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Mahalia : esthète RnB

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MAHALIA

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Posté par Mélodie Raymond - 11 juillet 2018

Mahalia : esthète RnB

Le girl empowerment des UK se porte bien. Preuve en est, Mahalia, jeune diva soul et RnB, révélée avec son puissant titre Sober. Une bonne humeur communicative, un style 90’s qui se veut à la fois streetwear et super féminin, nous avons rencontré l’artiste de Leicester de passage en France pour son deuxième concert Parisien. 

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MAHALIA
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C’est ton second show à Paris. Comment te sens-tu ?
Merveilleusement bien ! C’est trop bizarre car la première fois que je suis venu, je ne pensais pas que j’en ferais un autre en si peu de temps. Ce sera le deuxième en un mois et ce soir, c’est sold-out, quatre cent personnes, je suis trop impatiente.

Tu as écrit ta toute première chanson à 8 ans. De quoi parlait cette chanson ?
Oui (rires). Ce n’était pas vraiment une très bonne chanson ! Elle s’appelait « My Angel » et je ne sais plus de quoi ça parlait exactement. En réalité, c’est le genre de chanson dont tu ne dois jamais parler jusqu’au jour où on te le demande en interview. (rires) La seule chose, c’est que c’est à ce moment là que j’ai réalisé que je pouvais écrire une chanson et c’était un véritable sentiment de satisfaction. J’avais accompli quelque chose et je voulais continuer dans cette direction.

Es-tu devenue musicienne suite à ça ?
Oui j’ai commencé à jouer de la guitare à 11ans. J’ai commencé en me formant toute seule et ça m’a permis de vraiment me mettre à écrire. Mes parents sont aussi dans la musique. Mon père joue de la guitare, écrit et chante et ma mère chante. Quand j’étais enfant, je passais mon temps à les observer, j’allais à leurs shows et le fait d’être autant autour d’eux, je pense que ça m’a donné envie de faire la même chose. Ils faisaient de la musique acoustique, très minimale, entre soul et jazzy, c’était génial.

Ton histoire n’est pas courante. Tu as dit à ta mère « je veux être chanteuse et rencontrer Ed Sheeran. » Et ça s’est passé ainsi. Peux-tu nous expliquer comment ?
Il y avait un programme à la télé qui s’appelait Must be the music, j’avais 12 ans et je voulais faire l’émission. Je voulais juste que les gens m’écoutent chanter. Et l’année où j’ai voulu la faire, ils ont arrêté l’émission. J’ai pleuré, j’étais dégoutée. Ma mère m’a demandé ce que je voulais vraiment et je lui ai répondu « Je veux rencontrer Ed Sheeran. » À cette époque, il était au début de sa carrière, il m’inspirait beaucoup. Je pense même qu’il est l’une des raisons pour laquelle j’ai commencé à jouer de la guitare. J’ai donc fait un voyage avec ma mère où nous l’avons suivi en festival, en concerts, pour s’éclater toutes les deux et essayer de le rencontrer. Je voulais vraiment lui sérer la main. J’ai fini par rencontrer la bonne personne qui me l’a présenté. Après notre rencontre, il a twitté mon soundcloud en disant que j’étais fantastique et en encourageant les gens à aller m’écouter. Puis j’ai signé dans un gros label.

 

MAHALIA

 

As-tu été très exposée ? Tu avais seulement 13 ans.
Je dirais que non. Mon label m’a laissé continuer mon parcours scolaire, passer mes examens etc. Ils ont été très bons avec moi. J’aimais étudier et j’ai aussi souhaité m’accrocher. Au moment d’aller à l’université quand j’avais 18 ans, j’ai pris la décision de me mettre à 100% dans la musique. Après pour être honnête, même sans être exposée, c’était quand même pas mal de pression car il fallait faire ses preuves.

Tu cites évidemment Ed Sheeran comme une inspiration mais ton style est très soul et RnB.
Oui je pense que je suis influencée par de nombreux genres de musique mais les principaux que j’ai écoutés sont Lauryn Hill, Erykah Badu, India Arie, Angie Stone, Amy Winehouse, le premier album d’Adele, D’angelo… Il y en a eu énormément, beaucoup de la vieille école RnB et des musiciens jazz aussi. Je suis aussi dans la funk music. Faire de la musique m’a toujours rendu heureuse. Je pense que j’ai toujours essayé de faire passer les mêmes émotions que tous ces artistes.

