Vous lisez :

Prince Waly étend son royaume

Partagez sur :

PRINCEWALY_HERO_NEWS_SHOESUP

music

Prince Waly étend son royaume

Posté par Osain Vichi - 24 janvier 2019

Avec un premier EP solo et une nouvelle structure intitulés Bo y z, le prince de M.City (imaginaire nocturne de la ville de Montreuil) accroît un empire artistique de plus en hybride et universel. Si sa musique mêle malicieusement les codes hip-hop des années 90 à ceux d’aujourd’hui, son esthétique reprend un schéma similaire lorsqu’il se montre à la caméra : un savant mélange entre tendances old school new-yorkaises et inspirations actuelles. 

PRINCEWALY04_SHOESUP

Après 10 ans aux côtés de Fiasko Proximo pour former le binôme Big Budha Cheez, étirer un son analogique impeccable à travers trois EPs et instaurer un univers crépusculaire grâce aux albums L’heure des Loups (2016) et Epicerie Coréenne (2018), Moussa, aka Prince Waly, est enfin prêt à prendre son envol et gouverner seul son royaume. Dans la lignée de ces deux sublimes opus signés BBC, l’artiste du 93 se lance à la conquête d’une musique onirique et céleste, hors de notre espace-temps. Ni passéiste, ni futuriste, ce premier EP en solitaire agrandit la faille spatio-temporelle qu’avait commencé à créer Junior, projet collaboratif avec le bon gamin Myth Syzer sorti en novembre 2016. 

PRINCEWALY03_SHOESUP

Un 7 titres scrupuleusement travaillé et fondateur dans l’évolution musicale de Waly, “Syzer m’a énormément conseillé et m’a poussé à innover” explique-t-il. Membre du collectif Exepoq organisation depuis quelques années et signé sur le jeune label Chez Ace, Moussa décide de suivre son propre chemin et s’entoure d’un nouvel équipage pour parvenir à cet ambitieux dessein : “réaliser des projets qui durent dans le temps.” Il s’associe alors à Gino Pambi pour monter la structure indépendante Bo y z et fait appel à son acolyte Dooky, au talentueux réalisateur Valentin Petit, et aux producteurs Fordstems, Jbusy, Timothee Joly, 1upWorld, Mofak ou encore Saintard pour fournir un effort collectif poignant.

PRINCEWALY05_SHOESUP

“JE NE PEUX PAS PORTER CERTAINES MARQUES CAR ELLES NE CORRESPONDENT PAS À MON PERSONNAGE”

Référence évidente au long métrage de John Singleton, Boyz N The Hood, le nom de cet EP introductif se veut également fédérateur et princier “Quand j’ai commencé le rap, je voulais être apprécié des plus grands, des anciens, mais je me suis rendu compte qu’ils ne me donnaient pas tant de force que ça. Au final, ce sont les gars de ma génération et les plus jeunes qui me soutiennent vraiment. J’ai donc voulu que mon projet soit intergénérationnel, surtout pour les générations Y et Z.” relate le montreuillois. À 26 ans, il perfectionne un rap cinématographique aux multiples facettes, qui vise grand et tire son inspiration de films tels que Paid In Full, American Gangster, Hurricane Carter, Will Hunting mais aussi Dead Poets Society ou les créations des Frères Cohen.

PRINCEWALY02_SHOESUP

Une mosaïque hétéroclite et nuancée qui permet à Waly d’entrecroiser réalité et fiction, pour se livrer avec élégance et interpeller son auditoire, à l’image de Martin Scorsese avec les intrigants Inception et Shutter Island. Attaché aux dynamiques old school des new-yorkais Mobb Deep, Wu-Tang Clan et Nas, Prince Waly se fait violence pour moderniser une introspection qui révèle un personnage paradoxal, tiraillé entre la pureté de la religion et les vices de notre société. “On reste pieux, c’est ma politique. Mais on aime le beurre.” chante-t-il sur le sombre Marsellus Wallace, avant d’ajouter en interview “Il est dur de rester pieux dans le monde actuel.” Un tiraillement que beaucoup partagent et qui affirme le caractère universel de ses morceaux. Un tiraillement qui prend simultanément les contours de la trap (Yz, Plan), du cloud rap (Rain Man, Smoke) ou de la chanson française (Girl).

