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Gracy Hopkins, libre à tout prix

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Gracy Hopkins SHOES UP 061

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Gracy Hopkins, libre à tout prix

Posté par Erwan Helleux - 27 May 2019

À travers une proposition artistique qui titube entre fiction et réalité, le parisien Gracy Hopkins déconstruit ses peurs et réalise une introspection aussi narrative qu’intense. À l’image du personnage principal de SPLIT, le chanteur a donné vie aux différentes versions de lui-même pour mieux s’accepter. Pour ce faire, si l’anglais s’est imposé comme une évidence, Gracy n’oublie pas de puiser au sein de son riche métissage culturel.

Gracy Hopkins SHOES UP 061

« Je me suis longuement cherché avant de me trouver humainement et artistiquement. Cette acceptation de soi est passée par l’arrivée de Gracy Hopkins. » confie le rappeur francilien. Une exploration intérieure qui transperce de part et d’autre les puissants Atychiphobia: The Higher High et For Everyone Around Rage [S01] mais également le court-métrage FEAR : Day 0. Première réalisation qui suit l’évolution tourmentée de Grizzly, personnalité majeure de Hopkins, qui lutte au cœur d’un monde oppressant, impitoyable. « Dans le court-métrage de FEAR, ce n’est pas de l’interprétation mais du vécu. À travers Grizzly, j’accentue certains de mes traits de caractère. » précise l’artiste, qui ne se voit pas encore acteur et n’imagine pas encore une échappée cinématographique. Pour autant, rien n’est laissé au hasard. « Je suis impliqué sur tout le processus créatif. Je supervise tout ce qui se fait et cela peut devenir un problème (rires). » explique-t-il quand sont évoquées ces avancées extra-musicales.

« L’ultra-large a toujours fait partie de ma vie »

Gracy Hopkins SHOES UP 061
Jacket: Stone Island
Pants: CP Company
Socks: Stance
Sneakers: Hummel EDMONTON 92
Bag: ANDREA CREWS
Sunglasses: HAPTER (disponible chez Bastille Optic)

« J’ai du mal à déléguer parce que j’ai besoin de travailler avec des per- sonnes qui partagent la même vision que moi. » poursuit Gracy Hopkins avant de revenir sur le rôle de Grizzly « Derrière lui, plein d’autres personnages se cachent et toutes ces intrigues vont se mettre en place (…) De même que mon évolution personnelle, seul le temps nous dira quelle direction Grizzly va prendre. » Une aspiration créative toujours plus exigeante et visuelle, comme le révèle le principal intéressé : « Dans le mini- film, si vous faîtes bien attention, je porte les mêmes couleurs que la voiture dans laquelle je suis. » Une réflexion qui théâtralise la musique scénarisée de Gracy et poétise émotions, sentiments, phobies, et qui rappelle l’esthétique du contemplatif Man. Co-réalisé par Lokmane et Lossapardo et sorti en octobre 2016, le clip présente un univers homogène, symétrique, où couleurs et perspectives se répondent, et s’avère être une référence pour le parisien.

« L’ultra-large a toujours fait partie de ma vie »

Gracy Hopkins SHOES UP 061
Jacket: CP Company
Sweat: Puma x SANKUANZ
Pants: Stone Island
Socks: Stance
Sneakers: Caterpillar INTRUDER SHOE
Bag: EASTPAK x RAF SIMONS
Sunglasses: MYKITA x DAMIR ROMA (disponible chez Bastille Optic)
Hat: LE FLOW Paris

Si la saison 2 de la série FEAR s’écrit à l’abri des regards, Gracy insiste sur l’authenticité et la sobriété de son imagerie, bien qu’il laisse la place à quelques extravagances. Alors qu’il avoue « vouloir collaborer avec Uniqlo » , l’artiste raconte être fasciné par les maisons de haute-couture Louis Vuitton et Chanel depuis enfant, sans oublier l’inévitable Nike. La mouvance oversize de New- York, symbolisée notamment par le Wu-Tang Clan et surtout l’insaisissable Ol’Dirty Bastard, est ensuite citée comme un incontournable : « L’ultra-large a toujours fait partie de ma vie » affirme Hopkins. Une autre obsession qu’il illustre en se référant à la veste Carhartt démesurée qu’arbore A$AP Ferg dans son clip Let It Go : quatre minutes qui tombent dans l’absurde lorsque les manches fantasques du Trap Lord se transforment en canons. Plus la conversation s’étend et plus la liste d’exemples s’allonge. Tandis que la créativité de Pharrell Williams et Kanye West est louée avec insistance, l’auteur de l’agressif Nyctophobia : Quiproquo souligne l’audace visionnaire de Michael Jackson, Prince, Rick James ou MC Hammer « Si j’avais les ressources nécessaires, j’adorerais porter les outfits de MJ ou Prince et rapper sur scène. » Une ambition scénique qui contraste avec l’imaginaire épuré de la griffe française True Vision, « La marque me plaît parce que les designs sont simples mais efficaces » observe Gracy.

