBBASTA

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Posté par Mélodie Raymond - 15 août 2018

Sfera Ebbasta : la Trap en Balenciaga

Véritable OVNI mode, l’artiste Sfera Ebbasta est venu hisser très haut le drapeau de l’Italie sur la map du hip-hop européen. Considéré comme le précurseur de la Trap ritale et découvert en France grâce à SCH, il s’assure désormais une vie de rockstar où les marques de luxes lui ouvrent les grandes portes.

TEXTE, STYLE, PHOTOS SHOES UP Team     Mua & hairstylist : Santa Mari Juanna

 

SFERA EBBASTA
Sunglasses Louis Vuitton   Puffa Coat Balenciaga   Tee Vlone   Pants Supreme x Louis Vuitton   Socks GCDS   Shoes Alexander McQueen

 

Tu es l’un des premiers rappeurs Italien devenu célèbre en Europe. Comment la musique a commencé pour toi ?
J’ai d’abord commencé par écouter énormément de rap puis à écrire, à rapper un freestyle comme ça pour rigoler de manière très spontanée, j’avais 13 ou 14 ans. Ensuite petit à petit j’ai été amené à enregistrer et j’en suis arrivé là.

La première fois que tu as enregistré c’était dans quel contexte ?
C’est un pote qui m’a emmené dans un studio amateur et j’ai commencé à enregistrer.

Ton vrai prénom est Gionata Boschetti. Pourquoi Sfera Ebbasta ?
Quand j’étais plus jeune je faisais beaucoup de graff, et mon blaze était Sfera. Quand je me suis inscrit sur Facebook j’ai dû mettre un nom de famille mais je n’avais pas envie de l’indiquer, du coup j’ai mis Ebbasta qui signifie Sfera et ça suffit. C’est finalement resté.

Parle-nous de Ciny, l’endroit où tu as grandi.
Disons que Ciny est une petite banlieue de 100 000 habitants environ. C’est une ville assez différente du centre-ville de Milan. Tout le monde traîne ensemble dans les quartiers, il y a des scoots qui tournent dans tous les sens, c’est ce genre d’ambiance auquel nous sommes habitués.

Comment as-tu rencontré le beatmaker Charlie Charles ? Tu bosses beaucoup avec lui et lui-même bosse avec de nombreux rappeurs.
On s’est rencontré quand on était des gamins. J’enregistrais déjà et il m’écoutait. C’est comme ça qu’il a décidé de prendre contact avec moi et on a commencé à bosser ensemble. Après je t’avoue qu’avant même d’être associés, c’est surtout une histoire d’amitié.

 

SFERA EBBASTA
Sunglasses Fendi   Jacket Sandro   Hoodie Tealer

 

Ton album s’appelle Rockstar. En 2013, Kanye West a dit « Le rap est le nouveau rock et nous sommes des rockstars. » Est-ce la signification derrière ce titre ?
Je suis totalement d’accord avec Kanye West parce-que le rap a bel et bien remplacé le rock et les rockstars se sont peu à peu effacées. Au-delà de l’aspect musical c’est surtout une question de lifestyle et c’est pour ça que j’ai appelé l’album Rockstar.

Tu as vraiment le sentiment de vivre une vie de rockstar aujourd’hui ?
Oui et pas qu’un peu… (rires)

Tu es différent pour plusieurs raisons. Tu es considéré comme le roi de la trap en Italie et ton style vestimentaire n’est pas commun. Comment es-tu tombé amoureux de la mode ?
J’ai toujours eu cette fibre de modeux. Déjà petit je m’habillais de manière un peu bizarre et je kiffais. Mais avec le succès j’ai eu accès à des sapes très différentes, mon armoire a un peu changé mais l’amour du style et mon style extravagant reste le même.

Quel était ton premier tatouage ?
C’était au lendemain de mes 18 ans. Je me suis fait tatouer une femme avec une guitare. C’était un hommage à mon père car il était guitariste.

Tu portes de nombreuses marques de luxe italiennes. Gucci, Muschino, Fendi, Prada et évidemment Balenciaga, à qui tu as dédié un titre avec SCH. Penses-tu qu’avoir grandi prêt de Milan t’a donné le goût pour la haute-couture ?
Je ne pense pas que ce soit lié au fait que j’ai grandi près de Milan. La mode, c’est un truc que tu as ou que tu n’as pas. Tout le monde connaît Gucci ou Balenciaga mais c’est plus une question d’y avoir accès, si tu peux ou non te le permettre et si tu détiens cette fibre.