“JE SUIS RELIGIEUX, MAIS IL EST DIFFICILE DE RESTER PIEUX DANS NOTRE SOCIÉTÉ”

PRINCEWALY01_SHOESUP

Parallèlement, sous les conseils de Dooky et de son entourage, l’identité graphique de Moussa s’affine et gagne en symbolique. Perçu comme un “rappeur à l’ancienne”, il fusionne à nouveau les époques et les mouvances afin de renforcer son ipséité. Marques parisiennes streetwear telles que BoyHood et Benibla côtoient ainsi les institutions Versace, Moschino et Gucci tandis que grillz et skin fade complètent l’ergonomie des Nike Air Max Speed Turf et autres Uptempo. Une recherche visuelle qui a débuté très tôt “Je suis passé par plusieurs périodes : enfant, je portais les survêtements trop grands de mes frères aînés. À l’adolescence, j’ai adhéré à l’univers du skate. Plus tard, je me suis dirigé vers les chaussures de ville et chemises pour une silhouette plus habillée. Puis, j’ai trouvé mon identité en revenant à l’essentiel, coupes larges, vestes en cuir et sneakers Nike !” rappelle Waly. Indissociable de sa musique, cette identité repose sur un équilibre à ne pas fragiliser “Je ne peux pas porter certaines marques car elles ne correspondent pas à mon personnage. Il faut garder une certaine cohérence.” poursuit l’artiste. Une éthique de travail méticuleuse qui rythme l’odyssée de Prince Waly, prêt à additionner les lettres de noblesse en 2019. “Faut croire en ses projets et en ses rêves.” conclut-il.

Vous lisez :

Zola entre dans l’arène

Partagez sur :

ZOLA_HERO_NEWS_SHOESUP

music

Zola entre dans l’arène

Posté par Osain Vichi - 18 janvier 2019

Véritable figure montante de la scène francophone depuis fin 2017, notamment grâce aux bangers Puce&Pussy, Belles Femmes, Extasy et California Girl, l’essonnien s’est ainsi prêté au jeu du shooting mode.


Sweat: Atelier Beaurepaire
Pants: Dickies
Socks: Uniqlo
Shoes:Timberland 6-Inch Boot

Intemporelle par son élégance et sa sobriété, les tons “nude” (ou “chair” en français) connaissent ces dernières années un regain tant esthétique que populaire. 

Grâce aux défilés théâtraux des Yeezy Season, des campagnes inclusives de Ivy Park ou des collections singulières de Fear Of God, Stone Island mais aussi Uniqlo ou encore AVNIER, cette mouvance traverse un nouvel âge d’or.


Jacket: Stone Island
Sweat: AVNIER
Pants: KOCHÉ
Socks: Uniqlo
Sneakers: Nike Air Max Penny
Headphones: Beats by Dre

Des couleurs, qui oscillent entre beige, sable, rose pâle, voire kaki ou marron, parfaitement arborées par le rappeur Zola.

Vous lisez :

Pourquoi le streetwear italien ne s’essouffle t-il pas ?

Partagez sur :

Posté par Mélodie Raymond - 17 janvier 2019

Pourquoi le streetwear italien ne s’essouffle t-il pas ?

Les labels et les maisons italiennes ont la particularité de perdurer dans le temps et ont su tirer leur épingle du jeu dans l’industrie textile internationale dans les années 50, faisant même face aux pionniers de la mode en France. Preuve en est, Milan est l’une des principales villes références de la stratosphère mode depuis sa première fashion week en 1958 tout comme désormais Florence, grâce à la renommée du salon Pitti Immagine Uomo. Ce dernier mettant la lumière sur la mode masculine se tenait du 8 au 11 janvier.

À cette occasion, la griffe italienne au savoir-faire incomparable, Diadora, célébrait ses 70 ans à travers une exposition édifiante. SHOES UP est parti à sa rencontre pour se remémorer l’historique de la marque et découvrir quel est le secret de la longévité.


