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S.Pri Noir maîtrise l’audace

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S.PRI NOIR

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Posté par Mélodie Raymond - 29 août 2018

S.Pri Noir maîtrise l’audace

Il n’était ni destiné au rap, ni à devenir égérie adidas. Pourtant son charisme, sa carrure et son ADN musical en imposent. Un esprit créatif qui se retranscrit dans l’univers de ses clips comme dans son style. À la veille de la sortie de son premier album Masque Blanc, nous l’avons rencontré.

TEXTE, STYLE, PHOTOS SHOES UP Team     Mua & hairstylist : Santa Mari Juanna

 

S.PRI NOIR
Sweat Magic Custom   Pants TRillnation Jogging   Watch Tissot   Sneakers adidas – Twin Strike

 

Tu as la réputation d’être un personnage assez mystérieux. Est-ce que tu peux nous dire une chose que les gens ne savent pas sur toi ?
Je ne sais pas si les gens le savent mais je suis diplômé. J’ai un Bac+3. J’ai fait des études en BTS technico-commercial et j’ai enchaîné sur une licence en Marketing. J’ai d’abord taffé dans l’immobilier, je vendais des locaux commerciaux et puis j’ai voulu bosser dans le marketing entre 2011 et 2012. C’était au début de ma carrière musicale, un peu par défaut.

Finalement d’où vient cette réputation ? Tes textes sont très introspectifs, tu parles de sujets sensibles et souvent personnels.
Ça vient peut-être des réseaux sociaux. Quand je parle sur les réseaux je filtre ma voix, je me mets rarement en avant et je ne fais pas beaucoup d’interview. Peut-être que l’univers de mes clips y contribue aussi. Souvent quand je rencontre des gens dans la rue ils me disent « ça va en fait, tu es abordable ». Je pense que les gens se font une certaine image de moi… ça fait partie de moi mais je suis un humain comme tout le monde. Je préfère renvoyer les gens vers mes textes pour comprendre à peu près qui je suis même si les textes ne disent pas tout. C’est très aléatoire, quand tu les écris c’est selon ton humeur du moment.

Quand on t’écoute, on a le sentiment que tu te places en porte-parole d’une jeunesse révoltée mais que tu le fais avec sagesse. Est-ce que tu trouves que c’est une bonne définition ?
Merci ! Oui, c’est une bonne définition. Après je n’ai pas la prétention de dire que je suis un porte-parole. C’est juste que je suis la politique depuis tout petit, je ne dirais pas que je suis un politicien ou que j’ai des connaissances poussées dans le domaine mais j’ai suivi. L’époque Jospin, Pasqua… ce sont des époques que j’ai grave suivi depuis Mitterrand car mes parents s’y intéressaient et j’ai mon avis sur la question. Aujourd’hui je suis assez révolté contre les politiciens, ils font des campagnes pour que l’on vote pour eux alors qu’au final il n’y en a pas un pour rattraper l’autre. Et comme je le dis dans plusieurs de mes textes je ne me sens représenté par personne, je ne sens pas quelqu’un qui pense aux gens comme moi et à ceux qui vivent dans le même milieu que moi. J’ai un peu de mal avec la politique, je n’encourage pas les gens à ne pas voter, chacun fait ce qu’il veut, mais moi en tout cas je ne vote pas, je n’ai pas envie de voter par défaut ou par dépit. Après s’il y a un candidat fasciste qui a de grandes chances de remporter les élections par exemple, je pourrais voter contre lui.

Comment te sens-tu dans ta carrière musicale ?
Je me sens bien, j’étais un peu anxieux par rapport à l’album dans le sens où j’ai fait beaucoup de sons. Je n’étais pas anxieux par rapport aux retours des gens mais plus par rapport à moi-même : choisir les bons sons, savoir où je vais selon mes multiples inspirations. Maintenant que c’est rendu ça va mieux.