Et la personne que tu écoutes le plus aujourd’hui ?
Le rappeur américain Russ. Sa musique est incroyable. Je l’ai découvert avec Pull The Trigger et son album sorti l’année dernière est fou. Sinon j’adore Cardi B.

 

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Diary of me, comme son nom l’indique est un album très personnel. Penses-tu que le prochain sera dans cet esprit ?
Non je pense qu’il le sera beaucoup moins. Diary of me, je l’ai vraiment pensé comme un journal qui était là pour dire : « enchantée, me voici », une manière de me présenter. Dans le prochain, évidemment je veux me dévoiler mais je veux également quelque chose de plus universel.

Quelle relation as-tu avec Jorja Smith ? Tu as fait toutes ses premières parties UK.
C’était une super tournée, on s’est beaucoup amusées. En plus tu ne sais jamais comment la scène va se dérouler et on juste fait tout ça très naturellement. Jorja a tellement décollée aujourd’hui, je pense que nombreux sont les gens aux UK, et particulièrement les femmes, sont très heureuses qu’elle avance si vite.

Peut-on s’attendre à un feat de vous deux ?
Je ne sais pas, peut-être ! J’adorerais, c’est toujours chouette de faire ce genre de choses. Je suis très focus sur mon propre travail pour le moment et quand j’aurais fait mes preuves, je pourrais le temps de me concentrer sur des collaborations.

Parlons un peu mode. Quand on jette un œil à ton style, on imagine à quel point tu aimes le streetwear. Portes-y tu un réel intérêt ?
J’adore ça. J’adore être en tracksuit, être en baggy, en salopette avec un petit top. C’est vraiment moi. Si je devais choisir entre des talons ou des sneakers, j’irai spontanément vers les sneakers. Le truc c’est que maintenant, avec Instagram, Twitter, tout est très porté sur l’image et me concernant, je n’aimerais pas que les gens ne puissent pas porter ce que je mets. Pour moi c’est super important de me dire, aujourd’hui je vais monter sur scène en survet’ car j’ai envie que les gens se rendent compte que c’est cool d’être en survet’, que tu peux être super stylée sans être trop apprêtée et te sentir belle et sexy quand même. Après je ne te cache pas que la musique, le plus important, que le look ne fait pas tout. Ça peut même être dangereux d’être trop porté sur l’image.

 

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Fais-tu tout de même un lien entre la mode et ta musique ?
Non. Enfin, peut-être que je le fais sans vraiment m’en rendre compte. La mode ne doit juste pas passer au premier plan mais d’un autre côté, quand tu viens à un de mes concerts, quand tu m’entends chanter et que tu me rencontres, tu te rends comptes que ma personnalité est super chill. C’est un peu comme ça que je suis dans ma manière de me saper aussi.

Qui a beaucoup de style selon toi ?
Tu sais quoi, j’aime vraiment vraiment vraiment beaucoup SZA. À chaque fois que je cherche des inspirations style, je check juste ce qu’elle porte. Elle est le parfait exemple d’une fille qui surfe entre la haute couture et la street. Elle peut mettre un survet’ avec des talons incroyables et je kiffe ça.

Les marques les plus cool selon toi ?
J’ai toujours été une énorme fan de Nike. J’adore Nicopanda. Et la semaine dernière, je me suis acheté un survet’ Burberry sublime. J’adore Burberry, je n’aurais jamais pensé mais c’est la pièce la plus incroyable que j’ai eu dans ma vie ! Il y a une petite marque au Royaume-Uni qui s’appelle Dollymix studios qui est très cool et j’ai aussi rencontré deux meufs belges qui ont une marque géniale. Ça s’appelle CFÉ Belgium.

Si tu devenais une égérie marque, quelle serait-elle ?
Si c’était du sportswear, Nike sans hésiter. Sinon je dirais Napapijri et je dirais même que c’est ma marque préférée. C’est une marque que les londoniens portent énormément d’ailleurs, elle est carrément devenue hipster.

Pour terminer, que portes-tu en sneakers ?
Je suis folle des baskets, j’en porte tout le temps. J’adore aller en boîte en sneakers et ne pas avoir mal aux pieds ! J’en porte vraiment en toute circonstances. Concernant les modèles, je dirais les Reebok Classic, les Disruptor de Fila, les Air Max 97 et les Air Force !