Gracy Hopkins SHOES UP 061

Autant d’influences qui cohabitent à l’instar d’une musique plurielle. « Aujourd’hui quand je fais ma musique, je fais ce que j’aime. J’en ai strictement rien à faire du reste (…) J’ai la rage de réussir au sein d’un sytème qui ne me plaît pas, de dépasser mes propres limites. » déclare le chanteur. Symbole d’une liberté artistique presque absolue tant pour ses prouesses que ses récents faux-pas, le même Kanye West est alors invoqué pour appuyer ce propos. Une indépendance que Hopkins n’a pas immédiatement embrassée « Par le passé je savais ce que je ne voulais pas, désormais je sais ce que je veux aussi. Je sais exactement où je veux aller. » annonce-t-il, puis clame « Peu m’importe si je choque ou non. Oui je suis français et je chante en anglais, mais c’est la personne que je suis. Si tu aimes ce que je fais, tu peux me suivre, si tu n’aimes pas, ne me suis pas. J’ai accepté cette situation. » Après une année charnière, la suite de la série sonore devrait être repoussée au profit d’une approche plus personnelle en 2019.

« Une peur est faite pour être surmontée. »

« 2018 a été synonyme de remaniement artistique et personnel pour moi. Des portes se sont ouvertes par rapport à qui j’étais, où je voulais aller et les étapes se sont enchaînées plus aisément (…) J’ai également connu en parallèle une période difficile lors de laquelle j’ai sérieusement pensé à me détacher de la musique parce qu’elle me prenait trop de temps. Et j’ai compris que ce n’est pas la musique qui me construit mais bien moi qui fais de la musique. » relate le rappeur. Même s’il déplore « J’ai beaucoup d’échanges culturels et intellectuels avec de nombreuses personnalités du milieu de la musique, mais j’ai le sentiment d’être enfermé dans une case parce que je propose quelque chose de différent. Notamment cette barrière de la langue. »

Gracy Hopkins SHOES UP 061
Sweat: Kaporal
Pants: Uniqlo
Socks: Stance
Sneakers: Puma x SANKUANZ Cell Endura
Hat: Under Armour
Sunglasses: MYKITA STUDIO (disponible chez Bastile Optic)

Gracy Hopkins continuera d’écrire sa propre histoire, prêt à en payer le prix. « Même si mon éducation est basée sur la foi, qui est pour moi l’opposé de la peur, j’ai vécu différentes peurs dans ma vie. Par exemple la peur de l’échec, et elle m’a poussé à ne pas échouer. Une peur est faite pour être surmontée. » Un véritable électron libre.

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Alexander Wang met la danse à l’honneur avec adidas

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adidas x Alexander Wang season 5 drop 2

Posté par Erwan Helleux - 27 May 2019

Alexander Wang met la danse à l’honneur avec adidas

Alexander Wang et adidas présentent la deuxième partie de leur cinquième collaboration, cette fois-ci dédiée à la danse et à la culture clubbing.

adidas x Alexander Wang season 5 drop 2

Une fois de plus, Alexander Wang et adidas s’unissent pour une collaboration sportwear. Mais cette cinquième itération prend un nouveau tournant. En effet, le designer américain a choisi de mettre en avant la danse. Pour cela, Alexander Wang puise dans l’esthétique gym des années 80 et propose une collection aussi bien pensée pour la pratique du sport que pour une nuit mouvementée en club.

adidas x Alexander Wang season 5 drop 2

Cette ligne comprend un ensemble assez varié de créations : 6 pièces d’apparel, 6 accessoires et 3 silhouettes footwear. L’ensemble de la collection s’illustre dans un noir profond et élégant qui s’accorde avec des touches d’argent, de bleu, mais aussi de blanc. Cette collaboration inaugure un nouveau logo où se mêle le nom de la marque allemande et du créateur américain. Un nouveau branding qui s’affiche sur un hoodie oversize, fabriqué dans un épais coton normalement réservé aux serviettes de sport, et une écharpe.

adidas x Alexander Wang season 5 drop 2

Ainsi, cette nouvelle collaboration fait la part belle aux matières nylons et à la légèreté. Comme sur un crewneck à col rond et un short où fleurissent les trèfles adidas. Un choix aussi rétro que technique. Un entre-deux qui s’affirme d’avantage lorsque l’on découvre l’intrigant legging-chaussettess qui match parfaitement avec une paire de claquettes Adilette Lycra, pour un look très cozy.

adidas x Alexander Wang season 5 drop 2

Côté sneakers justement, Alexander Wang dévoile une Futureshell dont l’empeigne est faite d’une seule pièce, dans deux coloris, au choix : un argenté clinquant ou un noir glossy à souhait. Finalement, une série d’accessoires comprenant des caps, des bags et des chaussettes termine une collection riche en éléments. La cinquième partie de cette collaboration entre adidas et Alexander Wang est d’ores et déjà disponible sur le site d’adidas et d’Alexander Wang ainsi que chez une sélection de revendeurs.