 

S.PRI NOIR

 

Parle-nous de Masque Blanc, dans quelle condition as-tu bossé dessus ? Tu offres un généreux 22 titres.
J’ai commencé à taffer mon album il y a à peu près un an et demi. Comme j’ai pu le dire dans mes textes, il y a eu le décès de ma mère et c’était compliqué car j’avais plein de choses à gérer. Pas seulement émotionnellement, je me suis retrouvé seul avec mon petit frère, il a fallu faire toute une réorganisation de la vie etc… c’est pour ça que l’album a pris un peu de temps. Comme le temps passait, je me suis dit que c’était dommage de ne rien sortir. J’avais besoin d’avoir des retours sur mes clips et mes sons donc j’ai balancé des titres de l’album mais je ne voulais pas non plus sortir un album où il y a 50% des sons qui sont déjà sortis. D’où ma décision d’avoir un 22 titres.

Quels sont les titres qui te tiennent le plus à cœur sur ce projet et pourquoi ?
Finesse, car ça correspond à ce à quoi j’aspire. J’ai plutôt bien réussi à faire le type de musique que j’affectionne particulièrement, il y a un mélange de rap et de mélodie. C’est l’un de mes préférés si ce n’est mon préféré. Ensuite il y a Seck qui est le titre sur ma mère qui me tient à cœur. Il y a aussi Viviane N’Dour qui chante dessus, c’est la belle sœur de Youssou Ndour, elle est très connue au Sénégal. Je sais que ma famille commence à découvrir que je rap et ce titre là sera l’un des premiers qu’ils vont apprécier. Pour ma famille qui a des réticences sur la musique et l’exposition, je trouve que c’est un beau cadeau. C’est un son qui parle d’une personne qui leur est chère donc pour moi la boucle est bouclée.

Qu’en est-il des autres feats ?
Il y a le titre avec Nekfeu que j’aime beaucoup et la manière dont ça s’est fait, c’est super marrant. J’étais en tournée, lui de son côté était très occupé aussi, donc nos emplois du temps étaient assez compliqués. Ça fait environ 2 ans qu’on parle de faire un titre ensemble pour mon premier album. On s’est vu au Japon, là-bas on a chillé mais on a commencé à écouter quelques instrus. Bref, fin de ma tournée, je dois rendre mon album donc je trouve un jour off pour qu’on se capte sur Paris. Son ingé son nous a fait une espèce de cabine avec des matelas, c’est à dire que pour rentrer dans la cabine il fallait passer sous un matelas en rampant à plat ventre. Évidemment j’étais KO de mon rythme de tournée et durant l’enregistrement, entre deux réglages, je me suis endormi et impossible de me réveiller pendant dix minutes. Tu penses bien que ça a fait marrer tout le monde. Je kiffe ce morceaux, il est cool et il me rappelle de bons souvenirs.

Quand on écoute S.Pri Noir, on comprend rapidement qu’on a affaire à un cinéphile. Ça te plairait de faire du cinéma ?
Oui de ouf ! Nawell Madani m’a proposé de participer à son premier film C’est tout pour moi. Ça va être un projet cool, on a déjà commencé à bosser et je pense que le tournage ne va pas tarder à arriver. Je suis super impliqué dans le projet, je participe même un peu au scénario.

Si tu avais eu à jouer un rôle dans un film marquant, tu aurais aimé être qui ?
J’aurais joué Creasy dans Man On Fire incarné par Denzel Washington. Il a du charisme, il ne parle pas trop. Même si il rigole, il dégage quelque-chose d’assuré. J’aime bien aussi Pierce Brosnan dans James Bond, j’aurais kiffé avoir ce rôle.

 

S.PRI NOIR
Jacket Icosae

 

Difficile de s’entretenir avec toi sans parler mode. Tu es devenu égérie adidas l’an dernier. Ca représentait quoi pour toi ?
C’est dingue. Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai pas encore réalisé ce que ça représente vraiment avec du recul. Il n’y a pas très longtemps j’ai fait une campagne avec Courir, j’avais ma tête sur les magasins, c’est juste ouf. Quand j’étais petit ma mère m’emmenait avec ses chèques cadeaux Sport pour acheter des crampons adidas, aujourd’hui j’incarne des paires et je participe même à l’élaboration de certaines paires.