 

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Lean Chihiro : Thug & Kawaii

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LEAN CHIHIRO

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Posté par Mélodie Raymond - 4 juillet 2018

Lean Chihiro : Thug & Kawaii

sQuel est le lien entre les studios Ghibli, Sailor Moon, Asos et Young Thug? La rappeuse 3.0 Lean Chihiro. Dix-huit ans, cheveux roses, flow aérien et envoûtant : découvrez qui se casche derrière cette rappeuse au style éclatant.

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LEAN CHIHIRO
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Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Lean Chihiro, j’ai 18 ans. J’ai grandi à Paris et ça va faire quatre ans que je fais de la musique. Je rappe en anglais et en japonais.

Que font tes parents dans la vie ?
Ma mère est artiste, elle fait des collages et mon père fait de la musique et de la boxe.

Quelles sont tes origines ?
Ma mère est guadeloupéenne, gabonaise et indienne et mon père est congolais et guinéen.

Te considères-tu comme une enfant d’internet ?
Oui je pense que c’est le cas. C’est une chose qui prend une grande place dans ma génération et c’est clairement grâce à internet que je suis là aujourd’hui. C’est un outil qu’on doit utiliser à bon escient et c’est ce que j’ai fait. Je me suis inscrite très tôt sur Instagram, j’ai passé beaucoup de temps sur Tumblr aussi. C’est en 2014, 2015 que je me suis mise à Soundcloud et que j’ai commencé à poster mes sons. Aujourd’hui c’est sur Instagram que je suis la plus active mais je ne pensais pas que ça prendrait un jour une part aussi importante dans ma vie.

Aujourd’hui, si tu as développé ta communauté, c’est aussi grâce à ton style et ton amour pour la mode ?
Carrément. Ma mère était mannequin donc je t’avoue qu’elle a toujours aimé m’habiller, choisir les bonnes pièces. Avec ma sœur, nous étions un peu ses poupées. On avait un style qui n’était pas forcément commun pour des enfants. On pouvait porter des petites jupes  de temps en temps mais on portait aussi des baggys avec des grosses baskets ou des Timberland. D’ailleurs, on me prenait assez souvent pour un garçon mais je kiffais comme ma mère m’habillait donc je l’ai laissé faire jusqu’à assez tard. J’avais pas à me plaindre, ça me permettait de dormir un peu plus tard le matin. (rires) Ensuite j’ai commencé à m’habiller moi-même mais je n’avais pas un style aussi développé. Au collège, on a du mal à s’assumer. Finalement, mon style s’est affirmé le jour où j’ai teints mes cheveux en rose. Ça va faire deux ans et c’est ce qui a vraiment marqué les gens. J’ai commencé à faire plus de choses, plus de photos etc.

 

LEAN CHIHIRO
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Comment qualifierais-tu ton style ?
Je dirais aléatoire. Ça dépend vraiment de quel pied je me lève ! En ce moment je suis dans ma période full rose mais je peux aussi avoir des moments tout en noir, hyper dark.

Cela t’a valu de participer à des campagnes de petites marques comme Kromozom, Boyhood, Benibla. On t’a aussi vu sur des plus grosses opérations pour Reebook, Nike x SneakerNstuff et maintenant ASOS. Comment tout cela a commencé ?
Je pose depuis que je suis petite. J’ai toujours aimé ça et encore une fois, ma mère a grandement contribué à ça car elle me prenait beaucoup en photo. Quand j’avais dix ans, j’ai fait une première campagne pour Okaïdi. La suite, c’est évidemment Instagram. J’ai commencé à recevoir des demandes de shoots non rémunérés pour des petites marques. À force d’en faire beaucoup, tu passes de petites marques à Nike du jour au lendemain. Je me suis déjà demandé si c’était vraiment ce que je voulais car ma passion, c’est vraiment la musique mais je me suis rendu compte que faire des shootings était aussi une bonne carte de visite.

Quel genre de sneakers portes-tu et quelle importance leur donnes-tu ?
J’ai toujours adoré ça. Comme mon père était un sportif, il nous a toujours acheté des paires de baskets. C’est une passion qui ne s’est jamais essoufflée. Tu peux avoir autant de fringues que tu veux, si tu as seulement deux ou trois paires de chaussures, s’habiller perd tout son intérêt. Quand j’étais gamine, je manquais de moyen pour m’acheter des paires. Il m’arrivait même de pleurer de ne pas avoir pu m’acheter une paire de Nike pendant une année entière et aujourd’hui je me retrouve sponsorisé par Nike. C’est un truc de dingue.