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Léo Walk : quelques marches de plus.

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Léo Walk : quelques marches de plus.

Posté par Floriane Raux - 25 May 2019

Danseur confirmé, chorégraphe certifié, designer apprécié et réalisateur en herbe, Léo Handtschoewercker ne cesse de gravir les échelons de la créativité. Le jeune homme de 24 ans au look urbain dandy s’impose comme un ambitieux représentant pluridisciplinaire. Rencontre.

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Shirt: Sandro
Pants: Acne Studios
Sneakers: Salomon S/Lab XT-6 Softground ADV
Jewelry: Tant d’Avenir
Watch: Swatch BIG BOLD
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Dis m’en plus sur ton enfance. Quand commences-tu la danse ?
J’ai grandi à Champigny-sur-Marne dans le 94. J’ai toujours beaucoup dansé. Dès mes 1 an, j’étais hyperactif. Mes parents ont essayé de m’inscrire à des cours comme le classique ou le contemporain. Je me faisais virer tout le temps car il y avait trop de règles, trop de contraintes. À 7 ans, j’ai rencontré Didier Boko qui m’a appris le break, m’a pris sous son aile et qui m’a fait faire des battles jusqu’à mes 15ans. 

Tu t’es essayé à différents genres avant de faire du breakdance ta spécialité dès l’âge de 8 ans. Pourquoi ce mouvement t’a t-il touché plus qu’un autre ?
Il y a, selon moi, très peu d’arts qui lient autant le sport et la liberté. En break, on t’apprend une base et on te dit de la développer comme tu le souhaites. Il n’y a pas de règles. Il y a juste des figures comme le Debout qu’on appelle aussi le Top Rock, le Passe-passe au sol mais il y a une vraie liberté. 

Une de tes premières expériences professionnelles était pour Thierry Mugler. Peux-tu me raconter ?
TF1 lançait une émission qui s’appelait The Dancers, qu’ils n’ont finalement pas diffusé car ils ont voulu en faire une télé-réalité alors qu’ils ne nous avaient pas vendu le truc ainsi. C’était un peu comme la Nouvelle Star. J’ai gagné toutes les étapes qui m’ont donné accès au casting de Thierry Mugler. 

En quoi consistait le projet Mugler ?
Un solo de six minutes, puis un duo avec une danseuse. J’étais une sorte d’étrange reptile qui descendait du ciel. J’avais un costume que Mugler avait créé parfaitement adapté à la danse. Je jouais tous les soirs.

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Jacket: Aries (disponible chez matchesfashion.com)
Tee-shirt: Walk in Paris
Pants: Aries (disponible chez matchesfashion.com)
Shoes: Dr Martens MICA ARCHIVE
Jewelry: Tant d’Avenir
Watch: Swatch BIG BOLD
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Tu as par la suite tourné 3 ans avec Christine and the Queens. Comment cela s’est-il déroulé ?
Toujours par rapport à cette émission, la chorégraphe Camille Motin, mon amie, m’a encouragé à passer une audition « pour une petite artiste peu connue mais vraiment cool ». J’étais enfermé à New York pour l’émission donc on a galéré à ce qu’ils me laissent passer l’audition. J’avais 19 ans et Christine m’a pris. On faisait des mini-scènes en Bretagne puis on a sorti le clip Christine : ça a explosé. On s’est mis à rider partout dans le monde. C’était un truc de fou.

Tu portes de plus en plus une casquette de chorégraphe. Est-ce un aspect que tu apprécies particulièrement ?
J’ai commencé très jeune, je suis passé par beaucoup de phases et j’arrive à un stade où, quand j’entends des musiques, j’ai envie de projeter ça sur d’autres. J’écris de plus en plus ce que je vois. J’avais envie de mettre ça en scène.