Dans une interview, Oxmo Puccino a dit « On ne porte pas des vêtements, on porte un état d’esprit », quelles sont les marques dont tu aimes l’état d’esprit, les valeurs ?
C’est vrai, il a raison. Il y en a d’autres qui disent « Peu importe ce que tu portes mais c’est la manière dont tu le portes qui est importante » et je suis complètement d’accord. Dans mon quartier les gens s’habillaient d’une manière et moi d’une autre et ça m’arrivait d’être incompris. Côté marque, j’aime beaucoup Dior, Dolce & Gabbana. J’aime les marques qui ont de l’audace. Pour te citer un exemple, si je m’interroge sur le look de quelqu’un et que je me dis « Je ne sais pas si j’aurais été capable de porter cette pièce mais ça lui va très bien. » C’est qu’il m’a interpellé, c’est ça avoir du style.

Comment as-tu évolué dans ton style ?
Mon état d’esprit n’a pas évolué parce qu’il a toujours été le même dès mon plus jeune âge. J’ai toujours essayé de marier des couleurs, de tester des ensembles. Aujourd’hui j’ai la chance de pouvoir m’acheter les choses que je veux, j’ai plus les moyens pour laisser parler ma créativité mode. De plus, en collaborant avec les stylistes qui m’entourent, j’ai la possibilité d’imaginer avec eux des looks selon les styles qui m’inspirent.

Dans le milieu du rap, les américains ont une longueur d’avance dans la mode. Ils donnent presque autant d’importance à leurs codes vestimentaires qu’à leur musique. Est-ce que c’est vers cela que tu te diriges ?
Pour moi l’image est très importante et quand je te parle d’image je ne te parle pas que de style vestimentaire, c’est un automatisme. Je ne sais pas si c’est propre aux renois ou non mais je sais que dans notre culture au Sénégal, les daronnes font super attention aux tissus wax etc. Ensuite au niveau de l’image, de la vidéo, c’est super important et certains sons ne peuvent être compris que grâce aux clips. Skywalker par exemple n’aurait pas eu la même portée sans le clip. Quand j’écris je suis déjà dans un clip, dans une atmosphère. J’essaye de clipper au maximum et je participe toujours à la réalisation et au scénario.

Porter du blanc, c’est devenu ta marque de fabrique ?
Non du tout ! C’est marrant mais c’est un paradoxe involontaire. Au final quand tu me dis ça je me dis que si j’y avais pensé, j’aurais pu décider de ne porter que du blanc. Et des stylistes m’ont déjà fait remarquer que c’était un peu relou que l’on me voit tout le temps en blanc même si j’aime bien.

 

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Jacket Icosae   Pants Icosae   Shoes Dr Martens – 1460

 

Tu as l’air d’aimer aussi bien les vêtements très techniques que les pièces beaucoup plus luxes. Quelles sont tes dernières belles acquisitions ?
Je n’achète pas énormément de marques de luxe car je trouve que l’on peut faire des trucs stylés avec des trucs pas chers. Les dernières pièces que j’ai achetées étaient une veste Moncler, une veste Gucci et un costume Dior. Je fais aussi beaucoup de pièces moi-même. Par exemple, j’ai créé le manteau dans Skywalker. Je fais ça avec une pote styliste qui s’appelle Léa avec qui on travaille depuis environ 5 ans. On essaye en fait de prendre des chutes de tissus de grandes marques et de créer des pièces.

Fonder ta marque, tu y penses ?
Ça pourrait me plaire, j’y pense. Le fait de créer les pièces dont je te parle, ça permet de connaître un peu les tissus, les coûts. Si je monte une marque, je souhaiterais faire de belles choses avant tout mais aussi de faire entrer des bénéfices. Pour le moment je dirais que je suis en formation sur les matières et sur le temps que ça nécessite.