SAVOIR-FAIRE & AUTHENTICITÉ

“Lorsque nous avons racheté l’entreprise en 2009, la première chose fondamentale pour nous était de garder les valeurs de la marque” nous confie Enrico Moretti Polegato, President de Diadora. Ces valeurs naissent en 1948 grâce à l’histoire d’une réussite familiale. Dans la petite ville de Montebelluna, en région vénitienne, Marcello Danieli inaugure Diadora dans son atelier. À l’origine spécialisée dans la chaussure de randonnée, elle se démocratise rapidement comme un équipementier sportif et s’avère très vite incontournable. Un savoir-faire exceptionnel, des matières nobles ainsi que plusieurs innovations seront le parfait combo pour que la marque devienne une véritable institution. Après avoir fait ses preuves comme marque de montagne, c’est dans les années 60 qu’elle trouve sa place dans l’univers du sport et s’étend au-delà de ses frontières grâce à son authenticité. “Si la production a été délocalisée pendant une certaine période, notre but a justement de ramener une partie de la production en Italie pour garder l’ADN de Diadora. Par exemple, toutes les collaborations sont produites ici.” explique le président.


PERFORMANCE & NOTORIÉTÉ

En se démocratisant dans le monde du sport de haut niveau, notamment du tennis, du running et du football, Diadora s’impose comme un équipementier performant proposant des produits de qualité aux matériaux premium. Courant 70, le monde du sportswear prend une ampleur considérable et la marque devient ainsi pionnière dans sa stratégie marketing : elle utilise l’image des athlètes pour mettre en avant ses produits. À ce moment-là, le grand public découvre Diadora à travers des icônes telles que le tennisman Bjorn Borg puis dans les années 80 grâce à Pat Cash ou encore Andrea Zorzi. Des footballeurs de grande renommée optent aussi pour les produits Diadora. Roberto Bettega puis le capitaine de l’AS Rome Francesco Totti ou encore Filippo Inzaghi et Van Basten arborent fièrement la marque. “La chaussure Diadora est devenue un élément fondamental du Made in Italy” soutient Enrico Moretti Polegato.


LIFESTYLE URBAIN & COLLABORATIONS INÉDITES

Tout naturellement, la marque est adoptée par la jeunesse urbaine grâce à son lifestyle bien ancrée dans la mouvance streetwear. “Aujourd’hui la marque est aussi complètement pensée pour les millennials.
Très vite, elle se positionne comme une référence mode pointue et les sneakerheads s’emparent de plusieurs modèles iconiques. Parmi eux : “Le modèle B-Elite, l’une des icônes de Diadora qui fait désormais partie de nos collections Heritage” analyse Enrico Moretti Polegato. Autres modèles particulièrement plébiscités : N.9000, V.7000 et S.8000.
Pour sa toute première collaboration, Diadora s’associe en 2014 à Patta Amsterdam et vise stratégiquement les fins connaisseurs de sneakers. Pari réussi puisque Diadora s’impose sur le marché de la chaussure comme rare et prisée. À ce jour, la marque compte environ une dizaine de collaborations par an et voici celles qui nous ont particulièrement marqué :


ÉVOLUER AVEC SON TEMPS

Dans cette démarche d’ouverture sur le monde, Diadora a aussi fait appel à cinq artistes contemporains pour réinterpréter l’identité de la marque multifacette à travers une exposition présentée à la Stazione Léopolda à Florence. La marque met ainsi la lumière sur différentes vocations et talents : de la photographie à la sculpture en passant par la musique, la vidéo jusqu’au design. On retrouvait notamment la photographe Maisie Cousins explorant la dynamique sportive à travers des nus où le détail de la sueur prend toute son importance ou encore le duo Simone Bertuzzi et Simone Trabucchi à travers une expérience vidéo naviguant dans les riches archives de Diadora.


Étoffer ses archives pour les 70 prochaines années, la griffe en a bien l’intention. Elle se développe d’ailleurs constamment dans des pays comme la Chine ainsi qu’aux Etats-Unis “La marque prend de l’ampleur sur le marché et chausse de plus en plus d’américains. Notre but pour les soixante-dix ans à venir ? Apprendre constamment à évoluer avec notre temps et ne jamais perdre de vue notre authenticité.” conclut le President. Le voilà, le secret.