Dernier coup de cœur ?
Je porte beaucoup de Air Max et j’aime les chaussures avec des semelles imposantes. Mon dernier coup de cœur, je dirais les Vans x Lazy Oaf. Ça me ressemble tellement que j’aurais pu designer cette paire !

Une icône en termes de style et pourquoi ?
Left Eye des TLC. Elle m’a beaucoup inspiré. Aaliyah aussi. Même si elles ne font plus partie de ce monde, ce sont vraiment des icônes pour moi. Encore aujourd’hui, elles ont de l’influence sur la mode. J’attends d’avoir des bonnes pièces pour faire des outfits comme ça genre bandana, bandeau, baggy, boxer, grosses chaussures. Dans l’idée, c’est simple mais quand tu le vois porter sur ces meufs, ça fait rêver.

 

LEAN CHIHIRO
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À quel moment la musique arrive dans ta vie ?
Comme mon père fait du rap, j’ai beaucoup baigné dedans. Ma mère avait une bonne culture musicale aussi : que ce soit soul, rap, rock. De mon côté, j’ai eu très jeune une lubie pour le japon et par conséquent, j’ai écouté énormément de musique japonaise. Un jour, je me suis dit que je devais me lancer et faire ma propre musique, j’aimais chanter, rapper, écrire. Je n’imaginais pas non plus en arriver là.

Pourquoi ce choix de chanter/rapper majoritairement en anglais ?
Je ne visais pas particulièrement la France, j’ai toujours souhaité toucher un maximum de personne dans le monde. Enfant, j’avais des amis aux 4 coins du globe, des correspondantes donc j’ai rapidement bien parlé anglais.

Tu as parfois des lyrics en japonais. Est-ce que tu le parles couramment ?
Non pas couramment car c’est une langue très difficile. Surtout quand tu n’y es jamais allé mais je le parle un peu, et je le comprends plutôt bien. J’ai toujours kiffé la musique japonaise et les mangas. J’avais envie de comprendre. J’ai donc tout simplement appris sur internet vers mes 8 ans à écrire les deux alphabets basiques. J’ai par la suite pris des cours et j’ai continué à apprendre au lycée.

Percer dans la musique ou la mode là-bas, ce serait la consécration ?
Complètement. Niveau mode, les japonais sont super pointus et super développés mais j’ai le sentiment que ça reste beaucoup à l’intérieur du pays et que ça ne dépasse que peu les frontières. Ça commence un peu mais je suis persuadée qu’il y a plein de tendances à exploiter et à exporter.

 

LEAN CHIHIRO

 

Quelles sont les meilleures tendances japonaises qui n’ont que peu été adoptées en France ?
Je pense que certaines ne seront jamais adoptées. Elles ont été essayées par des gens qui suivent leur culture mais c’est souvent incompris. Par exemple, le look de lolita, même si certaines meufs se proclament « sweet lolita » en France, c’est pas vraiment la même chose, c’est souvent cliché. J’ai rarement vu une française sapée comme ça en me disant que c’était vraiment réussi. Je trouve que tout ce qui tourne autour de la culture japonaise est super cliché. Comme les restaurants japonais en France, 85% sont des restaurants de sushis alors les japonais n’en mangent pas tant que ça.

Qui peux-tu nous suggérer d‘écouter comme artiste nippon ?
Il y a Kyary Pamyu Pamyu. Elle avait un titre qui l’avait fait grave percer qui s’appelait Ponponpon. J’adore son univers, ses tenues, ses graphismes. Pour moi c’est trop un goal d’avoir une identité aussi forte même si je reconnais que c’est très fantaisiste. J’écoute aussi des groupes plus soft, des girls band comme Morning Musume.

J’imagine que le voyage de Chihiro est ton animé préféré ?
Oui enfin en tout cas, c’est celui qui m’a le plus marqué et qui a marqué beaucoup de gens. Il est hyper traumatisant comme film la première fois que tu le vois, et selon ce que tu as vécu tu peux vraiment l’interpréter différemment. Et plus tu le regardes en grandissant, plus tu le perçois d’une manière différente. Tous les studios Ghibli sont fous mais celui là, à la fin tu te demandes ce qu’il vient de se passer pendant 2h30.