Une pièce ou un accessoire que tu ne pensais pas porter un jour et que tu as finalement validé ?
Une casquette. Quand j’étais gamin, j’en portais tout le temps. Après le collège, je m’étais juré de ne plus porter de casquettes car je trouvais que ça ne m’allait plus. Je portais des chapkas, des bonnets… Il n’y a pas très longtemps j’ai fait un shooting pour la marque ‘47. J’ai failli refuser et j’ai finalement tenté. Ça m’a réconcilié avec les casquettes.

Côté chaussures, tu portes quoi ?
adidas évidemment. Sinon j’aime les Doc Martens, Fear of God, Filling Pieces.

Une collaboration entre deux griffes qui t’a marqué ?
La dernière collaboration Alexander Wang x adidas, j’ai vraiment kiffé.

 

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Hamza à la sauce Gosha

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Hamza

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Posté par Mélodie Raymond - 22 août 2018

Hamza à la sauce Gosha

Instigateur de la déferlante belge qui touche le hip-hop francophone, Hamza s’apprête à sortir à la rentrée un projet que beaucoup attendent depuis 1994. De passage à Paris après une excursion cubaine, il s’est arrêté discuté avec nous de sa musique comme de son dressing auquel il porte bien plus d’importance qu’avant.

TEXTE, PHOTOS SHOES UP Team    Style : Nicolas Bellagio    Mua & hairstylist : Santa Mari Juanna

 

Hamza
Sunglasses Playboy   Sweat Chinatown Market   Pants Vetements   Shoes Nike Air Vapormax Plus

 

Tu reviens tout juste de Cuba. Que faisais-tu là bas ?
Je faisais un clip avec Caballero et JeanJass pour Double Hélice 3 !

Cool. C’est la première fois que vous bossez ensemble ?
J’avais déjà fait un morceau avec Isha et Caballero mais pour le coup c’était la première fois que je bossais avec JeanJass et Caballero ensemble.

On t’avait déjà rencontré en 2016 et pour toi c’était l’année de 3 beaux projets. Zombie Life, ensuite l’EP New Casanova, la mixtape Santa Sauce pour Noël puis on passe en 2017 avec 1994. Qu’est-ce que tu te dis quand tu fais le bilan sur tous tes projets ?
Franchement des chouettes années ! J’ai acquis beaucoup d’expérience, j’ai fait beaucoup de concerts. Je ressens une vraie évolution musicalement parlant tout comme en matière d’exposition. Quand 1994 est sorti, ça m’a vraiment ouvert les portes pour d’autres projets, que des bonnes choses !

Est-ce que tu penses que ton approche de l’écriture a changé ?
Bien sûr, je pense avoir grandi, pris en maturité. J’ai plus pris le temps de me poser et d’apporter une vraie réflexion à travers ma musique. C’est toujours spontané mais les messages que je véhicule sont plus forts, j’essaye de raconter quelque chose.

Tu continues à faire vivre 1994, tu as sorti le clip de Life il n’y a pas si longtemps. Tu comptes clipper encore des morceaux ?
Normalement il y a un dernier clip qui va sortir pour Jodeci Mob. Je suis en train de terminer le tournage.

 

Hamza
Jacket Gosha Rubchinskiy

 

Il paraît que 2018, tu es enfin prêt pour sortir ton premier album. Tu en es où ?
Oui je suis dessus, ça sera pour la rentrée ! Je ne peux pas encore trop en parler mais ça va être lourd, il y aura des feats, des surprises. Ca va aller vite, les premiers singles vont arriver cet été !

On a repéré une petite photo de toi et Sfera Ebbasta qui décroche aussi une cover pour ce numéro de SHOES UP. Avez-vous bossé ensemble ?
Oui il m’avait invité à Milan, on avait bossé ensemble et on travaille toujours ensemble. C’est un bon gars. Ce qu’il fait, ça ressemble un peu à ce que je fais, on se comprend lorsqu’on est en studio. Il mérite clairement sa place de numéro un en Italie et il a une dégaine qui envoie. Son style est dingue.