Quelle était ta première expérience en tant que chorégraphe ?
Le clip de Thylacine, Chaman. Ensuite, j’ai monté La marche bleue à l’époque avec Aloïse Sauvage au casting ou encore Fanny Sage. C’était une sacrée équipe, tout le monde a explosé. Ensuite, j’ai fait le clip d’Angèle Jalousie et plus récemment, un clip de Sebastian qui sortira cet été, c’était une grosse expérience. Il y avait environ 60 non danseurs à chorégraphier, c’était intéressant. Sinon actuellement, je bosse sur ma pièce.

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Peut-on en savoir plus sur cette pièce ?
On sera en résidence à Aix-en-Provence puis au Bataclan. La pièce s’appelle Première Ride. Ce qui est intéressant, c’est d’aborder plein de styles de danses de manière très organique. Première Ride, c’est l’histoire de huit jeunes qui partent en caisse et qui vivent les premiers instants où l’éveil est décuplé, où on vit tout à fond. J’ai 24ans, je suis hyper jeune et je suis déjà blasé de certaines choses, j’avais envie de retrouver ça en moi.

Tu endosses aussi un rôle de réalisateur de plus en plus poussé avec Neels Castillon, notamment sur le clip Jalousie d’Angèle.
Jalousie comme Tout Oublier, j’avais des idées bien précises en tête. Quand j’entends un morceau, j’ai souvent une vision très claire de l’esthétique globale et pour mes premières réalisations, je n’avais pas envie de foncer seul. Je ne savais pas où je mettais les pieds. J’ai finalement vu que c’était totalement réalisable.

Pourrais-tu le faire pour d’autres artistes ?
À tout moment je pourrais faire un clip pour  Koba LAD comme pour un puriste de la chanson française mais je n’ai pas envie de devenir réalisateur à l’heure actuelle, je le serais avec le cœur. Si l’artiste, l’humain et le track me plaisent alors je fonce.

Comment décides-tu de monter Walk in Paris avec Gary ?
Walk est mon blaze de danseur. J’avais déjà fait un logo Walk in Paris éclaté et je voulais fonder une marque. J’ai rencontré Gary sur les bords de Marne. On avait la même casquette, le même skate et la même veste : le feeling passait. Il m’a confié vouloir créer une marque avec un graphiste et je lui ai dit la même chose. On a acheté un stock de tee-shirts, on s’est enfermés une semaine tous les trois en fumant des joints, des idées plein la tête puis on a vendu nos tees à la main. On a réinvesti et on s’y est mis.

Avez-vous envisagé de collaborer avec d’autres marques ?
Oui et il y a une grosse collaboration prévue pour 2020.

Quelle est la philosophie de la marque aujourd’hui ?
On essaye de ne pas être élitiste là où les gens le sont de plus en plus. Si la veste plait, ça ne doit pas être juste parce qu’elle est portée par un mec pointu qui fait la gueule toute la journée. On a envie que notre marque soit portée par des gens cools qui font les choses par amour et qui ont de belles valeurs.

Dans le lookbook SS19, vous présentez vos tracksuits et toute votre collection avec des mocassins : un mélange entre l’urbain et le dandy. Est-ce l’intention ?
Complètement, je trouve ça super beau. J’adore les habits « de vieux » sur les jeunes. J’aime ce contraste entre le streetwear et le très chic.

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Shirt: Sandro
Pants: Acne Studios
Shoes: Dr Martens 1461 SMOOTH
Bucket Hat: Kangol (disponible sur Zalando.fr)
Jewelry: Tant d’Avenir
Watch: Swatch BIG BOLD 
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Tu as fait partie du programme House of Classics adidas. Peux-tu m’expliquer en quoi ça consiste ?
Le concept, c’est d’user des chaussures blanches. Quand tu regardes les chaussures de quelqu’un, tu sais si c’est un rider. J’aime fumer une paire et la laisser vivre. On a été appelé avec les danseurs de La marche bleue. Avec tous nos styles de danse, on l’use tous d’une manière différente. Pour ma part, j’utilise beaucoup les pointes par exemple.

Quelles sont les chaussures dans lesquelles tu danses le mieux en général ?
La Dr. Martens a changé mes appuis et ma manière de danser, c’est un peu elle qui m’a amené vers le contemporain. Dans une sneaker, je suis très bien, je suis peut-être même meilleur en technique mais dans mes intentions et dans la manière dont je vis la danse, dans mes Docs, je suis mieux. J’ai gardé la paire morte que je portais lors des auditions Mugler et Christine. Elle avait un mojo, quelque chose de magique. (rires)

Un dernier projet que nous n’avons pas évoqué ?
Le premier festival Walk In Paris qu’on organise le 14 et 15 septembre au Bataclan. Il y aura des concerts le samedi et le dimanche, il y a aura un battle qui s’appelle « La roue de la Walkance ». C’est un gros tournant pour nous !