Quels sont tes liens avec Tommy Genesis ?
C’est une très bonne amie. Quand j’ai commencé à vouloir me mettre sérieusement dans la musique, j’ai découvert Tommy dans un clip de Father, elle n’était pas encore très connue. Je l’ai DM en lui disant que je rappais, que j’avais 16 ans et que j’aurais bien aimé lui demander des conseils car je la trouvais en dehors des codes. Elle ne m’a pas répondu et un jour elle a aimé un de mes tweets. Je lui ai demandé de répondre sur Instagram et elle l’a fait. Elle a grave kiffé ce que je faisais et elle m’a proposé qu’on se rencontre à Paris. Depuis on se voit à chaque fois qu’elle vient sur Paris, elle est aussi bienveillante qu’une grande sœur. Elle m’encourage beaucoup.

 

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Qu’en est-il de Princess Nokia ?
C’est ma manager qui l’avait rencontré dans un festival et elles s’étaient super bien entendu. Elle lui a donc fait écouté ma musique et elle avait grave envie qu’on se rencontre. Un jour, elle a fait une story en train d’écouter Summer Hunter. Il s’est écoulé par mal de temps avant que notre rencontre se concrétise mais du coup, on a passé un moment ensemble lors de son dernier passage à Paris à la fondation Louis Vuitton. Elle m’a dit qu’elle était fan de ma musique et qu’elle aimerait bien qu’on collabore donc j’espère que ça va se faire !

Quels sont les artistes que tu écoutes le plus en ce moment ?
J’écoute beaucoup Goona, il me fait un peu penser à Young Thug. J’écoute Trippie Red aussi. Je trouve que sa musique est profonde.

Récemment, tu as dévoilé le clip de HardWork, premier extrait de l’EP de Jazir. Parle-nous du clip qui est clairement à ton image.
Jazir est la première personne avec qui je travaille qui s’est totalement adapté à mon univers. LISWAYA, le réalisateur du clip m’a bluffé aussi. Ils se sont vraiment inspirés du monde des mangas japonais et toutes les idées que j’avais, LISWAYA les avaient eu de lui-même. Sinon, le tournage du clip a été très difficile, il faisait super froid. Si il y avait eu des Behind the scenes, les gens auraient vu à quel point on était en train de mourir et de trembler. (rires)

Ton premier EP Reborn est sorti sur Soundcloud. Quels sont tes projets à venir ?
Je vais sortir mon EP au mois de mai, il est prêt depuis longtemps mais on attendait le bon moment pour le sortir. Pas de feats sur cet EP mais il y en a pas mal qui vont arriver !

 

IG : @leanchihiro

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Youv Dee : génération Lil Wayne

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YOUV DEE

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Posté par Mélodie Raymond - 29 juin 2018

Youv Dee : génération Lil Wayne

À seulement 22 ans, Youv Dee, repéré au sein de son groupe l’Ordre du Périph, évolue également en solo dans un style qui lui ait propre. Un hip-hop imbibé aux psychotropes et une dégaine qui s’inscrit largement dans la nouvelle vague des bébés Young Thug (comme il aime ainsi les nommer) mais cette fois-ci, version frenchie. Rencontre.

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YOUV DEE
Parka Helly Hansen

 

Pour ceux qui ne te connaissent pas encore, qui es-tu et qu’est-ce qui te caractérise ?
Je m’appelle Youv Dee, je viens d’avoir 22ans. Je dirais que je suis le seul à faire ce que je fais pour l’instant en France. C’est quand même un atout, après je ne vais pas me jeter des fleurs mais je me décrirais comme ça. Je parle de ma musique, de mon style, ce sont des points sur lesquels je suis pointilleux. Je regarde beaucoup ce qui se fait aux states. Je pense que ça a joué au fait que ce soit aussi différent de ce que les gens sortent en ce moment.

Côté style tu fais effectivement partie des rares artistes rap qui osent l’extravagance en France.
Je suis d’accord, les gens n’osent pas encore… On dit que j’ai tendance à trop me prendre pour un ricain mais au final, il y a beaucoup de gens dans ce délire ! C’est juste qu’en France, les gens essayent de rester dans des critères de style assez précis. Ils redoutent qu’on ait l’impression qu’ils appartiennent à une autre communauté. Comme moi, on dit que je suis un bobo alors que je suis issu d’un quartier de banlieue. J’ai juste vu les choses différemment et j’aime bien acheter des sapes chères, c’est tout.