Tu fais partie des artistes avec Damso qui ont ouvert les portes à l’effervescence qu’il y a autour du rap belge aujourd’hui. Est-ce que tu le ressens comme tel ?
Bien sûr. Je fais partie de ceux qui ont ouverts les portes et c’est une fierté. Je me souviens, quand j’ai sorti H24, il n’y avait encore personne. Même Damso, je pense qu’il venait tout juste de signer chez 92i. Les autres comme JJ et Caba sont là depuis très longtemps aussi mais c’est vrai qu’on a doucement tracé le chemin, comme Stromae a pu le faire pour moi et nous tous.

Est-ce que tu connais autant de succès en Belgique qu’en France aujourd’hui ?
J’ai un gros succès en Belgique mais Paname, quand je regarde les statistiques sur les plateformes, ça reste la ville où les gens m’écoutent le plus. C’est très spécial en Belgique, les gens écoutent beaucoup de musique mais ils ne sont pas autant impliqués dans le soutien qu’autre part. Comme on dit, nul n’est prophète dans son pays. Je pense que les belges sont difficiles. J’avais lu une étude, il me semble que ça concernait Nivea et quand ils testaient des nouveaux produits, ils les sortaient d’abord en Belgique. Si ça fonctionnait en Belgique, c’est que ça pouvait marcher partout. C’est marrant.

Ce qui est assez frappant dans ton parcours, c’est aussi l’évolution de ton look. On a le sentiment que tu oses un peu plus. Par exemple, dans le clip de Sans toi avec Myth Syzer, tu portes une jacket argentée, chose qu’on avait du mal à imaginer en 2015.
Oui c’est complètement vrai, je n’aurais certainement pas osé avant. Ensuite ça va avec mon évolution et les tendances mode qui peuvent revenir aujourd’hui. Je fais plus attention à ce que je porte et je m’y intéresse de plus près. Il y a des pièces que je mettais avant que je ne remettrais plus jamais et inversement.

 

Hamza

 

Comme quoi ?
Disons qu’avant je mettais un peu tout avec n’importe quoi. Je pouvais te mettre une paire de COMME des GARÇONS avec un gilet Bape et une casquette New Era NYC. C’était trop ! Maintenant, j’essaye de faire plus attention aux associations d’imprimés et j’ai un meilleur sens du détail et du subtil.

Quelle est la dernière belle pièce mode que tu as acheté ?
Un pantalon rose Palm Angels. J’en avais déjà un vert, mais j’aime aussi beaucoup celui-ci !

Pour SS18, la chemise manche courte imprimée est un peu partout. J’imagine que ça te parle ?
Grave ! J’en ai reçu une bleue de chez Levi’s que j’ai porté sur un des clips qui va sortir. Je la kiffe trop. J’en ai trouvé des cools à Cuba aussi, tu sens que l’inspiration vient clairement de là-bas. Balenciaga en a sorti une hawaïenne dans les tons orange qui est cool aussi.

Ca fait plusieurs saisons que les 90’s sont partout. On a observé le retour des Sergio Tacchini, FILA, Kappa, Champion, Tommy Hilfiger et j’en passe. C’est une tendance que tu n’adoptes pas du tout, pourquoi ?
Je ne suis pas très fan de ce côté très training. J’ai déjà porté du Tacchini etc mais j’avoue que ça ne me parle plus du tout.

Alors que musicalement, le rap et le R’n’B de ces années-là font clairement partie de tes sources d’inspirations non ?
C’est vrai 90 et 2000 je dirais même. J’ai beaucoup écouté Aaliyah, Ashanti, R.Kelly, Montell Jordan, il y en avait tellement que j’adorais !