 

SFERA EBBASTA
Sunglasses Fendi   Jacket Sandro   Hoodie Tealer   Jeans Amiri   Socks GCDS   Sneakers Gucci

 

Comment sont les liens entre ces marques de luxe italiennes et les rappeurs en Italie ? En France, les marques ne sont pas toujours ravies d’être portées par les acteurs de la culture street.
Pour ma part, j’ai de très bonnes relations avec les grandes marques italiennes. J’ai l’occasion de bosser avec elles de temps en temps et nous avons des rapports très cordiaux. J’ai même accès à certaines paires plutôt rares, à des exclus, des remises…etc. Je peux te citer des marques comme Gucci, Moschino, Ferragamo etc.

Tu es le premier rappeur italien qui a créé une sneaker pour Nike. Comment cela s’est-il déroulé ?
Au départ, Nike m’envoyait des paires mais moi j’ai toujours eu l’envie d’aller plus loin. Au bout d’un an, j’ai demandé à être un peu plus impliqué et puis on a fait cette paire qui était une exclue italienne. Le focus de Nike était sur la Air Force à cette époque-là et pour ma part, j’ai toujours pensé que la Air Force était parfaite toute blanche. Comme il m’arrive assez souvent de sortir avec une paire de baskets dépareillée, j’ai voulu jouer sur ça avec les lacets. Parallèlement j’avais déjà en tête la direction artistique de la couverture de l’album Rockstar. La couleur jaune, la couleur rose. J’ai donc essayé de jouer sur ces couleurs-là pour apporter ma touche personnelle à la paire.

Aimerais-tu créer une collection entière ?
C’est sûr que ça arrivera, je ne sais pas si ce sera avec Nike ou pas mais en tout cas c’est sûr et on attend le bon moment.

Si tu devais créer ta marque, sais-tu vers quelle direction aimerais-tu aller ?
Je chercherais à créer un univers qui ne soit pas forcément lié à moi mais qui toucherait un plus grand public. J’aimerais même que les haters achètent ma marque sans savoir que ça vient de moi.

 

SFERA EBBASTA
Sunglasses Amor.dust24   Hoodie Tealer

 

As-tu de nombreux haters ?
Quand tu es numéro 1, tu as forcément beaucoup de haters ! (rires)

Dans Figli di Papa, tu dis « A 12 (dodici) anni avevo soltanto due scarpe ». (« À 12 ans, j’avais seulement deux paires de chaussures. » )Tu rêvais de quelles sneakers à cette époque ?
Je rêvais des requins, les TN ! On les appelle aussi les requins en Italie !

Tu as bossé avec SCH et tu écoutes paraît-il pas mal de rap français. Le dernier son que tu as écouté en boucle ?
Mwaka Moon de Kalash et Damso

Un artiste français avec qui tu aimerais fortement collaborer ?
Booba

Quels sont tes projets pour l’année ?
Faire 10Millions d’euros ! (rires) Musicalement parlant, en 2018, on a déjà démontré ce qu’on devait démontrer. Je vais tourner toute l’année et le tour européen sera annoncé à la fin de l’été.

 

SFERA EBBASTA
Sunglasses Amor.dust24   Polo Shirt Nikben   Watch Rolex   Jewellery Stylist’s own

 

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Aloïse Sauvage : fougue à l’âme

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Aloïse Sauvage

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Posté par Mélodie Raymond - 8 août 2018

Aloïse Sauvage : fougue à l’âme

Même assise sur un tabouret, l’artiste Aloïse Sauvage ne tient pas en place. Son corps l’appelle à changer de positions mille fois. À fond à force d’être sur tous les fronts, l’actrice, chanteuse, danseuse et circassienne fait sensation dans tout ce qu’elle entreprend.

TEXTE, STYLE, PHOTOS SHOES UP Team & Julia Gley     Mua & hairstylist : Santa Mari Juanna

 

Aloïse Sauvage
Cap Samsøe & Samsøe   T-shirt Cheap Monday   Belt L’Aiglon   Pants You Must Create   Shoes Paraboots

 

Le public a pu te découvrir à travers le cirque contemporain, la danse, le cinéma, et maintenant la musique. Comment vis-tu ce quotidien de touche-à-tout ?
Je le vis bien car je l’ai désiré ! C’est en quelque sorte un choix de ne pas réussir à choisir. C’est juste que ça demande une organisation et une rigueur au quotidien assez soutenues. J’ai envie d’être entre guillemets excellente dans tout ce que je fais, d’aller au bout de chaque envie. Tu multiplies ça par le nombre de domaines dans lesquels j’évolue. C’est un peu épuisant et assez stressant parfois mais l’équilibre dans la balance se fait bien donc je pense que pour le pourcentage de choses magnifiques qui m’arrivent, le stress et les insomnies se gèrent.