Tu as grandi dans le 95. Peux-tu nous parler de ta vie là-bas ?
Une vie normale, dans une ville avec des quartiers et une certaine mixité. Paris, c’est à plus grande échelle et si tu veux te lancer dans des projets, c’est évidemment plus simple d’être dans la capitale.

Ça fait combien de temps que tu t’es teint les cheveux ?
C’était à la fin du lycée, je devais avoir 17 ou 18ans, quand les darons ne pouvaient plus dire grand-chose, j’ai décoloré, je me suis fait blond et ça a commencé comme ça !

C’était avant ou après Lil Yachty ?
Ouais, je pense qu’il n’était pas encore très connu et moi-même je faisais du rap mais je n’avais pas encore de notoriété. Après si ça se trouve il avait déjà cette coupe ! Mais dans mes souvenirs j’avais des tresses avant lui tout comme mon petit piercing que j’ai eu avant beaucoup ! (rires)

Qui sont les artistes qui ont un look vraiment élaboré en ce moment selon toi ?
Je dirais Lil Uzi Vert. Après il faut dissocier ceux qui ont vraiment du style et ceux qui suivent le tout. Rich The Kid, A$AP Rocky aussi. Ils touchent tellement une grosse communauté qu’ils peuvent très facilement lancer une tendance.

 

YOUV DEE
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À quel moment de ta vie as-tu commencé à donner une véritable importance à tes outfits ?
Je pense que je l’ai toujours donné à cause de mes parents, eux-mêmes étaient comme ça. Mon père a toujours eu 70 paires de chaussures, il achetait même des paires en se disant qu’il pourrait la mettre l’année d’après. J’ai juste fait pareil qu’eux. De toute façon je n’avais pas le droit de sortir en ayant une dégaine chelou, il fallait être un minimum propre sur soi. C’est une chose que j’ai gardée.

Est-ce que le fait de rencontrer les membres de l’Ordre du Periph (Assy, Swan et Ars’n) et de te plonger dans la musique a contribué à entretenir cet amour pour le style ?
Je ne pense pas que ça ait contribué à cet amour pour le style car c’est quelque chose qu’on avait de base, avant même qu’on se lance dans le rap. Forcément on fait partie de cette génération internet qui passe du temps sur Instagram. On était au début de tout ça, on essayait de voir ce qu’il se passait dans d’autres pays. Avant même que ce soit à la mode d’être à la mode. Avant qu’il y ait les rééditions Nike des 96, 97, 98, on avait déjà les paires car on s’y intéressait déjà. On regardait ce qu’il se passait. Limite, on s’est détaché avec le temps car aujourd’hui c’est commun de s’intéresser aux sneakers. Tout le monde veut des nouvelles paires juste pour la foutre sur Instagram.

Qu’est ce qui a fait que tu t’es lancé en solo en décembre 2017 ?
C’était très logique j’ai toujours su que j’allais faire une mixtape solo et de toute façon tout le monde dans le groupe le fait. C’était très naturel et je bossais dessus depuis un moment, il était temps que je la sorte.

Parle-nous de « Gear 2 ».
C’est un peu ma première carte de visite. En groupe, tu n’as pas la place de pouvoir montrer ce que tu peux faire. C’est aussi une manière aussi de se donner l’opportunité de proposer un contenu varié. Les gens aiment bien voir ce que tu peux proposer en solo, si tu as les épaules pour la suite ou si tu vas t’enfermer dans un seul registre. Je voulais aussi savoir si j’en étais capable, moi qui fais du son depuis 3 ans, je voulais savoir si j’étais légitime et je suis plutôt content.

Y’a t-il des marques que certains membres de l’Ordre du Periph portent et que tu ne pourrais jamais envisager ?
En vrai il y a beaucoup de marques que je ne porte pas trop. Ce n’est pas par rapport à eux mais par exemple du Sergio Tacchini. En vérité, je ne suis pas trop difficile c’est juste que je me dirige vers un certain type de marques. J’aime bien Gucci, Fendi. Je portais pas mal de Bape aussi mais ça fait partie des marques que j’apprécie moins car tout le monde commence à en porter, notamment depuis qu’ils ont ouvert le Bape Store à Paris. Après il y a plein de petites marques comme Benibla qui font du bon boulot.