 

Hamza

 

Dans tes interviews, tu cites inlassablement 50Cent comme la personne qui t’a donné envie de faire ce métier. Parmi les artistes que l’on voit partout aujourd’hui, qui citerais-tu à part Travis Scott ?
(rires) À part Travis Scott ? Drake alors ! Pas seulement musicalement, il m’impressionne avec la manière dont il gère sa carrière etc. En plus à chaque fois qu’il sort un projet, il influence tout le game alors qu’il n’a pas un style de ouf. Il est souvent habillé en October’s Very Own, presque tout le temps en noir et il parle vraiment avec sa musique. Drake est un grand monsieur, arriver à son stade est un goal !

Sur la pochette de Godzilla, tu portes une jacket rouge en velours côtelé. C’est une tendance qui revient en force pour FW19, tu vas continuer à en porter ?
Oui carrément et j’aime beaucoup cette veste. C’est une collaboration Gosha Rubchinskiy x Levi‘s. Le velours côtelé, c’est super beau que ce soit sur une veste, une chemise ou un pantalon.

À part les Jordan, Air Force 1 et Converse, que portes-tu aux pieds ?
Franchement elle est dure ta question ! À part Gucci, j’ai beaucoup de paires de Nike ! J’ai quelques paires de New Balance, de Vans aussi. J’avais acheté la paire de Vans x Alyx noire et blanche. Mais dans l’ensemble, je suis vraiment Nike.

La dernière paire Nike qui t’a rendu fou ?
La Air Jordan 1 Nike x Off-White blanche.

Qu’est-ce que tu aimes mettre pour la scène ?
J’aime bien porter des couleurs, des belles choses visuellement. Justement la veste argentée, je l’avais portée en concert, ça a de la gueule.

Quelles sont les marques que tu affectionnes particulièrement ?
J’aime beaucoup A-COLD-WALL, Heron Preston, J.W Anderson, Balenciaga, Gucci. Je suis impatient de voir ce que Virgil Abloh va faire pour Louis Vuitton.

 

Hamza

 

Une pièce que tu ne pourrais jamais porter ?
En fait il y a plein de trucs qui sortent qui sont super oversize. Ça me fait trop chier car je suis petit et il y a des trucs que je trouve très beaux que je ne pourrais pas porter. Les Triple S de Balenciaga par exemple, c’est horrible pour moi ! Il faut être super grand pour porter ça !

À part ton album, quels sont tes projets pour l’année ?
C’est déjà pas mal ! (rires) Je fais beaucoup de festivals. J’ai fait le Printemps de Bourges. Sinon je fais Dour, Inc’Rock en Belgique, Cabaret Vert, les Eurockéennes et plein d’autres. Un programme chargé ! Sinon il y a l’Olympia aussi à la rentrée, l’album sera sorti, ça va être chaud.

Qu’est-ce que tu penses du fait que SCH ait signé dans le même label que toi REC 118 ?
Je suis très content. J’aime beaucoup SCH et on bosse encore pas mal ensemble, on a travaillé en studio à Paname il n’y a pas très longtemps, pour nos deux projets. Il y aura certainement un morceau chez moi et un morceau chez lui !

Concernant SCH, j’ai une dernière question. Il y a deux numéros de ça, on a fait une cover avec Paigey Cakey, la rappeuse qui a accusé SCH de plagiat sur le beat de Ça va. Il s’avère que nos confrères de Noisey ont aussi découvert que c’était le même beat que ton morceau Aah Yeah qui sort à peu près en même temps, voire avant celui de Paigey. Peut-on avoir le fin mot de l’histoire ?
(rires) J’avoue que j’ai essayé de suivre aussi mais c’est compliqué ! Moi je trouve qu’il y a un peu d’exagération dans toute cette histoire.

Ce n’est pas allé bien loin non plus…
Non c’est vrai mais personnellement, je ne trouve pas que mon beat ressemble fortement à celui de Paigey. C’est une prod que j’ai fait il y a très longtemps, certainement six mois avant que Santa Sauce sorte. J’ai justement découvert Paigey Cakey avec l’histoire qu’il y a eu par rapport à SCH mais finalement je crois que c’est cool entre eux ?