Tu n’étais que peu prédestinée au monde artistique. Tu envisageais même de devenir prof de lettres modernes, quel a été ton déclic pour changer de voie ?
C’est toujours délicat de se rappeler précisément des éléments déclencheurs. Je dirais juste que c’est une histoire banale d’une jeune fille qui est passionnée par plein de trucs artistiques, qui en fait beaucoup depuis qu’elle est jeune à fond après les cours et ça ne l’a pas empêchée d’avoir une très bonne scolarité. J’aime apprendre, j’ai aimé l’école mais je me suis dit à un moment que si je ne le faisais pas maintenant, physiquement ça n’aurait plus été possible. En l’occurrence je parle de la danse ou de l’aspect plus scénique, certainement moins dans la musique ou dans le cinéma. Mais du coup, je me suis dit qu’il fallait vraiment essayer à ce moment-là.

À quel âge as-tu commencé la danse ?
J’ai commencé le hip-hop vers mes 12 ans. J’ai dû faire une année en CM1 et le break est arrivé au collège.

Et le cirque contemporain ?
Le cirque c’est moins une technique qu’un espace pour moi. C’est à dire que le cirque m’a permis de continuer à faire tout ce que je faisais et ça s’est enveloppé dans ce monde qu’est le cirque contemporain. Je n’ai pas changé de technique, je suis arrivée avec ma danse, mes envies corporelles, mes envies théâtrales puis je me suis insérée là-dedans. Au cirque contemporain, ce que je faisais, on appelle ça de l’accro-danse mais finalement c’est très personnel et propre à chacun. Moi c’est mon break dance à moi mêlé à de l’acrobatie au sol.

En ce moment tu es sur la scène de 5èmes Hurlants avec la scénographe et chorégraphe Raphaelle Boitel. Parle-nous de ce spectacle.
C’est donc un spectacle de cirque contemporain. Raphaelle Boitel a monté sa compagnie L’oublié(e) il y a 4 ou 5 ans et je bosse avec elle depuis le début de sa compagnie et avant, elle bossait avec James Thierrée. Ils ont tourné pendant 10 ans à travers le monde. Dans 5èmes Hurlants nous sommes cinq sur scène, de nationalités différentes et on vient tous de l’académie Fratellini. Ce spectacle est sans dramaturgie précise comme un spectacle de théâtre mais c’est une succession d’images et de tableaux qui réfèrent à une même thématique. Très basiquement on essaye de parler du cirque, de la persévérance qu’il faut avoir. Il y a donc des tentatives, des échecs, de la réussite, et de l’entraide.

 

Aloïse Sauvage
Hat Béton Ciré   Sunglasses Edie & Watson x Poyz&Pirlz   T-shirt Fred Perry   Short Weekday   Socks Uniqlo   Sneakers Vans Authentic Platform

 

Comment es-tu arrivée sur le tournage de 120 battements par minute ?
Ils ont fait un énorme casting pour ce film, moi je n’ai pas été castée à cette étape-là. À la base, mon rôle, je crois que c’était un transsexuel qu’ils n’ont certainement pas trouvé et mon agent aimait vraiment beaucoup le travail de Robin Campillo. C’est elle qui m’a fait découvrir Eastern Boys. J’ai dû faire une vidéo que j’ai faite à fond de manière assez rigolote. Elle a un peu tournée dans le monde des directeurs de casting et elle s’est retrouvée devant les directrices de casting de ce film.

Que faisais-tu sur cette vidéo ?
Je me présentais, j’étais en Hollande, il pleuvait, j’étais dans une caravane. J’étais allée voir des potes jouer et je coupais très vite, j’avais l’impression d’être une youtubeuse (rires). Du coup je me changeais, je m’attachais les cheveux et en me présentant, je faisais des petites blagues parce que j’aime bien les blagues !