Qu’en est-il des sneakers ?
Côté sneakers je suis vraiment pro Nike. Là j’ai des Gucci mais j’ai du mal avec adidas par exemple. Si je dois m’écarter de Nike, je tends vers les marques de luxe.

Tes inspirations s’élargissent-elles du rock au rap ? (dans la musique comme dans la mode)
Forcément j’ai moins baigné dans la culture musicale du rock que celle du rap mais elle était quand même présente. Au collège tout le monde écoutait des trucs différents. Entre 2000 et 2010 la musique était un peu en perdition. J’ai écouté AC/DC, U2. Et comme j’étais beaucoup dans les mangas qui étaient très liés au rock côté attitude, j’ai fait un mix des deux. Dans l’énergie, le rap, c’est le rock d’aujourd’hui.

Tu fais partie de ceux qui osent porter du camo bape avec un pantalon tartan grunge. La question serait donc : quelles pièces et imprimés ne pourrais–tu pas associer du tout ?
J ‘allais dire à part un costard et une paire de Raf Simons mais même ça, ça peut être stylé. (rires) Je sais pas, je dirais des Crocs, peu importe le pantalon ou l’outfit. Franchement c’est un peu cheum, ça me dérange. Les Crocs, les ballerines, les Birkenstock, ce genre de trucs. Après c’est plus féminin que masculin mais dans l’ensemble les mecs peuvent se permettre beaucoup de choses.

Le son le plus improbable que l’on peut trouver dans ta playlist ?
Tuyo de Rodrigo Amarante. Le gars qui a fait le générique de Narcos, ça c’est le genre de titre qui passent entre deux sons de rap. Sinon j’ai du Metallica ça peut déranger, j’essaye de switcher vite avant que les gens comprennent.

 

YOUV DEE
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Il paraît que tu as été bercé au Lil Wayne et bien d’autres, c’est vrai ?
Ouais, mon père il a 20ans de plus que moi du coup quand je suis né, il écoutait que du Tupac etc. Dans la suite logique, il y a eu DJ Khaled, Drake mais Lil Wayne avec ses grosses dreads, ses tatouages, c’était chaud. J’avais même des pulls à son effigie, j’étais trop choqué. Je pense même que si je n’avais pas kiffé autant Lil Wayne, je ne serais pas comme ça aujourd’hui. C’est pour ça que je kiffe autant Young Thug, c’est le Lil Wayne 2.0 et toute la vague d’aujourd’hui sont des bébés Young Thug. C’est un peu l’héritage de ce gars-là qu’on a tous aujourd’hui.

Quels sont tes liens avec la 75ème session ?
C’est le premier studio où j’ai été et qui m’a fait confiance. J’ai pu vraiment bosser là-bas. C’est la famille, ils nous ont appris beaucoup de choses et ils nous ont bien aidé. Force à Sheldon.

Tu écoutes qui dans le rap français ?
Vu qu’ils viennent de sortir leur projet je dirais 13 Block. J’aime bien Cinco sinon j’écoute mes gars, mon son, Sirap, Zidi. Les sons de l’Ordre du Periph sur lesquels je ne pose pas aussi. Sinon pas grand-chose en rap français, j’essaye de ne pas trop en écouter, c’est pas très inspirant et assez restreint.

Quels sont tes projets à venir ?
Le projet de L’Ordre du Periph qui va arriver cette année. Je bosse quelques surprises mais je ne peux pas trop en parler et sinon je bosse sur un autre projet solo mais je n’ai pas prévu de date encore, c’est un peu tôt. Je me dis qu’il ne faut pas en donner trop vite aussi donc je me force à attendre.

Où est ton plus gros public ?
Je dirais Paris vu que je suis de Paris mais il y a des villes comme Rennes, Nantes, Bordeaux, Lyon, Bruxelles, Genève. Il y a du monde qui me soutient.

On t’a croisé à la Trap house de Benibla il n’y a pas très longtemps, on peut te croiser où à Paris en règle générale ?
Je ne bouge pas beaucoup, si on veut me croiser c’est à République, vers Saint Honoré, chez Benibla c’est les potos, sinon au Printemps, aux Galeries… Les endroits comme ça. Généralement je ne sors pas beaucoup donc si je sors c’est pour faire quelque-chose d’utile comme du shopping.

 

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