Oui, on lui a posé la question et elle nous a répondu que c’est aussi grâce à lui qu’elle s’est faite connaître en France.
Ça va alors. Tout est bien qui finit bien !

 

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Sfera Ebbasta : la Trap en Balenciaga

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SFERA EBBASTA

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Posté par Mélodie Raymond - 15 août 2018

Sfera Ebbasta : la Trap en Balenciaga

Véritable OVNI mode, l’artiste Sfera Ebbasta est venu hisser très haut le drapeau de l’Italie sur la map du hip-hop européen. Considéré comme le précurseur de la Trap ritale et découvert en France grâce à SCH, il s’assure désormais une vie de rockstar où les marques de luxes lui ouvrent les grandes portes.

TEXTE, STYLE, PHOTOS SHOES UP Team     Mua & hairstylist : Santa Mari Juanna

 

SFERA EBBASTA
Sunglasses Louis Vuitton   Puffa Coat Balenciaga   Tee Vlone   Pants Supreme x Louis Vuitton   Socks GCDS   Shoes Alexander McQueen

 

Tu es l’un des premiers rappeurs Italien devenu célèbre en Europe. Comment la musique a commencé pour toi ?
J’ai d’abord commencé par écouter énormément de rap puis à écrire, à rapper un freestyle comme ça pour rigoler de manière très spontanée, j’avais 13 ou 14 ans. Ensuite petit à petit j’ai été amené à enregistrer et j’en suis arrivé là.

La première fois que tu as enregistré c’était dans quel contexte ?
C’est un pote qui m’a emmené dans un studio amateur et j’ai commencé à enregistrer.

Ton vrai prénom est Gionata Boschetti. Pourquoi Sfera Ebbasta ?
Quand j’étais plus jeune je faisais beaucoup de graff, et mon blaze était Sfera. Quand je me suis inscrit sur Facebook j’ai dû mettre un nom de famille mais je n’avais pas envie de l’indiquer, du coup j’ai mis Ebbasta qui signifie Sfera et ça suffit. C’est finalement resté.

Parle-nous de Ciny, l’endroit où tu as grandi.
Disons que Ciny est une petite banlieue de 100 000 habitants environ. C’est une ville assez différente du centre-ville de Milan. Tout le monde traîne ensemble dans les quartiers, il y a des scoots qui tournent dans tous les sens, c’est ce genre d’ambiance auquel nous sommes habitués.

Comment as-tu rencontré le beatmaker Charlie Charles ? Tu bosses beaucoup avec lui et lui-même bosse avec de nombreux rappeurs.
On s’est rencontré quand on était des gamins. J’enregistrais déjà et il m’écoutait. C’est comme ça qu’il a décidé de prendre contact avec moi et on a commencé à bosser ensemble. Après je t’avoue qu’avant même d’être associés, c’est surtout une histoire d’amitié.

 

SFERA EBBASTA
Sunglasses Fendi   Jacket Sandro   Hoodie Tealer

 

Ton album s’appelle Rockstar. En 2013, Kanye West a dit « Le rap est le nouveau rock et nous sommes des rockstars. » Est-ce la signification derrière ce titre ?
Je suis totalement d’accord avec Kanye West parce-que le rap a bel et bien remplacé le rock et les rockstars se sont peu à peu effacées. Au-delà de l’aspect musical c’est surtout une question de lifestyle et c’est pour ça que j’ai appelé l’album Rockstar.

Tu as vraiment le sentiment de vivre une vie de rockstar aujourd’hui ?
Oui et pas qu’un peu… (rires)

Tu es différent pour plusieurs raisons. Tu es considéré comme le roi de la trap en Italie et ton style vestimentaire n’est pas commun. Comment es-tu tombé amoureux de la mode ?
J’ai toujours eu cette fibre de modeux. Déjà petit je m’habillais de manière un peu bizarre et je kiffais. Mais avec le succès j’ai eu accès à des sapes très différentes, mon armoire a un peu changé mais l’amour du style et mon style extravagant reste le même.