Est-ce que tu te doutais que ce film ferait l’unanimité à ce point ?
C’est difficile d’anticiper ça, ce serait mentir que de te dire oui. Néanmoins tu sais que ça va être bien parce que tu fais confiance au réalisateur. Avec les images et le travail qu’il a fait auparavant, tu sais qu’il y a une intelligence et une vision esthétique et artistique hyper intéressante. Après je sais que le premier jour de répétition tous ensemble, j’ai senti qu’il allait se passer un truc. On était tous dans un amphithéâtre et c’est tellement rattaché à l’histoire personnelle du réalisateur, des co-scénaristes et des producteurs qu’il y avait un truc fiction/devoir de mémoire qui était très émouvant. C’était très beau aussi car il y avait beaucoup de non acteurs et jeunes acteurs et j’en fais partie. Il n’y avait qu’ Adèle Haenel qui est vraiment dans le game du cinéma. Sinon c’était beau de naître presque tous ensemble en valorisant cette communauté.

C’est un film coup de poing, bouleversant, où l’on se rend compte combien la vie d’activiste est éprouvante. Est-ce une vie que tu aurais pu mener ?
Je pense que t’es affecté par quelque chose qui touche au vital, tu n’as pas d’autres choix que de soit te laisser mourir soit de transformer cette tache noire qui t’envahit psychologiquement et physiquement par une rage de vivre. Je ne peux pas me mettre à leurs places mais je crois que tu n’y réfléchis même pas. Ce qui est clair, c’est que ce film montre le pouvoir de l’engagement et du collectif, ça donne foi aux groupes et ça me parle.

 

Aloïse Sauvage
Jacket Carhartt WIP   Pants Maison Château Rouge x Monoprix   T-shirt Fred Perry   Socks Uniqlo   Shoes Fila

 

Peux-tu aussi nous parler du tournage des Fauves ?
On a tourné cet automne et ce film, c’est signé Vincent Mariette qui a tourné Tristesse Club. Le rôle principal revient à Lily Rose Depp. Il y a également Laurent Lafitte, Baya Kasmi, Camille Cotin, Yoann Zimmer et deux autres jeunes acteurs. C’est une sorte de thriller psychologique qui se passe en Dordogne dans un camping. Laura (Lily Rose) passe des vacances en famille avec sa cousine (mon rôle). Dans ce camping, il y a des rumeurs de félin qui rode avec un décès l’an passé jamais élucidé. Parallèlement, Laura va être attirée par un écrivain qu’elle affectionne et elle va se rendre compte qu’il fait peut-être un peu vivre la rumeur. Il y a donc tout un truc autour de ce qui est réel et ce qui est fantasmé.

C’était chouette à tourner ?
Hyper cool, très différent de 120 battements par minute ou de Mal de Pierre avec Marion Cotillard mais super enrichissant. J’avais un second rôle donc j’avais plus de place pour jouer plus de texte et je suis heureuse dès que j’ai plus de place pour m’exprimer. C’était un personnage qui ne me ressemble pas du tout de base donc c’était marrant. C’était super de jouer avec Lily Rose, c’est une fille très talentueuse. Je lui souhaite beaucoup de succès.

Tu t’es lancée dans le projet d’un EP avec Abraham Diallo qui doit sortir au printemps. Tu as déjà sorti les titres Ailleurs Higher et Aphone. Peux-tu nous en dire plus ?
En fait je suis en réflexion sur le fait de sortir ou non un EP car je n’avais pas anticipé tout ça. J’ai fait quatre titres dont les deux qui sont déjà sortis. Ils méritent d’exister, j’en suis fière mais ils ont tellement été faits dans un truc instinctif, pas vraiment réfléchi avec cohérence. Du coup, je réfléchis à sortir quelque chose plus tard et pensé comme un vrai projet. Je vais donc peut-être sortir les deux derniers titres avec les clips comme j’avais prévu. Tu es la première personne à qui je dis ça mais il y a des chances pour que ça se passe comme ça. Si je sors cet EP, ça fait partie d’une discographie donc j’ai encore besoin d’expérimenter, je trouve que c’est encore un peu jeune.

Est-ce que tu peux revenir sur les clips avec Zenzel ?
J’ai envie que le prochain titre se fasse avec lui car on a commencé tous les deux. Zenzel, c’est son nom d’artiste mais il s’appelle Vincent Giannesini, c’est mon meilleur pote dans la vie. Il est autodidacte, il a appris tout seul la photo et la vidéo et on évolue ensemble. Les clips, on les réalise et on les produit tous les deux et puis après comme Aphone, je fais appel à des amis qui me sont chers ou comme pour celui qui sort en février. Le concernant, ce sont ses premiers clips musicaux et il a des demandes donc c’est cool si ça l’aide aussi, j’aime cette notion d’équipe.