Quel était ton premier tatouage ?
C’était au lendemain de mes 18 ans. Je me suis fait tatouer une femme avec une guitare. C’était un hommage à mon père car il était guitariste.

Tu portes de nombreuses marques de luxe italiennes. Gucci, Muschino, Fendi, Prada et évidemment Balenciaga, à qui tu as dédié un titre avec SCH. Penses-tu qu’avoir grandi prêt de Milan t’a donné le goût pour la haute-couture ?
Je ne pense pas que ce soit lié au fait que j’ai grandi près de Milan. La mode, c’est un truc que tu as ou que tu n’as pas. Tout le monde connaît Gucci ou Balenciaga mais c’est plus une question d’y avoir accès, si tu peux ou non te le permettre et si tu détiens cette fibre.

 

SFERA EBBASTA
Sunglasses Fendi   Jacket Sandro   Hoodie Tealer   Jeans Amiri   Socks GCDS   Sneakers Gucci

 

Comment sont les liens entre ces marques de luxe italiennes et les rappeurs en Italie ? En France, les marques ne sont pas toujours ravies d’être portées par les acteurs de la culture street.
Pour ma part, j’ai de très bonnes relations avec les grandes marques italiennes. J’ai l’occasion de bosser avec elles de temps en temps et nous avons des rapports très cordiaux. J’ai même accès à certaines paires plutôt rares, à des exclus, des remises…etc. Je peux te citer des marques comme Gucci, Moschino, Ferragamo etc.

Tu es le premier rappeur italien qui a créé une sneaker pour Nike. Comment cela s’est-il déroulé ?
Au départ, Nike m’envoyait des paires mais moi j’ai toujours eu l’envie d’aller plus loin. Au bout d’un an, j’ai demandé à être un peu plus impliqué et puis on a fait cette paire qui était une exclue italienne. Le focus de Nike était sur la Air Force à cette époque-là et pour ma part, j’ai toujours pensé que la Air Force était parfaite toute blanche. Comme il m’arrive assez souvent de sortir avec une paire de baskets dépareillée, j’ai voulu jouer sur ça avec les lacets. Parallèlement j’avais déjà en tête la direction artistique de la couverture de l’album Rockstar. La couleur jaune, la couleur rose. J’ai donc essayé de jouer sur ces couleurs-là pour apporter ma touche personnelle à la paire.

Aimerais-tu créer une collection entière ?
C’est sûr que ça arrivera, je ne sais pas si ce sera avec Nike ou pas mais en tout cas c’est sûr et on attend le bon moment.

Si tu devais créer ta marque, sais-tu vers quelle direction aimerais-tu aller ?
Je chercherais à créer un univers qui ne soit pas forcément lié à moi mais qui toucherait un plus grand public. J’aimerais même que les haters achètent ma marque sans savoir que ça vient de moi.

 

SFERA EBBASTA
Sunglasses Amor.dust24   Hoodie Tealer

 

As-tu de nombreux haters ?
Quand tu es numéro 1, tu as forcément beaucoup de haters ! (rires)

Dans Figli di Papa, tu dis « A 12 (dodici) anni avevo soltanto due scarpe ». (« À 12 ans, j’avais seulement deux paires de chaussures. » )Tu rêvais de quelles sneakers à cette époque ?
Je rêvais des requins, les TN ! On les appelle aussi les requins en Italie !

Tu as bossé avec SCH et tu écoutes paraît-il pas mal de rap français. Le dernier son que tu as écouté en boucle ?
Mwaka Moon de Kalash et Damso

Un artiste français avec qui tu aimerais fortement collaborer ?
Booba

Quels sont tes projets pour l’année ?
Faire 10Millions d’euros ! (rires) Musicalement parlant, en 2018, on a déjà démontré ce qu’on devait démontrer. Je vais tourner toute l’année et le tour européen sera annoncé à la fin de l’été.

 

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Sunglasses Amor.dust24   Polo Shirt Nikben   Watch Rolex   Jewellery Stylist’s own

 

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