Tu as plusieurs fois déclaré que tu rêvais de monter un spectacle. Quel en serait le sujet ?
En fait, on est en train d’en monter un avec une amie. C’est un spectacle de cirque contemporain, et ça nous permet d’y fourrer un peu tout ce que l’on aime dedans. C’est une bonne question mais ça s’appellera surement Braves et traitera de la liberté de s’assumer, d’être soi, de la question du genre, de la prise d’action, de la prise de parole et l’acceptation.

Tu es souvent associée à des artistes hors catégorie comme Eddy de Pretto, qui mêlent de nombreuses inspirations et qui appuient sur l’importance de l’écriture. Qu’est ce que tu en penses ?
J’en pense du bien après c’est drôle parce que, sans que l’on puisse vraiment nous ranger dans une case, on nous met quand même dans une case. C’est pas négatif mais je me rends compte qu’on nous associe tous un peu, cette nouvelle vague de jeunes qui ont ce rapport à l’écriture lié à l’énergie hip-hop tout en gardant un attachement à la chanson française ou à la pop et l’électro. Et finalement on est assez différent mais on nous associe dans quelque chose de non genré, non codifié, mais bon ça me va qu’on m’associe à Eddy. C’est un artiste que j’estime et j’ai l’impression que c’est peut-être un premier pas pour qu’on arrête d’associer. On va peut-être franchir un autre cap et qu’on cloisonnera moins les définitions.

 

Aloïse Sauvage
Jacket adidas Originals   T-shirt Santa Cruz   Pants Wrangler   Socks Uniqlo   Sneakers Reebok Workout

 

Le hip-hop et le rap sont des milieux que tu touches de près. Qu’est-ce que tu écoutes ?
Oui j’écoute beaucoup de rap, tout ce qui sort. J’aime bien la liberté dans le rap même si parfois je trouve ça un peu léger au niveau paroles. Je n’aime pas trop quand c’est violent car ça a beau être du second degrés, c’est quand même écouté par des millions de jeunes filles et jeunes garçons et parfois ça peut donner lieu à des réflexions homophobes ou sexistes que je n’accepte pas. Sinon pour répondre à ta question, je suis de la génération zapping et souvent je me perds dans les abysses des playlists et j’adore ça. J’ai écouté le dernier album d’Orelsan, avant j’écoutais beaucoup Disiz La Peste, Diam’s, Sniper, Oxmo Puccino, j’aime bien écouter La Fouine, j’assume. Et je suis très curieuse aussi d’écouter les Niska, Ninho, PNL. Je ne suis pas totalement d’accord mais il y a un truc intéressant dans le sens où on a le sentiment qu’ils ne se prennent pas trop la tête. Sinon j’écoute aussi Ibeyi et je vais faire leur première partie.

Tu portes actuellement un half zip Walk In Paris et on t’a vu dans leur vidéo de campagne… Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Oui, nous sommes amis ! J’ai connu Gary grâce à Léo. En fait c’est marrant car parfois il y a des gens avec qui tu es liée sans le savoir et avec Léo, on avait vraiment des connaissances communes. Je crois que la personne qui me parlait souvent de lui était Marion Motin. Elle nous disait qu’on était un peu frère et sœur sans le savoir. Un jour, il a monté un projet de danse qui s’appelait La marche bleue auquel j’ai participé et on est devenu amis.

Quel est ton rapport avec la mode ?
J’adore qu’on m’habille mais je ne fais pas l’effort… J’aime trop piquer les fringues de mes potes stylés mais c’est vrai que personnellement, je ne fais pas beaucoup attention à moi au quotidien. J’aime le faire pour des photos, des vidéos ou pour des évènements comme le festival de Cannes qu’on a fait récemment. Sinon en général, j’enfile un pull et je vais m’entrainer.

Est-ce que tu portes un intérêt aux sneakers ?
Je suis Air Max, je suis un peu une Nike addict. Avec la danse, on a souvent un rapport étroit avec la sneaker, on cherche la paire avec laquelle on est à l’aise pour danser. Dans le break, il y a eu une grosse phase Puma Suede, moi je portais plutôt des Vans, j’avais envie d’avoir des petits pieds je pense. Maintenant je suis plus Air Max car elles sont à la fois street et elle passe aussi très bien avec une tenue soignée.

 

Aloïse Sauvage
Cap Samsøe & Samsøe   Bumbag Boyhood   T-shirt Vans   Overalls Carhartt WIP   Shoes Converse All Star Chuck Taylor

 

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